Olympiodore [G. S. H. B., p
b. Le commandant en chef de l'armée d'Afrique, apr^sDioclétien, porte le titre de cornes Limitis Africae, ou cornes rei militaris Africie, par abréviation comes Africte. Il était vir spectabilis et sa fonction était une des positions militaires les plus élevées et les plus honorifiques auxquelles on pût prétendre. Il résidait à Carthage. Son gouvernement militaire comprenait la Proconsulaire, laNumidie, la Maurétanie Sitifienne et une partie variable de la Maurétanie Césarienne (R. Gagnât, l'Année romaine d'Afrique, pp. 716-723). Boniface n'avait encore que le grade de tribun et n'avait sous ses ordres que des troupes peu nombreuses de fédérés quand il réprima les incursions des Maures (S. Augustin, Ep. ccxx, 7; /'. L., t. XXXIII, p. 995), mais il résulte du texte de Prosper Tiro, \Chron., n° 1286, a. 424; .V. G., A. A., t- IX, p. 470) qu'il était déjc\ comte d'Afri(jue avant la mort d'Honorius. Cf. Tillemont, Mémoires pour servir à l'IIist. ecclésiasL, t. XIII. pp. 712 et suiv.; — Pailu de Lcssert. Fastes des provinces africaines, t. II, p. 282.
ti. S. Augustin, Ep. ccxx. 7 (P. L.. t. X.WllI. p. 995.
84 GENSÉRir:
l'on connaisse fie lui avant son arrivi'c en Afrique, où il n"eut point de gi-andes expéditions à eonduire. Il s(> bornn à batailler contre les Maures, et (pumt aux troupes (pic Jean enM)va poui- le réduire, il n"cut pos appai'eninicnt beaucoup de peine à les repousser. Mais il eut l'art de se créer une situation exceptioinielle, un renom de gloire et d'autorité qui firent de lui un des personnages les plus importants de l'Empire. Comprenant combien les catholiques pouvaient être utiles à sa réputation, il ne négligea aucun soin pour se les rendre fa^•orables. Il affecta un dévouement absolu à l'Eglise, une ardente piété et un désir extrême de s'instruire des choses delà religion; il s'apphqua à faire montre de zèle dans ses rapports avec les évoques, et surtout avec saint Augustin, dont il réussit ainsi à capter la confiance et qui dans ses lettres le loue et l'admire ^ De cette façon, suivant une expression de saint Augustin, pendant qu'il combattait les ennemis des saints en réprimant les barbares, les saints combattaient pour lui par leurs prières". Son enthousiasme allait, disait-il, jusqu'à lui faire souhaiter de quitter le monde, pour vivre en moine et ne servir que Dieu seuP. Après que sa femme fut morte et qu'il eut marié sa fille au comte Sébastien, il se ménagea une conférence avec saint Augustm et saint Alvpe'' auxquels il témoigna le désir d'abandonner les
i. S. Augustin, Ep. clxxxv, 1 ; Ep. clxxxix, 7 et 8 (/'. !.. t. XXXIII. pp. 792, 856-857).