‹ GenséricChapitre 7 sur 266 · S. Optai, o. c, m, 3 (Ellies du Pin. p · texte numérisé non relu

S. Optai, o. c, m, 3 (Ellies du Pin. p

2. Cf. Rev. des quesl. hist.. t. LXXVI, pp. 401-406; — Paul Muiun-au.v. flisl. littéraire de l'Afrique chrétienne, t. III. Paris. 1905, p. 361.

iiiiit("'iviit leurs cuuipag'iioiis ol p('rii'ciit a^■e(' eux. Rarement un les voyait se pendre. C'était le seul supplice (|ii'ils s'(''pargnassent pour ne point imiter Judas, ne Noulant avoir rien de commun avec des traditcurs. Ceux qui Auulaient acquérir ainsi, par une mort volontaire, le titi*e de martyr que leur accordait le peuj)le', avertissaient leurs compag-nons longtemps à l'avance et se préparaient à jouer le rôle qu'ils ambitionnaient. Leurs compagnons avaient soin de les bien traiter et de leur apporter toutes sortes de viandes, comme à des victimes que l'on engraisse'. Ces fanatiques ne se tuaient euxmêmes que quand ils ne parvenaient pas à se faire massacrer. Toute occasion de se faire condamner à la peine capitale était pour eux une bonne fortune. Plus d'une fois ils attaquèrent sur les routes les magistrats accompagnés de leurs officiers et les contraignirent de leur donner la mort, les menaçant de les tuer, s'ils refusaient de leur procurer ce qu'ils appelaient la gloire du martyre ■\ A défaut de magistrats, ils arrêtaient les passants et les sommaient de choisir entre l'obligation de leur donner la mort ou la certitude de mouiùr euxmêmes*. Ils allaient même jusqu'à payer des gens pour se faire martyi-iser^.

Toutes ces folies n'allaient pas sans de terribles violences. Les circoncellions n'étaitnt pas moins inhumains pour les autres que pour eux-mêmes. Les renconti'cr, dit saint Augustin, c'était marcher au milieu de l'ombre de la mort. 11 n'y avait point de brigands qui commissent les cruautés que ces

1. S. Augustin, Contra Cresconiiiin. m, 6 (Migne, P. L., t. XLIII, p. 106): — Ep., cLxxxv (Migne, P. L., XXXIII, p. 792j.

2. Théodoret. Hsereliconim fabularum compendium. iv, 6 (Migne, P. G., t. LXXXIII, p. 423).

3. S. Augustin, Ep. clx.xxv (Migne P. L.. t. XXXIII, p. 792).

4. Théodoret, //a?re;. /'a6i/Z. compendium, iv. 6 (Migne, P. G., t. LXX.KIII, p. 423); — S. Augustin, De hœresibus ad Quodvultdeum (Migne, P. L., t. XLIl. p. 43).

5. S. Optât, Deschistn. donatist., m, 4 (Ellies du Pin, p. 56).

fui'i(nix faisaient souffrir tous les jours aux catholiques. Ils poi'taient partout la terreur et troublaient non seulement la paix de l'Eg'lise, mais le repos public. Ils attaquaient la nuit les maisons des ecclésiastiques catholiques, les pillaient, et laissaient les gens à demi morts, brisés à coups de bâton ou percés de leurs épées. Ce n'était pas aux clercs seuls qu'ils réservaient ces traitements barbares ; les laïques étaient également exposés à voir leurs maisons l^i-ûlées et pillées, à périr dans d'atroces supplices. Dans les premiers temps de leurs brigandages, ces furieux ne s'armaient point d'épées, parce que Jésus en avait défendu l'usage à saint Pierre, mais ils se servaient de bâtons noueux qu'ils appelaient des israélites. Ils ne tuaient pas sur le coup, mais brisaient tellement leurs victimes qu'elles mouraient après de longues souffrances, et c'était pour eux faire miséricorde à ([ueltju'un que de lui donner un si bon coup qu'il en mourût tout de suite ^ Du temps de saint Augustin, ils avaient ajouté à leurs bâtons des fi'ondes, des haches, des lances et des épées '. Ils pratiquaient avec acharnement la coutume de rebaptiser et forçaient par la terreur les gens à se soumettre à cet usage ^.

Ces troubles et ces violences achevèrent d'imjM-imer au donatisme un caractère de révolution déclarée qui détermina les empereui's à s'efforcer d'anéantir, par des mesures particulièrement rigoureuses, ce schisme dont ils considéraient les sectateurs comme des ennemis de la société et de l'Empire.

La situation dura .sans changement notable, les donatistes demeurant proscrits ou en état de révolte, jusqu'à l'année 362.

1. s. Auguslin, Contra Cresconium, m, 42 (Migne, P. L., t. XLIII, p. 521) ; — Ep. CXI, 1 (Migne. P. L., t. XXXIII, p. 422); — Contra Gaudenlium donalislari/m episcopum, i, 28-29 (Migne, P. L., t. XLIII, p. 725-726) ; — Enarratio in psalmum liv (Migne, P. L., t. XXXVI-XXXVII, p. 645).

2. S. Augustin, Contra epistolain Parmeniani, i, 2 (Migne, P. L.. t. XLIII, p. 446).

3. S. Augustin, E;j. cxi, 1 (Migne, P. L., t. XXXIH, p. 422).

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A ccH»' (''poquc Julien, (IcNciui, par la iiiori de (loiistancc, jiiaîlrc (le rEiiipiiv, répondit favorablemeiil à une rcciuètc (les (ioiiatish's; ils rureiit rappelés de l'exil et ohtiiirciit la reslitiilioit de leurs éo lises'. Leur rentrée et le rétablissement de leur culte ne se firent point sans troubles'. L'époque (pii sui^ it leur l'etour fut celle dt' leur ])lus gi-aude puissance. De toutes parts, la population se déclarait j^oui- eux. Dans la Xumidie, où ils étaient particulièrement florissants, il ne se trouvait plus, prétendaient-ils, d'évêques catholiques que dans quelques localités extrêmement rares ^.

Ils ne jouirent pas longtemps d'une paix complète. Julien péi'il le 26 juin 363. Jovien, qui lui succéda, mourut le 16 février 364 ; il n'eut point le temps de porter ses regards du côté de l'Afrique. Mais sous le règne de Valentinien P'', les poursuites contre les donatistes l'ecommencèrent. Valentinien P'" excepta de la tolérance accordée à tous les cultes les manichéens et les donatistes', les premiers étant considérés comme les ennemis de la société, les seconds comme les ennemis de la société et de l'Empire. Par une loi datée de Trêves, le 20 février 373% et adressée à Julien, proconsul d'Ah'ique'', Ytdentinien P'' déclara indignes de l'épiscopat les

1. Revue des questions historiques (octobre 1904), t. LXXVI, pp. 411 et suiv.

2. S. Optât, De schism. donatisl., ii, 17; vi. 1-7 (Ellies du Pin. p. 37 et pp. 91-99).

3. Gesla collaliouis carthaginiensis, collatio diei i. cl.kv (édit. Ellies du Pin, p. 429; — Hardouin, Conciliorum collectio inaxima, t. I, p. 1096).

4. Cod. Theod., XVI. v, 3 ; vi ; 1 (édit. Haenel, pp. 1323, 1573).

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