Pallu de Lessert, o. c, t. II, pp. 240 et suiv
sans doute l'évèque do Bagai', et un prêtre nommé Mareulus". Ceux-ci ne périrent point dans la bagan'c; ils turent livrés au supplice par représailles. Les donatistes les considérèrent comme d'illustres martyrs et racontaient qu'ils avaient été précipités, Marculus du haut d'un rocher, et Donat dans un puits '.
11 n'est guère possible de préciser avec certitude la date de la mission de Paul et de Macaire. On a cru devoir la fixer à l'année 347. Peut-être faut-il la mettre C|uelc{ues années auparavant, en 341 ; par conséquent, malgré des apparences spécieuses, deux ans avant le concile de Sardique '*.
1. S. Augustin. In Johannîs evanrjeHum Iractatus, xi, 1.5 (Migne. P. L., t. XXXI V, p. 1483].
2. S. Optât. De sc/iism. donalist., III, 6 (édit. Ellies du Pin, p. 60).
3. S. Augustin, In Johannis evangelium, xi, 15 (Migne, P. L., t. XXXIV, p. 1483) ; — Passio Marculi (édit. Ellies du Pin, à la suite de S. Optât, pp. 302-
4. 11 est absolument certain que Paul et Macaire furent envoyés en Afrique sous le régne de Constant qui mourut en 350, et après la défaite et la mort de Constantin II en 340 (Duruy, llhl. des Romains; édit. in-S», t. VIL p. 274). C'est donc entre 340 et 350, comme limites extrêmes, qu'il faut chercher la date dont il s'agit. Le récit donatiste de la passion de Marculus, mis à mort immédiatement après la bagarre de Bagai, nous apprend qu'il fut livré au supplice un dimanche II! des calendes de décembre (29 novembre. Passio Marculi, édit. Ellies du Pin, à la suite de S. Optât, p. 303). C'est du moins la date qu'on lit dans le manuscrit le plus ancien de ce texte et qu il y a lieu de préférer à celle du VIII des calendes de décembre que porte un manuscrit du xni» siècle (Pallu de Lessert, Fastes des provinces africaines, t. II, p. 246, note 1). D'autre part, les actes des martyrs donatistes Maximien et Isaac qui périrent à Carthage font mention du samedi XVIII des calendes de septembre (15 août. Passio Maximiani et Isaac; édit. Ellies du Pin, p. 311, col. 2). Or, la coïncidence du 15 août avec un samedi et du 29 novembre avec un dimanche ne se rencontre, de 340 à 350, que deux fois : en 341, où Pâques tombait le XIII des cal. de mai (19 avril) et en 347, où Pâques tombait la veille des ides d'avril (12 avril. Victorii Aquifani cursus paschalis; édit. Mommsen, M. G., A. A., t. IX, pars posterior, pp. 712-713). Le récit du martyre de Maximien et Isaac montre clairement qu'ils furent victimes de la tentative de rétablir l'unité chrétienne commencée par la mission de Paul et de Macaire [Passio Maximiani et Isaac, p. 308, col. 2, et p. 310. col. 1). Il faut donc qu'ils aient péri après Marculus, et par conséquent au cours d'une année postérieure à la mort d(> celui-ci, car saint Optât affirme de la façon la plus formelle que juscpi'au moment de la
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La ivprcssion \ idlciiU' coiiliimn apivs la luorl rie Douât cl de Marculiis, et les doiialislcs, (•()iisi(l(''iv.s (h'-soniiais (•uiniiic complices des |)erliir])aleurs et des circoncellions, ne fiii-eiil pas éparg-nés. Saint Optât aAOïie que l'on agit durement \ Les évèques donatistcs furent oblig('>s de fuii' avec leur clergé, et ceux (|iii s"()l)slinrr('nt à demeurer dans leurs églises furent saisis et e\il(''s au loin-. Donat de Cartilage, le chef de leur
bagarre de Bagai, aucune rigueur navait été exercée contre les donatistcs, lors de la mission de Paul et de Macaire (S. Optât, De schism. douaiist,, m, 3 et 4 ; édit. EUies du l'in, p. 51 et 56), et cette affirmation de saint Optât se trouve confirmée par le récit donatiste de la jjassion de Marculus (Passio Marcidi ; édit. Ellies du Fin. ti la suite de saint Optât, p. 304, § 3).
