‹ GenséricChapitre 260 sur 266 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

6. Felicis Papœ lll ep. ix, 5 (Ilardotiin, Concilior. collect. rnaxima, t. Il, p. 834).

7. Félicis papœ III ep. ix, 1-b (llardouin, Concilior. colleclio ma.rima, t. II, pp. 832-834).

8. Concilium romaniim trigiiUa octo episcoporum de lapsis africaïKo ecclesise recipiendis {Uardou'm, Concilior. coUectio rnaxima, t. II, pp. 877-878).

376 GENSERIG

La mission attribuée aux évoques ariens dans les poursuites contre les catholiques était une conséquence imprévue de la législation romaine à cette époque. Les empereurs avaient donné aux évoques de l'Église à laquelle ils appartenaient compétence pour connaître des affaires relatives à la religion \ et les avaient investis en certains cas d'un droit de surveillance sur les magistrats ^ Genséric et son successeur ne firent qu'adapter ces lois à un changement de régime, en reconnaissant aux évoques de la secte dont ils professaient les doctrines les mêmes droits dans leur royaume. Pour eux, comme pour les empereurs, leur religion était celle de l'État ; de sorte que, sous leur domination, les ariens étaient appelés à jouir en Afrique des privilèges réservés dans l'Empire aux catholiques, et ceux-ci y étaient traités en hérétiques. Les l'igueurs exercées contre eux, défense d'ordonner des prêtres et des évêques, fermeture des églises, destruction des livres sacrés, amendes, confiscations, déportation, exil, pénalités de tout genre, furent les mêmes que les constitutions impériales avaient édictées contre les ariens, les donatistes, les sectateurs de toutes les hérésies ^ .

Dans sa pohtique religieuse, comme dans l'organisation de sa conquête, Genséi-ic se borna donc à maintenir Tordre ancien des choses, à appliquer à son pi-ofit les lois existantes. Doué à un étonnant degré de l'esprit de ruse que la vie d'aventures

1. Cod. Theod., lib.XV[, tit. X[, 1 (Haenel, p. 1627); — Nov. Valenlin. III, XXXIV, 1 (Haenel, p. 245 et note jj); — Cod. Just., lib. I, tit. iv, 10: « Mathematicos, si non parati sunt, codicibus erroris proprii suh oculis episcoponim incendie concrematis, catholicœ religionis cultiii fidem tradere, nunquam ad errorem prseterltuni redituri, non solum urbe Roma, sed etiam omnibus civitatibus pelli decernimus. »; —Const. Sinnond., ii (Haenel, p. 448).

2. Cod. Theod., lib. IX, tit. m, 7 (Haenel, p. 830); — Co7ist. Sirmond., xiii (Haenel, p. 467) ; — Edouard Cuq, Iiisf.ilulions juridiques des Romains, Droit du Bas-Empire, t. II, p. 868, notes 1 et 2.

3. Edit. d'Hunéric contre les catholiques. (Victor Vit., De persecut. vandal.,iv,2;P.L., t. LVIH, pp. 233-238); —Cod. Theod., lib. XVI, tit. v, 12, 13, 14, 22, 24, 30, 31, 34, 36, 37, 38, 40, 42, 44, 43, 48, 31, 32, 33, 54, 37, 62, 63, 63 (Haenel, pp. 1531-1372).

GOUVERNEMENT DE GENSERIG 377

avait développé chez les barbares et que les contemporains considéraient comme leur caractère distinctif, il fut d'une rare habileté dans les intrigues diplomatiques. Il sut tirer parti de toutes les circonstances favorables à ses desseins, prévenir les entreprises de ses ennemis, paralyser leui-s efforts et, avec des forces relativement très restreintes, ruiner leur puissance. Par lui-même, par l'alliance des rois barbares dont, sous son règne, le centre fut à Carthage, et dont il ne cessa d'être l'inspirateur et le véritable chef, il fut le principal artisan de la destruction de l'Empire en Occident. Mais trop peu initié à la civilisation des pays que le sort des armes lui avait soumis, il n'eut pas le sens de la politique intérieure qui seule eût pu lui permettre de léguer à ses successeurs un royaume établi d'une façon durable. 11 ne comprit point qu'affranchir ses sujets des liens du système administratif romain eût été le seul moyen de créer parmi eux un état social nouveau qui, les rendant différents des autres peuples de l'Empire, leur eût fait craindre de retomber sous la tyrannie impériale, et les eût portés à accepter sa domination comme la garantie la plus sûre de leur indépendance. Il ne sut rien modifiei', rien innover, et aux maux qui, en exaspérant les Africtiins, avaient préparé ses succès, il ne fit qu'ajouter le poids d'une occupation militaire, dont on ne perdit pas l'espoir d'être un jour délivré. Quand, en 533, quatre-vingt-quinze ans après la prise de Carthage, les troupes de Justinien débarquèrent en Afrique, la population, demeui'ée toute j'omaine, les accueillit comme des amis et des libérateurs'.

La domination des Vandales n'avait poui-tant pas été aussi funeste à la prospérité de l'Afrique (|u"on pouri-ait le supposer. Pendant près d'un siècle, (h'puis (|u"aux r-avages de la conquête avait succédé un ('lat de choses r-i'gulit'r, elle l'aN ait pi*é-

Page 1