Ibid., p. 2G
3. Victor Vil., De persecul. vanda'.., iv, 5. p. 240 ; — L'Occident à l'époque byzantine, Grdlis el Vandales, pp. 205-207.
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gorics de personnes qu'énumère l'édit d'Hunéric contre les catholiques sont les mêmes qui existaient avant la venue des Vandales et qu'on retrouvait dans tous les pays romains ^ Les professeurs publics rouvrirent leurs écoles ^ Ils continuèrent évidemment à être payés par les villes et désignés par les curiales dont les choix durent sans doute être soumis à l'approbation de l'autorité du roi ; il avait trop intérêt à surveiller l'instruction publique dans un pa^'S récemment conquis pour qu'il pût abandonner im droit que s'étaient réservé les empereurs^. Les médecins publics, également rétribués par les villes et nommés par les curiales et les propriétaires*, continuèrent leur service dans les ditïerentes cités ^
L'histoire de la persécution d'Hunéric nous en fournit un exemple qui fait voir de plus que l'exercice de la médecine procurait honneur et richesse. Un médecin qui jouissait d'une grande considération, LilDcratus, fut arrêté et retenu en prison avec sa femme et ses enfants. Le roi avait ordonné de les envoyer en exil, mais des ariens, c'est-à-dire apparemment des prêtres de cette secte, imaginèrent de les amener par ruse à une apostasie dont ils espéraient tirer avantage pour ébranler la constance des catholiques. Le mari et la femme avaient été incarcérés séparément ; on vint dire à la femme : « Cessez de vous montrer opiniâtre. Votre mari a obéi aux ordres du roi ; il est maintenant chrétien comme nous.. » Elle se contenta de répondre : « Qu'on me le fesse voir et je ferai, moi aussi, ce que Dieu voudra ». Elle fut donc extraite de la prison et menée devant le tribunal où elle aperçut son mari au milieu de la foule. A cette vue, se figurant que ce
1. yiciorYiL, De persecut. vaiidal.,iY,2 {P. L., t. LVIII, pp. 237, B, 238, A).
2. Vita sancti Fulgentii, cap. i, b (P. L., t. LXV, p. 119, C).
3. Gaston Boissier, La fin du paganisme, t. I, pp. 166 et suiv. et p. 171.
4. Salomon Reinach, Medicus (Dictionn. des antiq. gr. et roin., t. III, 2« part., p. 1692).
o. Mardis, Hist. des Vandales, p. 187.
qu'on a\ait inventé ('■tait vrai, elle se jeta sur lui, serra à pleines mains le bord de ses vêtements autour de sa gorge, et se mit à l'étr'anglcr devant, tout le monde, criant : « Misérable répi'ouvé, indigne de la grâce et de la miséricorde de Dieu, pour(juoi as-tu voulu, poui' un peu d'honneur, de si courte dui'ée, te perdre étei'nellement ? Que te serviront l'or et l'argent ? Te délivreront-ils du feu de l'enfer? » Elle ajouta bien d'autres reproches, auxquels le mari répondit tranquillement : « Que te prend-il, ma femme ? Qu'est-ce que tu te figures, ou que t'a-t-on raconté de moi ? Je demeui-e catholique, au nom du Christ, et pas un instant je n'abandonnerai la foi que je professe. » Le mensonge des hérétiques se découvrit alors pui)liquement, sans qu'il leur fût possible de colorer d'une façon quelconque leur fourberie '.
Les Vandales étaient trop inférieurs en civilisation à la population ([ue le sort des armes leur avait soumise, et trop peu n(»mt)reu\ pour imposer des mœui's nouvelles ou modifier d'une façon sensible l'état de choses antérieur à leur domination ^ Lorsqu'ils envahirent l'Afrique, ils ne comptaient certainement pas, on l'a vu, cinquante mille hommes d'armes, et longtemps après ils étaient à peine quati'e-vingt mille ^ . Leur petit nombre fut la raison des dispositions adoptées par Genséric, sans doute après le traité de 442 \ pour leur établissement dans sa nouvelle conquête et pour la soumission de l'Afrique. Ol^ligé d'être à tout moment en mesure de rassembler son armée afin de l'epousser les entreprises de TEm-
1. Victor Vit., De persecut. vaiu/al., v, 14 (P. L., t. LVllI, pp. 2ol-25:2).
2. Il en fut de même pour les Visigoths dans les Gaules. Du fait qu'il ne resta point de familles visigothes dans les villes cédées à Clovis, « on peut conclure, dit l'auteur d'une récente étude juridique, que l'intluence de ces barbares sur la constitution des peuples au moyen âge et dans l'Europe moderne n'a pas l'importance qu'on semble lui attribuer. « (Emile Stocquart, L'ÈvoluLlon juridique du mariage, t. H, Espagne, p. 169.)