Ibid
b. Ibid. et S. Augustin, Ep. cxli (Migne, P. /,.. t. XXXIIl. p. 580): — Post collationem ad donatistas liber, 30.
tatioiis des doiiatistes et des prodiictioiis de pièces, parmi les- (|uelles la lettre de Constantin oi'donnant l'envoi d'Ingentius au conseil de renipereui-. Les catholiques se servirent de cette lettre, produite par les donatistes eux-mêmes, pour établir l'iiniocence de Félix d'Aptonge, et par suite celle de Cécilien à (pii on i-eprochait uniquement d'avoir été ordonné par In'dixV Ainsi, après avoir établi en droit pai- l'aveu des donatistes que la faute de Cécilien n'aurait pu nuire à ceux de sa communion, les catholiques établissaient par les pièces du dossier qu'en fait aucune faute ne pouvait être reprochée à Cécilien, puis({ue Félix d'Aptonge (|ui l'aMiit ordonné n'était point coupable.
11 ne l'cstait qu'à prononcer le jugement. (Cédant aux instances des catholiques, Marcellinus fit sortir tous les évêques, et rédigea innnéfhatement la sentence. Résumant les dilï'érentes questions traitées au cours des débats, il conclut que les catholiques avaient, par des preuves indéniables, réfuté sur tous les points les prétentions de leurs adversaires". Lecture de cette sentence fut doimée aux évêques l'appelés en séance, liien cpie la nuit fût déjà venue ^
Honorius s'était flatté d'une \aine espérance lorsqu'il s'était laissé persuader (|u'il suffirait d\me sentence prononcée contre les schismati(pies pour avoir raison de leur opposition. Loin de s'avouer vaincus, ils inteijetèrent immé(ha(ei)ient appel à l'empereur du jugement de Marcellinus auquel ils reprochaient des ii-r'égularités de forme et un manque absolu d'impartialité *. Ils se plaignaient de ce que la sentence avait
1. S. Augustin. Breciculus collationis liber, collatio diei m, xxui (Ellies du Pin, p. 304).
2. S. Augustin, Breviculus collationis liber, collât, diei m, xxv (Ellies du Pin, à la suite des actes de la conférence, p. 505).
3. S. Augustin. Po5/ colhdionern, cap. xii, 16 (Migne, P./.., t. XLIII,p. G61).
4. Possidius, Vi/a sancll Auf/ustini. cap. xni (Migne, P. L., t. XX.XII, p. 44). Les actes de la conférence font foi de Tappel interjeté [)ar les donatistes,
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(''((' |)i'(tiH>ii(*('(' (lur;iiil 1,1 miil, de ce (|u un les a\ait t('iiu> «•iircniH's cdiiinx' dans iiiic prison, de ce (juOn ne Icnraxait pas pcr-niis de se délendre coiiinie ils l'enteiidaieiil , de ce (|ue Mai'cellinns navait cessé de l'avoiiseï' les eatliolicjnes V II suinsait de lire les actes de cette conférence, disait quel(|ues années plus tard Eniei'ilus qui a\ait ('lé un de leurs principaux oi-ateurs, pour ^•oir s'ils avaient été réellement \aincus ou s'ils avaient été victimes d'un abus de pouvoir". Ils allèrent même jusqu'à accuser Marcellinus de s'être laissé corrompre par leurs adversaires •\
L'appel des donatistes n'eut d'autre elTcl (pic de leur attirer une nouvelle condamnation, prononcée cette fois par l'empereur qui les classa au nombre des hérétiques*. Par une loi donnée à Ravenne le 30 janvier 412, qui n'est sans doute <pie la fin du rescrit condanniant de nou^■eau les donatistes^, Honorius rappelle la ré\'Ocation de la tolérance qui leur avait été accordée (en 409 , confirme les mesures édictées confiée eu.\ et y ajoute les dispositions suivantes: Tous les donatistes, é^■êques, ecclésiastiques, laïques ou circoncellions, qui ne se réuniront pas à l'Eglise dès la publication de cette loi, seront fi-appés d'une amende dont le taux est fixé en proportion de la qualité des personnes et à laquelle les femmes seront soumises personnellement, comme leurs maris ; ceux (|ui, après la condamnation à cette amende, ne se corrigeront pas, seront frappés de la confiscation de tous leurs biens. Les esclaves et les colons seront contraints par des châtiments
car à leurs signatures, ils ajoutèrent à peu près partout la mention « sous réserve de notre appel ».
1. S. Augustin, Posl collalionem, loc. cil. et De gesfis cinn Emerito, 4 (Migne. P. L., t. XLIII, p. 700).
2. S. Augustin, De gesiis ciim Emerito, 4 {PL., t. XLIil, p. 700).
3. S. Augustin, Ep. cxli, \'1 (Migne, P. L.. t. XXXIII, p. oSS).
4. Possidius, Vila sancli Auguslini. caj). XIII (Migne, /'. L., t. XXXII, p. 44).
5. Tillemont, ^S. Augustin, art. 220 ; Mémoires, t. XIII, p. 585).
corpoivlsde quitter le schisme, et leurs maîtres, s'ils néglig-ent de leur faire appliquer la loi, seront passibles de l'amende édictée contre les donatistes. Les évoques et tous les ecclésiastiques qui persisteront dans le schisme seront bannis de l'Afrique, leurs églises et tous autres lieux d'assemblée, avec les terres qui en dépendent, seront li\'rés aux évoques catholiques, conformément aux précédentes prescriptions ^
Cette loi fut mise à exécution; on n'en peut douter, car beaucoup d'évêques donatistes prirent la fuite, d'autres, comme Emeritus de Csesarea, furent réduits à se cacher, et à (]arthage les éghses des dissidents furent remises aux catholiques. Ces églises furent brûlées quelque temps après, et on tenait pour certain qu'elles avaient été incendiées par des schismatiques. Les donatistes prétendaient au contraire avoir été victimes d'une persécution A'iolentc", et affirmaient que de tous ceux d'entre eux qui étaient tombés aux mains des catholiques, pas un seul n'avait été épargné \ On agit pourtant, semble-t-il, avec une certaine modération, car on laissa bon nombre d'évêques donatistes se retirer où ils voulurent, sans leur faire aucun mal, et les poursuites ne durent pas être bien a(•ti^'es, puisqu'ils purent tenir des conciles et ordonner de nouveaux é\èques '*. Sans doute, beaucoup se convertirent par crainte ^ mais les résistances paraissent avoir été nombreuses ^, et des actes de violence furent signalés en plusieurs endroits '. A Hippone, les circoncellions massacrèrent un prêtre nommé Ilestitutus, et un