Pagi, ann. 440, iv
5. Idace, Chron., n" 144, a. 450 [M. G., A. A., t. XI, p. 25;. Voir p. 133. note 2.
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apporter à liiislaiil un pain extrêmement hlane et de la meilleure (pialité. » Genséric, no se doutant pas de re\p(''dient imaginé par Sébastien pom- se tii-er d'embarras, ordonna d'apporter le pain qu'il demandait. Sél)asti(Mi le pi-it et dit. en le montrant : « Pour donner à ce pain la qualité et la puret('' (|ui le rend( nt digne de figurer sur une table royale, il a fallu débarrasseï' la farine du son auquel elle était mél(''e, li p(''trir avec de l'eau, rajouter du le\ain, la faire cuir(! au feu; c'est ainsi que ce pain a acquis sa txdle apparence et est devenu agréable au goût. Moi, de jnême, j'ai été attendi'i par la meule de l'Eglise eatliolicpie, j'ai été passé au crit)le et purifié, j'ai été arrosé de l'eau du baptême et cuit au feu du Saint-Esprit ; et de même que ce pain est sorti du four, je suis sorti puides fonts baptismaux par l'effet des sacrements divins et par la grâce de Dieu. Faites ce que je vais vous })roposer : Que ce pain soit br*isé en moi'ceaux, (|u'on le fasse macérer dans de l'eau, c^u'on y mêle de nouveau cUi levain, qu'on le remette au four; s'il en sort meilleur, je ferai ce que vous exigez de moi. » Genséric ne trouva rien à répondre et, cette fois, sa l'use fut déjouée, mais pou de temps après, il imagina un autre prétexte et ai'riva à ses fins^ ; Sébastien fut mis à mort ^ .
Tandis cpie la rivalité d'Aëtius et de Boniface ti'ouljlait l'Occident, les Vandales n'étaient plus arrêtés en Afrique que par quelques x'ûhs fortifiées dont ils ne pouvaient s'emparer, mais dont ils n'avaient rien à craindre. Libres de leurs mouvements, ils n'hésitèrent pas à profiter de la position du pays (pi'ils venaient do coiupiérir, pour étendre leurs ravages jusqu'en Italie. Dès cette époque, ils tentèrent d'envahir la Sicile et la Calabi-o, d'où ils furent chassés par Cassiodoi'o, le bisaïeul
1. Victor Vitensis, De persecut. vamlal., i, (j [P. L., t. LVIII, pp. 188-189).
2. Victor Vitensis, loc. cil. ; — • Idace, Chron., n° 144, a. 450 (M. G., A. A.. t. XI, p. 25).
(lu iniiiistro de Tlirodoric le GrancP. Ce fut sans doute' pouisauver lltalic que ValcMitinicu se résigna à ti-aiter avee Genséi'ic. Il lui envoya un personnage nonnné Trygetius, qui conclut à Hippone le 11 février 43o -, au nom de l'empei-eur, un traité de paix entre l'Empire d'Occident et les Vandales^.
1. Cassiodore Variœ, i, 4 (édit. Momnisen, M. G., A. A., t. XII, p. lo, lig. 26); — Mommsen, Cassiodori Variœ, prœmium (.1/. G.. A. A., t. XII, pp. VII et VIII).
2. Theodosio XV et Valentiniano IV cons.. pax facta cum Vandalis. data eis ad habilandum Al'ricae portione. per Trigelium in loco Hippone, m idns febr. (Prosper Tiro, C/iron., w 1321, a. 435; M. G., A. A., t. IX. p. 474 ; — Latevculus veyum Yandaloruin ; édit. Mommsen, M. G., A. A., t. XIII, p. 458).
3. Procope, De bello vandal., i, 4 [C. .S. //. B., p. 327); — Prosper Tiro, Chron., n» 1321, a. 43o (M. G., A. A., t. IX, p. 474).
Ce Trygetius paraît être le personnage auquel est adressée une lettre de Sidoine Apollinaire (Ep.. viii, 12 : P. L., t. LVIII. p. 009 ; — M. G., A. A., t. VIII, p. 437), et (pii fut préfet du prétoire en 432 (Borghesi, Œuvres, t. X, pp. 621-622).