Le martyre de Maximien et d'isaac ne pouvant être mis plus tard qu'en 347, puisqu'ensuite il ne se trouve plus, avant 350, un samedi 15 août, la passion de Marculus, contemporaine de la bagarre de Bagai. c'est-à-dire de la mission de l'aul et Macaire, doit avoir eu lieu en une année antérieure où le 29 novembre était un dimanche. Après 340 et avant 347, la seule année 341 présente cette coïncidence ; la mission de Paul et Macaire remonterait alors à 3il, et iSlaximien et Isaac auraient péri six ans plus tard, victimes de la répression violente qui continua longtemps après la mort de Donat et de Marculus (Cf. Revue des cjuesl. hist.. t. LXXVl, p. 401).
Cette chronologie est-elle rendue inadmissible par le texte d'une des épitres de saint Augustin où on voit Fortunius, l'évêque donatiste de Tubursicum, « prétendre, pièces en mains, que le concile de Sardique avait adressé des lettres à des évèques africains delà communion de Donat»? (S. Augustin. Ep. xliv, cap. m, 0 ; Migne, P. L., t. XXXIll, p. 176).
Faut-il conclure de ce texte, avec M. Pallu deLessert, que la persécution de Macaire est postérieure au concile de Sardique, c'est-à-dire à l'année 343, « parce que ce fut. au dire de Fortunius, cette persécution qui rom- ])il une communion qui existait encore à cette date »? (Pallu de Lesserl. Fastes des provinces africaines, t. II. p. 245.) S. Augustin ne dit nullement que la prétention de Fortunius était justifiée. Il démontre, au contraire, qu'elle ne l'était en aucune façon [loc. cit.). On n'en i)eut donc tirer aucune conséquence. Mais, même en admettant les allégations de Fortunius, cette communion qui avait duré jusqu'après le concile de Sardique. avait-elle empêché Constantin, au temps d'Ursacius, de vouloir ramener par des rigueurs les donatistes à l'unité ? Pourquoi alors aurait-elle empêché davantage Constant d'agir contre eux? N'est-il point logique, au contraire, de penser que Constant, résolu, après la défaite et la mort de Constantin H. à se poser en protecteur des catholiques, entreprit de les faire triompher dans ses Etats, avant de chercher, à l'aide du concile de Sardique, à les faire prédominer dans les États de son frère Constance II?
1. S. Optai, De schism. donalisl., in, 10 : (Ellies du Pin, p. 64i.
2. S. Optât. De schism. donalisl.. m. 4 (Ellies du Pin, p. 59).
secte fui, semble-t-il, au iioin])i'e de ces derniers'. 11 y n lieu de croire que quelques évoques donatistes n'eurent pas la Constance de préféivr l'exil à h\ soumission; mais les conversions inspirées par la terreur lurent peu nombreuses. Loin de se rapprocher des catholiques, les donatistes conçurent une haine violente contre leurs persécuteurs. La tentative de réta])lii' l'unité j)ar la force eut ainsi pour efîet d'exaspérer les passions et d'augmenter l'hostilité entre les chrétiens que le sou\enir du sang versé rendait désormais irréconciliables. Ils s'accusaient mutuellement des crimes les plus atroces et les écrits de polémique pleu^■aient de pai't et d'autre".
Tandis que dans leurs écrits les deux partis s'injuriaient, les bandes de circoncellions de\'enaient plus noml)reuses et plus A'iolentes. Le traitement (jui leur ix\i\\[ été infligé faisait pai'aître au peuple leurs représailles moins odieuses. Ces Aaga])onds semblaient de plus en plus des proscrits et des opprimés dignes de pitié ou même d'admiration.
Les honneurs rendus aux victimes des troubles de Bagtii inspirèi'ent aux circoncellions l'éti'ange folic^ du martyre qui ache\a de les faire passer pour des saints, et attira dans leui's l'angs une quantité de gens dont l'imagination avait soif de sacrifice. On les \[i désirer avec une folle ardeui- la mort et les supplices pour acquérir, croyaient-ils, la gloii-e du martyre. Xe trouA'ant point à leur gré l'occasion de mounr de la main des ennemis de leur foi, ils se détruisaient eux-mêmes par d'horribles tourments. Ils se précipitaient du haut des rochers, se noyaient dans les rivières ou se jetaient dans le feu qu'euxmêmes a\'aient allumé. Des ti'oupes entières se détruisirent ainsi. 11 y eut même (h's fennnes (pii, mêlées à ces bandes.