CHAPITRE V
Caractère de la doniinatiôii des Vandales. — La Proconsulaire. — Les autres provinces. — Destruction des fortifications. — La population des villes et des campagnes. — L'aristocratie. — L"Église catholique. — Évéques et prêtres victimes de l'invasion. — Commencement de persécution. — Les évêques l'osidius, Kovatus et îSeverianus. — Martyre d'.^rcadius, Paschasius, Probus et Kutycianus. — Lettre d'IIonoratus Antoninus. — Motifs de la persécution contre l'Eglise. — Expulsion de l'évèque Quodvultdeus et du clergé de Cartilage. — Confiscation des églises. — La basilique Reslituta livrée aux ariens. — Persécution dans la Proconsulaire. — Ralentissement des persécutions. — Deogratias évêque do Carthage. — Reprise des ])ersécutions. — Défense d'ordonner des évêques. — Mission de Proculus, — iS]ioliation des églises.
— Valerianus. — Violences contre les catholiques de Regia. — Les monastères. — But de la politique de Genséric en matière de religion. — Histoire d'.Armogaste. — Histoire de Saturus. — Histoire d'Archinimus. — Histoire de Martinianus. Saturianus et leurs frères et de Maxima. — Caractère de la persécution sous Genséric. — Retour des exilés. — Saint Eugène. — Rigueurs de Genséric contre l'aristocratie.
— Les nobles de la l'ro'onsulaire. — Gordien. — Celestiacus. — Histoire de Maria, fille d'Eudémon. — Histoire de Julia. — Sainte Dominique, recluse. — Retour des exilés. — Saint Fulgence. — Conspiration contre Genséric. — Cruelle répression. — La veuve de Gundéric et ses fils. — Administration de la Corse, de la Sardaigne et des Baléares.
— Garnison de Maures en Sardaigne. — Politique de Genséric dans ses diverses possessions. — Maximinus. — Antoine, évêque arien de Tamalleni. — Histoire d'Habetdeum. — Attributions des évêques ariens dans les questions religieuses. — Concile de Rome en 487. — Lettre de Félix 111. — État économique de l'Afrique pendant le règne de Genséric. — Commerce maritime. — Relations commerciales avec l'Orient. — Rétablissement de l'ordre public. — Richesses importées par les Vandales. — Système politique de Genséric. — Conclusion.
Le régime de la conquête fut et ne cessa point d'être en Afrique une occupation militaire. Assurer la soumission des peuples réduits en sa puissance fut l'unique Ijut de la politique
iLtérieure de Genséric. Ses effectifs restreints et les nécessités d'une mobilisation rapide, ne lui permettant pas d'occuper réell'^ment la totalité du territoire africain, semblaient de^'oir l'exposer à des soulèvements dans les provinces laissées sans garnisons ; ce danger en fut au contraire diminué. Il en résulta ■en effet que le fardeau de la conquête pesa tout entier sur la Proconsulaire, où le grand nombre des Vandales rendait une révolte impossible, tandis que les autres pro\"inces, api'ès les premières fm^eurs de l'invasion, n'eurent à supporter ni les spoliations, ni la présence irritante des ^■ainqueurs. Livrées à elle-mèmes, elles se trou\'èrent dans les mêmes conditions qu'au temps de l'Empire. Leur sort ne fut donc pas sensiblement aggravé, et la crainte d'un retour des l^arbares, dont elles avaient éprouvé la cruauté, suffisait à les maintenii' dans l'obéissance. La répression eût été d'ailleurs prompte et iné^"itable. Rien ne pouvait arrêter une armée envo}ée de Carthage, car Genséric avait fait raser jusqu'au sol les murailles de toutes les villes, pour qu'aucune ne pût servir de refuge à une insurrection, ou de base d'opérations à un corps de troupes romaines, en cas de débarquement'. Seules, les fortifications de Carthage et de quelques places furent conservées"-, mais elles ne furent point réparées, et, par incurie, on les laissa tomber peu à peu en ruines^.
Le danger d'une insurrection ne pou\"ail a enir ni de la population des campagnes , attachée à la glèbe par le système du colonat ^ et réduite à un état de véritable esclavage'^, ni du peuple des \illes, parqué dans les corporations