Tissot (Géor/r. comp., t. II. p 47) croit quela cai)itulation d'Hippone avait été suivie d'une première convention, conclue par Boniface avantson départ pour l'Italie. II invoque, à l'appui de cette hypothèse, le texte de Procope et les ternies dont se sert Prosper Tiro : « Totius Orbis pace et consensione mirabili Bonifacius ab Africa ad Italiam pervenit. )> Mais il n'est fait mention d'aucune capitulation d'Hippone. Procope dit formellement au contraire que les barbares ne purent s'emparer de cette ville, ni par force, ni par capitulation (De bello vandal., i, 3 ; C. S. H. B.. p. 323), et du texte de Possidius (Vita sancti Aufjustini, c. 28; P. L., t. XXXII, p. 58) il résulte qu'elle ne fut incendiée qu'après avoir été abandonnée par ses habitants (|ui la quittèrent, semble-t-il, parce que, livrés à eux-mêmes par suite de la défaite et de la fuite d'Aspar et de Boniface, ils n'étaient pas en état de soutenir un second siège. Procope, loin de faire allusion à une convenlion conclue par Boniface avant son départ, dit que l'ennemi infligea un désastre complet aux généraux de l'Empire, Aspar et Boniface. qui, mis en fuite, se sauvèrent où ils purent, (otïy) 'É/.aj-o; èo'JvavTo i; o'jyTjV ('opu.r,vxo). Aspar, ajoute-t-il, retourna chez lui et Boniface se retira vers Placidie [De bello vandal., i, 3; C. S. H. B., p. 325). Quant au texte de Prosper Tiro, il suffit de le lire en entier pour constater que les mots : totius orbis pace et consensione mirabili ne font pas partie de la phrase où il est question de Boniface , mais bien de la phrase précédente. Voici en effet le te.xte exact : Rornanœ ecclesiœ prseficilur episcopus Xysfus lolius L'rbis pace et consensione mirabili. Bonifacius ab Africa ad Italiaui per Urbem venil, etc. Les mots « totius orbis (ou Urbis) pace, » etc. se rapportent au pontificat de Sixte III [Liber pontificalis, X>/stus 111; édition Duchesne, t. I. p. 232). Vient ensuite ce qui concerne Boniface. Il n'est pas admissible de prêter k Prosper Tiro l'intention de dire que quand ce général arriva à Rome, le monde entier était en paix et dans une admirable union, alors que l'Empire était vaincu, (pie l'Afrifiué était dévastée par les Vandales
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Les tcrriloiros qu'ils occupaient en Afri(jU(' Icui' fui'ent concédés ^ à condition de payer ô renipet-eur un ti-ilnit annuel, et Genséric donna son fils Hunérie en otage-; mais il sut si bien inspirer confiance que dans la suite son fils lui fut rendu '. Les Vandales restèrent donc en possession des trois Maurétanies*. Ils demeurèrent maîtres également d'une partie delà Numidie, car, en 437, Genséric exila Possidius, évêque de Galama^ et les catholiques de cette ville furent privés de leurs églises"; mais dans la Xumidie, les Romains conservèrent les places où leurs garnisons avaient pu se maintenir. Elles n'étaient assurément pas nombreuses, car Possidius, qui ne pou- \ait ignorer l'état exact des choses, affirme que Cirta, Hippone et Garthage étaient les seules villes de toute l'Afrique oîi les Eglises catholiques eussent conservé leur ancienne splendeur''. Il faut conclure de cette affirmation qu'Hippone fut ivstituée à l'Empire ou avait été réoccupée par les Romains, ce qui expliquerait la présence de Trigetius dans cette ville et la
et que la rivalité d'Âëtius et de Boniface provoquait une guerre civile. Il faut donc lire le texte de Prosper comme le donnent les éditions Migne (P. L., t. LI, p. 595) et Mommsen [M. G., A. A., t. IX, p. 473, n°^ 1309 et 1 310), et il faut lire Vrbis au lieu de Orbis.
1. Isidore, Hist. Vandalor. (édit. Mommsen. M. G., A. A., t. XI, p. 297): — Prosper Tiro, Chron., n» 1321, a. 433 [M. G., A. A., t. IX, p. 474).