CHAPITRE H
Conséquences du traité de 4i2. — But de la poli'.ique de Genséric. — Son alliance avec Attila. — Invasions des Huns en Orient. — Mort de Théodose. — Mort de Placidie. — Histoire d"Honoria. — Invasions d'Attila dans les Gaules et en Halie. — Ambassade de saint Léon. — Retraite et mort d" Attila. — Meurtre d'Aëtius. — Meurtre de Valentinien III. — Usurpation de Maximus. — Mort de Maximus. — Prise et sac de Rome par Genséric. — Charité de Deogralias. évèque de Carthage. — Conquête de la Tripolilaine et des Maurétanies. — Conquête de la Sicile, de la Sardaigne, de la Corse et des iles Baléares.
Le traité de 442 plaçait les Vandales dans une situation précaire. Les pro^"inces qui leur étaient concédées se trou^■aient cncla\'ées dans les possessions romaines, et l'Empire pouvait, lorsqu'il jugerait le moment opportun, les attaquer simultanément à l'est, en débai-quant une armée dans la Tripolitaine, à l'ouest, en faisant passer dans les Maurétanies, par le ilétroit de Gadès, les Yisigoths qu'une alliance mettait à son .ser\ic(' '. 11 n'y avait donc de sûreté pour les Vandales, dans leur iiou\'elle concjuète. (|ue si d'une part l'Empire, obligé de détendre en Europe ses pro\inces en\"aliies par les barbares, était réduit à ne rien entreprendre en At'ricpie, si d'autre part les forces des Visigoths étaient détruites, ou si leiu' défection pri\ait les Uonuiins de leur concours. Prowxpier l(\s
1. Prosper Tiro, Chron., a. -SS'J \M. G.,A. A., t. IX. p. 477;; — Idace, Cliron., a. 439 [M. G., A. A., t. XI, p. 23i ; — Isidore, Hist. Golhorum {M. G., A. A., t. XI, p. 277); — Jordanês. Getica, xxxiv (édit. Mommsen, .U. (/., A. A., t. V, p. 104).
circonstances qui, seules, pou\'aieut lui permettre de se maintenir au sud de la Méditerranée et d'y étendre ses conquêtes fut désormais le but de la politique de Genséric.
Habile et attentif à attirer les nations dans ses intérêts ', il ne cessa d'intriguer pour susciter des ennemis à l'Empire, qui eut ])ientùt à se défendre de tous les côtés à la fois. Les Romains, dit un auteur, avaient à redouter à cette époque non seulement les attaques des Huns, mais les préparatifs de guerre des Parthes, les pillages des Isauriens, les incur*sions des Sarrasins qui dévastaient les contrées situées à l'Orient -. En même temps, les Vandales multipliaient leurs courses de pirates sur les rivages de la Méditerranée ^, En 445, ils firent une descente sur les côtes de la Galice et emmenèrent un grand nombre de captifs*.
En 444 ou 445, Attila devint, par le meurtre de son frère Bléda, seul roi de tous les Huns et maître de toutes les nations barbares que les conquêtes de ses prédécesseurs et les siennes lui avaient soumises \ Les Gépides et les Ostrogoths demeurés dans la Pannonie, les Suèves, les Alains, les Hérules, les Sarmates, les Ruges, d'autres nations encore lui olx'issaient ^ Il disposait d'une armée de cinq cent mille bommes'. Genséric eut désormais en lui im allié dont la formidable puissance le mit à l'abri de tout dang(u\ Théodose et \'alen-
d. Jordanès, Gelica, xxxvi (M. G., A. A., t. V, p. 106).