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Gciston Boissier, L'Afrique romaine, p. 3o

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seiii's, l'oirc iiiiines. et étaient sans cesse attirés par tout (c qui ])cul ivjouir lOreille ou les yeux. Beauc(Hij) d "entre eux habitaient au milieu de vergers bien arrosés et bien |)lanlés. Ils se donnaient souvent des banquets, et l'amour ét.iit leuigrande affaire \ »

Sans doute, ce luxe, ces divertissements contiiuiels ne pouvaient être le fait que des principaux et des j)lus riches d'entre les barbares, mais ce qui était a rai des chefs l'était aussi, en pi'opoi-tion, des simples guerriers. Cantonnés dans les domaines qui leur avaient (Hé concédés et que culti^ aient pour eux leurs colons, ils y vi^■aient oisifs, entourés des nombreux esclaves que leurs courses leur avaient procurés. Victor de Vite, décrivant l'hoi'i'ible famine cpii après une longue sécheresse désola l'Afrique dans les dei*niei's temps du règne d'Hunéric, ajoute en effet : a Les ^'andales, enrichis des dépouilles de toute la contrée, trouvèrent alors que le grand nombre de leurs esclaves était une \éritable misèr-e. Chacun les laissa aller où ils voulurent, ou plutôt où ils purent. Ils périrent bientôt, ou ne re\inrent jamais'". »

Point n'est besoin, pour expliquer la prompte décadence mihtaire des Vandales, de ces dissertations sur les vices et les "sertus où se complaisait la rhétorique de ce temps. Elle fut l'effet nécessaire des conditions dans lesquelles ils hu-ent placés. Disséminés dans les campagnes, et ne se trouvant plus réunis en corps de troupes qu'à de longs intervalles, pour de simples exercices, depuis l'établissement d'une paix dé{initi^X', n'étant plus d'une fa(,'On continue dans la main de leurs chefs, qui eux-mêmes n'étaient plus en contact permanent avec leurs hommes et se désaccoutumaient du commandement, ces bai'bares ne pouvaient que |)ei'dre en peu de temps la cohésion, l'esprit militaire et le sens de la discipline.

1. I'rocoj)e, De hello vandal., ii, 6 [C. S, //. B., pp. 434 433).

-2. Victor Vit . De persecnl. vandal., v, 17 {/'. L., t. LVIII, p. 2.')4).

ORGA.MSATIO.N DK LA CONQUÊTE 3:25

Comme ils Jirtaiciit point forcés de culti\er de leurs propres bi'as les champs qui les nourrissaient, leur oisiveté les portait aux dérèglements, leur enlevait l'habitude et le g'oùt de l'action. Le système des colonies militaires, imité par Genséric poui' li-tahlissement de ses guerriers en Afrique, produisit donc parmi eux les mêmes effets qu'il avait produits par-mi les troupes chargées de défendre les confins du monde romain. Les Vandales périrent ainsi victimes, à leur tour, d'une oi'ganisation dont l'esprit était plus administratif (|ue militaire, et qui avait jadis conti-il^ué à rendre possibles leurs pr'emières invasions sur le teri'itoii'e de l'Empire.

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