‹ GenséricChapitre 83 sur 266 · Priscus, Excerpta, 7 (C. S. H. B., pp. L')l · texte numérisé non relu

Priscus, Excerpta, 7 (C. S. H. B., pp. L')l

6. Prosper Tiro, Addilamenla, Conlinualio codicis Ocelensh, 10 {M. G.. A. A., t. IX, p. 489). Idace met la mort de Placidie en 451 ou 452 [M. G.. /l. ^.','t. XL p. 2G).

7. Marcellinus conics, Chron.. a. 434 [M. G., A. A.. I. XL ]). 79).

une part do l'Empire. Elle aurait trouvé moyen de lui en\'oyer un eunuque porteur d'une lettre et d'un anneau de fiançailles ^ Cela se passait, dit-on, en 434"; Attila ne faisait que commencera régner avec son fivi-e Bléda\ 11 n'aurait pas, à cette époque, osé s'engager dans une pareille aventure, mais en 4o0, ayant appris la mort de Théodose, l'avènement de Marcien et le traitement fait à Honoria, il aurait, suivant rhistorien Priscus, envoyé deux ambassades, l'une en Orient pour exiger le payement du tribut promis par Théodose II, l'autre en Occident, à Valentinien, pour protester en faveur d'Honoria et déclarer que s'étant engagé à l'épouser, il se porterait à son secours, si on ne lui accordait, en la laissant libre, une part de l'Empire, Ces deux ambassades n'auraient

1. Jordanès, Getica, xlii (M. G. ,A. A., t. V, p. llo). Honoria était le premier enfant né du mariage de Placidie et de Constance. Or, ce mariage fut conclu le for janvier 417 (Olympiodore. Excerpta, a. 417; C. S. H. B., p. 46i), et Valentinien III, frère puîné d'Honoria, naquit le 3 juillet 419, suivant la chronique du comte Marcellin {M. G., A. A., t. XI, p. 74), ou le 2 juillet 418. suivant Prosper Tiro (M. G., A. A., t. IX. p. 469). Cette dernière date concorde avec le récit de Frigiridus, qui dit que Valentinien m avait cinq ans accomplis lors de la mort d'Honorius, le 15 ou le 27 août 423 (Grégoire de Tours, IHsloria Francorum, ii, 8 ; édit. Arndt, M. G., Scrip. ver. meroving . , t. I, p. Tl). Honoria était donc née en 417. Elle devait avoir dix-sept ans en 434, et seize ans lors de son intrigue avec Eugenius. Jordanès donne ailleurs une autre version de ce récit, quelque peu différente de la première. Selon cette seconde version, IMacidie avait voulu, pour l'honneur de la cour impériale, qu'llonoria ne fût point mariée, qu'elle vécût vierge, comme les sœurs de Théodose II. Honoria, ne voulant point souffrir cette contrainte, aurait envoyé secrètement un émissaire à Attila et l'aurait sollicité de passer en Italie. Ne pouvant, à l'arrivée d'Attila, tenir sa promesse, ajoute Jordanès, elle commit avec Eugenius, son intendant, l'acte qu'elle n'avait pas commis avec le roi des Huns. (Jordanès, Romana; M. G., A. A., t. V, p. 42i. Cette seconde version n'offre aucune vraisemblance, puisque le comte Marcellin dit qu'llonoria fut expulsée du palais, à la suite de ses relations avec Eugenius, en 434. A cette époque, il ne peut être question de l'arrivée d'Attila en Italie.

2. Marcellinus cornes, Chron., a. 434 [M. G., A. A., t. XI, p. 79).

3. La Chronica rjallica [M. G., A. A., t. IX, p. 608, n» 112) note qu'en 433, Rugila ou Roua régnait encore sur la nation des Huns. Attila et Bléda qui lui succédèrent (Priscus, Excerpta, 1 ; C. S. II. B., p. 167) ne commencèrent donc à régner qu'en 434, ou en 433 tout au plus tôt.

eu aucun succès S et ce serait le refus de Valcntinien qui aurait décidé Attila à la guerre contre l'Occident qu'Honoria l'avait sollicité d'entreprendre".

Ce récit romanesque est en contradiction évidente avec des faits qui ne peuvent être révoqués en doute ^ D'autres sollici-

1. Priscus, Edcerpta de ler/ationibus gentium ad Romanos,! [C. .S. H. B., pp. 151-152). Valcntinien répondit, dit Priscus, qu'Honoria ne pouvait épouser le roi des Huns puisqu'elle était déjà mariée à un autre, que chez les Romains l'Empire était pour les hommes, non pour les femmes, et qu'elle n'avait rien à y prétendre. Les allusions de cet auteur à ce qui était arrivé à Honoria depuis 43i et à son mariage, semblent indiquer que des mesures de rigueur avaient été ordonnées contre elle et qu'elle avait été contrainte de se marier.

