Théodoret, Ep. xxxv, (P. G., t. LXXXIII, p
8. Théodoret, E/j. xxxiv et xkxvi (P.(;., t. LXXXIII, pp. 1212, 1213).
GOUVKRNEMENT DE GENSERIG 361
pas avoir jamais besoin de l'assistance d'auti-ui*. En un instant son opulence s'évanouit comme un songe ". Tout lui fut enlevé, il ne lui resta d'autre bien cpie la liberté. Echappé des mains des barl)ares, errant sans ressources de ville en ville, il se vit obligé, suivant la belle expression de Théodoret, pour sustenter sa vie, de chei'cher du regard les mains de ceux à (|ui l'amour de Dieu inspire la charité*. 11 avait avec lui sa femme, ses enfants et des serviteurs qu'il gardait, non pour son usage, mais par humanité, ne pouvant congédier ceux dont la tidélité ne l'avait point abandonné '". La nécessité de pourvoir à l'existence de ses compagnons d'infortune augmentait sa misèi'e, sans jamais décourager sa fermeté d'àrne et sa pieuse résignation^; il supportait la pauvreté comme bien peu savent supporter la richesse ^ Louant la Providence et se confiant à elle, il tenait pour peu de chose la terrible tourmente dont il était victime, et il considérait comme lopins précieux des biens la piété qu'il devait à tant de calamités ; car, au temps de sa prospérité, il ne pai'lait pas ainsi et ne possédait pas les trésors de l'âme qui lui donnaient désormais la force de mépriser l'adversité \
C'est en ces termes cpie Théodoret, (ju'il (Hait venu trouver avec des lettres de recommandation et dont il fut l'hùte pendant bien des jours **, fait l'éloge de ses mérites, en le recommandant à son tour à la pitié d'un personnage nommé Apellion ^ , (hi sophiste Acrius '", des évèques Donmus d'Antioche, Théoctiste de Béi'ée, Irénée de Tyr-, Pompéien d'Emèse'\ aux comtes Stasimus et Patricius^-. La (hversité de ces personnages et de leurs résidences fait voir la vie errante de cet
1. Théodoret, Ep. xxx, p. 1208. — 2. Ep. xxxiii, p. 1212. — 3. Ep. xxxi, p. 1209. — i. Ep. xxxvi, XXIX, xxxi. pp. 1208, 1209, 1213. — 5. Ep. xxxv, p. 1213. — 6. Ep. XXXIV, p. 1212. — 7. Ep. xxxi, xxxii, p. 1209. — 8. Ep. xxxv, p. 1213. — 9. Ep. XXIX, p. 1208. — 10. Ep. xxx, p. 1208. - IL Ep. XXXI, XXXII, xxxv, XXXVI, pp. 1209, 1212. 1213; — l'iit^i, unn. liO, v. — 12. Ep. xxxiii, xxxiv, p. 1212.
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infortuné en quête d'une assistance capable de lui restituer une patrie, suivant l'expression de Théodoret, qui exhortait ceux qui avaient abondance de richesses à consoler et à soulag-er l'indigence d'un homme naguère de leur classe ^ La lettre adressée à Domnus d'Antioche fait voir de plus que Gelestiacus poursuivit pendant plusieurs années ses pénibles voyages, sans trouver un refuge où il pût se fixer. On sait en efï'et que Joannès, le prédécesseur de Domnus, fut élevé au siège d'Antioche en 429, et qu'il gou\ erna son église pendant treize ans ". 11 ne mourut donc et Domnus ne put lui succéder ([uen 442, ou au plus tôt à la fin de 441, s'il n'avait pas complètement achevé la treizième année de son épiscopat ; de sor-te que ce ne fut certainement pas avant la fin de 442 que Théodoret adressa au nouvel évèque d'Antioche sa lettre de recommandation. Trois ans s'étaient écoulés depuis la prise de Carthage, et depuis trois ans Gelestiacus vivait en exil. Ses malheurs furent ceux de bien d'autres fugitifs dont l'unique ressource était la charité de ceux qui compatissaient à leur misère^.
Ils ne furent pas les plus malheureux. Il y eut un nombre considérable de sénateurs et de personnes des premières familles de Carthage qui, tombés aux mains des vainqueurs, iurent traités en captifs '*, et même vendus comme esclaves. Tel fut le sort d'une jeune fille dont une lettre de Théodoret nous fait connaître la triste destinée. Elle s'appelait Maria et son père, Eudémon, était un personnage de la plus haute qualité. Au temps des désastres qui accablèrent l'Afrique, c'est-à-dire sans doute lors de la prise de Carthage, elle perdit la liberté. Des marchands l'achetèrent aux barbares qui