‹ GenséricChapitre 66 sur 266 · Procope, De bello vandal., ii, 4 (C. S. //. B., p. 42Tl · texte numérisé non relu

Procope, De bello vandal., ii, 4 (C. S. //. B., p. 42Tl

4. Victor Vilensis. De persecut. vandal., i, 3 \P. L., t. LVlll, p. 184).

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j)ru pi'ohiihlc (jiic (les Ikiiihiics de j^ticcre (■.\|)('j-iin('nt(''S. Icls (ju'ôlaieiif les clicfs hiii'hiircs. ;iiciit eu r(Mr;iiiL!,-c idc'-r (ruser d'un proeédi'' (|iii eût ('■!('■ tVital à leurs jjropres trouj)es loul aillant qu'à leurs enucinis. On eut sans doute à souffi'ii-. en ])lus d'un endroit, de la décomposition de cadavres abandonnés autour des mui-ailles, rimag'inafion jjopulaire aura transformé ce fait en une cruauté nouvelle, inventée par les Inwhares. Ils étaient capables de toutes les cruautés, mais tro]) avisés pour se livi-er à celles dont ils auraient été eux-mêmes les victimes.

Il va lieu de croire que la population de ])lusieurs localités de la Xumidie était venue chercher dans Hippone uti asile contre les \ iolences des barbares. Possidius, évoque de Calama, nous apprend en effet que lui-même et d'autres évêques de la région \'oisine s'y étaient réfugiés auprès de saint Augustin. « Xos malheurs faisaient le plus souvent, ditil, le sujet de nos entretiens. Nous considérions les jugements terribles de Dieu qui s'accomplissaient sous nos yeux et nous disions : Vous êtes juste. Seigneur, ^•otre jugement est équitable (Ps. cxviii, 137). Mêlant nos douleurs, nos gémissements et nos larmes, nous adressions nos prières au Père des "miséricordes, au Dieu de toute consolation, pour qu il daignât nous secouiùj' dans nos épreuves ^ Un jour qu'àtal)le. a^■ec saint Augustin, nous nous entretenions des calamités de ce temps, il nous dit : « Je pi-ie Dieu de délivi'er cette ville des ennemis cpii l'entourent, et s'il en a ordonné autrement, je le supplie d'accorder à ses ser\'iteurs la force de supporter les effets de sa volonté, ou de daigner au moins me retirer de ce monde et m'appeler à lui. » Ses paroles furent poui' nous une salutaire instruction. De ce moment, nous nous joignîmes à lui, avec tous les nôtres et tous ceux qui

i. l'ossidiiis, Viin sancti Aiifjuslini, c. 28 {P. L., t. XXXII. p. o9).

étaient dans la ville, pour faii-e à Dieu la même pi'ièi-e. Le troisième mois du siège, il tut atteint de fièvres et se mit au lit. Ce fut sa dernière maladie '■ ». La douleur qu'il avait ressentie de la ruine de sa patrie s'était grandement accrue quand il avait vu sa propre cité assiégée par l'ennemi -. Le chagrin avait ache\é d'anéantir ses forces épuisées par l'âge et par de fréquentes maladies'.

Il avait coutume de dire, dans ses entretiens tamiliers, que les chrétiens qui avaient vécu d'une façon louable depuis leur baptême et les prêtres ne devaient point sortir de ce monde sans avoir fait une pénitence suffisante et proportionnée à leur état. Durant sa dernière maladie, il observa lui-même cette recommandation. 11 fit copier les psaumes de David sur la pénitence et les lit metti-e contre la nuu'aille devant son lit. d'où il les lisait en répandant d'abondantes larmes. Afin de nêti-e point distrait de cette sainte occupation, il demanda, pendant les dix derniers jours de sa vie, qu'on ne laissât entrer pei-sonne dans sa chamljre, sinon aux heures oii les médecins y pénétraient et où on lui apportait de la nourriture. Il fut fait sui\ant son désir, et pendant tout ce temps, il demeura en prière*. Il conserva jusqu'à la fin l'usage de ses membres; ni son ouïe, ni sa vue ne s'étaient affaiblies. « Xous fûmes présents à ses derniers moments, continue son biographe, et nous le vîmes, parvenu au terme d'une sainte et heureuse vieillesse, s'endormir avec ses pères. Nous assistâmes au sacrifice qui fut offert à Dieu lors de ses funérailles et d(^ sa mise au toml^eau. 11 ne fit aucun testament, parce qu'il s'était voué à la pamreté en se consacrant à

1. Possidius, Vila sancti Augu$lini, c 29 (P. L., t. XXXII, p. 59).

2. Possidius, Vita sancli Augustini. c.28 (P. L., t. XXXEI, p. o8).

3. Les lettres de saint Augustin montrent qu'il avait fréquemment souffert des maladies : Ep. .xxxviii; li.x ; cxviii, cap. v, g 'M: cxxii ; ccxxix ; cclxix (/'. /... t. XXXm, pp. 152, 22G, 449, 470, 1019, 1093J.

4. Possidius. Vita sancli Aug., 31 (P. Z,.,'t. XXXII. [). 04).

Dieu, et n'avait i-ieii dont il pût disposer. De tout temps, il avait oi'donné qu'on consei'\àt soigneusement, pour ceux qui viendraient après lui, la bibliothèque de l'église et tous les manuscrits. Tout ce que l'église possédait en objets précieux et en ornements, il le confia à la fidélité du pi-ètrc (ju'il avait chargé du soin de la maison épiscopale. Quant à ses parents, tant ceux qui étaient auprès de lui que ceux qui étaient éloignés, il ne les traita, ni pendant sa vie, ni à sa mort, comme ont coutume de faire les personnes (|ui Ai\ent dans le monde. Tant qu'il vécut, il les secovu'ut dans leurs besoins, comme il secourait tout autre. 11 leur donnait non de quoi avoir des j-ichesses, mais de quoi être à l'abri de la misère, ou plutôt de quoi en sentir moins durement les atteintes. 11 laissa à son église un clergé très suffisant pour le nomjjre des fidèles, des monastères d'hommes et de femmes florissants, bien dirigés par leurs supérieurs et pourvus de bibliothèques enrichies de ses propres ouvrages et de ceux des autres saints', w II moumt le 28 août 430". Il était âgé de soixante-seize ans et avait passé près de quarante années dans le clergé et l'épiscopat^

Hippone, bien défendue par Boniface qui s'y était retire'' avec son armée composée de Goths alhés de l'Empire ', tint aisément, bien que Genséric eût réussi à la couper de son port et h empêcher tout ravitaillement par mer^ Les Van-

1. Possidhis, Vita saiicli Augustini, c. 31 [P.L., t. XXXII, p. 64).

2. Prosper Tiro, Ckron., n» 1304, a. 430 [M. G., A. A., t. IX, p. 473). La chronique du comte Marcellin met en 429 la mort de saint Augustin {M. G.. A. A., t. XI, p. 77). 11 est certain qu'il mourut en 430, comme l'indique Prosper Tiro. Cf. Tillemonf, S. Augustin, art. 332; Mém., t. XIII, p. 943. édit. de Venise ; — Migne, Vita sancti Augustini, lil). VIII, c. xi, 4 (P. L., t. XXXil, p. 577); — Dom Leclercq, L'Afrique chrétienne, t. II, p. 131 et note 3.

3. Possidius, Vita sancti Augustini, c. 31 {P. L., t. XXXII, p. 63).

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