‹ GenséricChapitre 62 sur 266 · Possidius, loc. cit · texte numérisé non relu

Possidius, loc. cit

lui-inènie et d'autres évoques de cett(^ rég-ion s'étaient réfugiés dans Hippone * .

Des historiens modernes, favorables aux ^\lndales, ont mis volontiers leurs dépr-édations au compte d'autrui et se sont débarrassés du témoignage des auteurs contemporains en les accusant de calomnie ou tout au moins d'exaa-ération '. Il est plus exact de dire que les Vandales ne furent pas seuls à commettre des dégâts et des cruautés. Pour tous les proscrits, si noml^reux en Afrique, l'arrivée des Vandales marquait l'heure de la vengeance, Xul doute qu'ils aient mêlé leur rage à celle des barbares et \'engé durement les longues persécutions qu'ils avaient eu à souffrir. Les excès commis par les circoncellions, alors que le pouvoir impérial était en état de les réprimer, donnent une idée des violences aux- (|uelles ils ne manquèrent certainement pas de se livrer le jour où rien ne s'opposa plus à leur fureur. Donatistes, païens, liérétiques de toute espèce, eurent alors pleine licence de satisfaire leurs rancunes. Des montagnes de l'Atlas, des contrées voisines du désert, les exilés revinrent se jeter sur la société qui les avait bannis, tandis que leurs persécuteurs fuyaient à leur tour.

Une des plus belles et des plus importantes découvertes de l'archéologie africaine prouve que s'il n'y eut pas, à proprement parler, alliance entre les Vandales et les donatistes, ceuxci profitèrent de l'invasion pour rétablir leur culte ^ Des fouilles récentes ont fait découvrir à Bénian, l'antique Alamiliaria, une basilique édifiée par les donatistes auprès du tombeau d'une des leurs, nommée Robba, qui, Aictime de la violence des traditeurs, dit une inscription, acquit, en 434, l'honneur (ki

1. Rossidius, Vita sancti Augustini. 28 [P. L., t. XXXII, p. 59).

2. Mardis, Histoire des Vandales, liv. m, ch. 1, p. 146; Paris, Artluis Bertrand, 1836.

3. Stéphane Gsell, Fouilles de Bénian {Alamiliaria), Vâris,Ernes[ Leroux 4899, p. 31.

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Tiini'tyre \ Avant de construiro do nouvelles basiliques, les donatîstes eiiti'Opi-iivut aj)par'eiiinieiit de se mettr-e par la violence en possession de leurs anciennes églises livrées aux catholiques. Comme le montre M. Stéphane Gsell dans la saisissante étude qu'il a consacrée aux fouilles de Bénian, de nouveaux troubles religieux éclatèrent lors de l'invasion des Vandales, et ce fut sans doute dans quelque bagarre que périt Robba, assommée par les catholiques -.

En même temps, les Maures s'étaient soulevés, et se jjrécipitant sur le territoire romain, ils prenaient leur part (hi j)illage. Saint Augustin nous apprend qu'ils a^•aient pr<''lud(' aux ravages des Vandales dès les premiers temps de la révolte de Boniface; cherchant à le détourner delà guerre civile, il lui représente les rapides progrès des barbares d'Afrique, c'est-à-dii'e des Maures, qui i-avagent, pillent, emportent tout, et l'éduisent à l'état de déserts des localités naguère couvei'tes de populations nombreuses, sans que persoiuie s'oppose à leurs dépivdations, sans que le comte, tout occupé de ses propres difficultés, donne aucun ordre pour les réprimer^,

Loin de défendre et de protéger les peuples, les fonctionnaires impériaux ajoutaient à leurs misères ; l'avidité du lise exposait les contribuables à de continuelles vexations. Quand l'Afrique envahie fut à moitié perdue, le gouvernement impérial comprit trop tard la nécessité de ratïèrmir la fidélité du peuple qu'avaient lassée la rapacité et l'esprit de chicane de ses fonctioimaires. Les habitants de la province Proconsulaire avaient envoyé des députés à la cour pour y exposer leui's griefs ; l'empereur Valentinien se décida enfin, le 2o fVhrier

•j . MEy[oRtA] Robb[a]e, SACit[A]E Dei, Gek.mana[e] Honoii[ati, A]'JU[a]eSI- REXl sis] EP[i]s[cop]i. C[a]ede tr\di[torum] vexata meruit digxitate[m] mar- [t]iri[i]. Vixit Axxis L et reddu)i[tj isp[irit[i].\i die VIII Kal[exdas] apriles, pro[vixci.eJ CCGXCV (année 434). Stéphane Gsell, Fouilles de Bénian, p. i.j.

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