2. Priscus, Excerptade legalionibus gentium ad Romanos, 7,8 (C. S. H. B., pp. 152, 153); — Chronica gallica, a. 451, n» 139 (édit. Mommsen, M. G.. A. A., t. IX, p. G62); — Marcellinus comes, Cfiron., a, 434 (M. G., A. A., t. X[, p. 79); — Théophanes, Chronogi:, a. 443 (C. S. H. B., Théoph., t. I, p. 162).

3. Très peu de temps avant la mort de Théodose, dans le courant de l'année 450. Attila avait déjà fait paraître sa résolution de porter la guerre en Occident. Une chronique note qu'il avait envoyé à chacun des deu.x empereurs. Théodose et Valentinien, un Goth porteur de cet insolent message : « Attila, mon maître et le vôtre, vous ordonne de lui préparer un palais » [Ckronicon paschale, a. 450 ; C. S. H. B., p. 587). Or, on ne le voit pas alléguer, à ce moment, ses prétendues fiançailles avec Honoria. Précédemment, en 448, il venait à peine de conclure la pai.K avec Théodose, que déjà il s'appliquait à trouver un prétexte de guerre contre les États de Valentinien. Ses fiançailles avec Honoria eussent été le meilleur des prétextes ; ce ne fut pas celui dont il se servit. Il en chercha un autre dans un fait de bien minime importance. A l'époque où les Huns avaient assiégé Sirmium, probablement en 442, l'évèque de cette ville avait confié à Constance, un Gaulois qu'Aëtius avait procuré comme secrétaire à Attila et à Bléda, des vases consacrés, avec mission de les employer, si la ville était prise, à se procurer de quoi payer la rançon de l'évèque ou d'autres captifs, dans le cas où l'évèque serait tué. Constance s'était approprié ces vases et les avait ensuite engagés à un banquier de Rome, nommé Sylvanus, qui les avait vendus à des prêtres. Attila et Bléda avaient fait crucifier Constance qu'ils accusaient de les trahir, et Attila, instruit du détournement dont cet homme s'était rendu coupable, en prit prétexte pour adresser en 418 ou 449 des réclamations à Valentinien. 11 exigeait qu'on lui livrât Sylvanus. Valentinien lui envoya une ambassade, composée du comte Romulus, de Primutus, gouverneur de la Noricpie, et de Romanus qui exerçait un commandement militaire. Le comte Romulus était un personnage d'importance; sa fille, née à Patabio, dans la Norique, était mariée à Oreste, Romain originaire de la Pannonie, qui alors était auprès d'Attila et qui dans la suite fit élever à l'Empire son fils Romulus Augustule, le dernier empereur d'Occident. Cette ambassade était chargée d'offrir à Attila la valeur des vases qu'il réclamait, l'empereur ne pouvant

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lations attiraient Attila en Occident. Jordanès en fait mention dans le récit sui\ant : « Gen.séric avait t'ait épouser pai- son fils Hun(''ric la tille (\v ThcMideric, roi des \'isig(jtlis. (^elle-ci s'était réjouie d"al)Ord d'une si lirlllante alliance, mais, dans la suite, Genséi'ic ^a^•ail soupçonnée de lui avoir préparé du poison et lui avait fait couper le nez et les oreilles. Après l'avoir ainsi dépouillée de sa beauté, il l'avait renvoyée à son père, dans les Gaides. Comme il craignait que Théoderic ne voulût venger l'outrage fait à sa fille, il envoya de i-iches présents à Attila, et, sachant l'âme de ce prince disposée à la dévastation du monde, il le poussa à enti-eprendre la guerre contre les "Visigoths ' ». De ce récit, il faut retenir comme certain que Genséric, n'ayant pu attirer les Yisigoths dans son alliance et ayant le plus grand intérêt à détruire leurs forces pour que Yalentinien ne pût s'en servir contre lui. pressa Attila d'allei- les attaquer dans les Gaules, à moins que la menace d'une gueri'e si redoutable ne suffit à les détacher de l'alliance de l'Empire et à les déterminer à faire cause commune avec les Vandales et les Huns

Ainsi s'explique ce fait qu'au moment où il envahit la Gaule, Attila continuait à affecter de n'être en état d'hostihté qu'avec les Visig-oths et de vouloir conservei- l'amitié des llomains-.

lui remettre des objets consacrés, ni lui livrer un citoyen romain innocent de tout crime. Attila refusa dentendre raison et s'en tint à vouloir Sylvanus ou les vases, ajoutant que sinon il déclarerait la guerre (Priscus, Excerpta de le(jalionihus Romanonim ad génies, 3 ; C S. H. B., pp. 183- 187, et p. 199). Il ne fut point question d'Honoria dont les prétendues fiançailles ne sont probablement qu'un roman, inspiré plus tard par des promesses qui furent peut-être faites au roi des Huns pour obtenir sa retraite, quand il envahit lltalie.

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