INTRODUCTION
Les notes qui suivent ont pour objet de chercher à fixer le caractère des rapports qui existèrent, pendant près de quinze mois, entre * Sultan Mohammed II et le peintre vénitien Gentilo Bellini, de relever, parmi les travaux qu'il exécuta à sa cour, ceux qui sont parvenus jusqu'à nous et d'apprécier le sentiment des écrivains qui se sont occupés de cet épisode de sa vie.
On sait que le Sultan avait demandée la Seigneurie de Venise de lui procurer un peintre habile dans Fart de faire les portraits, et que celle-ci avait désigné Gentîle Bellini, pour se rendre à Constantinople ; que Genlile, après avoir pleinement répondu aux désirs de Sa Hautesso^ était retourné dans sa patrie, emportant avec soi des marques éclatantes de la satisfaction du Sultan et le souvenir des égards qu'il lui avait montrés : mais, quant aux détails de son séjour, ils font presque complètement défaut; et les critiques modernes se sont vus obligés, arrivés à cet endroit de sa biographie, de reproduire ce qu'avaient dit avant eux Vasari, Ridolfi et Guillet. Un témoignage authentique, inédit jusqu'à ce jour, et produit par le Vicentin Jean-Marie Angiolello, qui vivait à la cour de Sultan Mohammed, alors que Gentile Bellini y travaillait, permet de suppléer, dans une certaine mesure, à cette absence de renseignements, et de préciser la natpre des relations qui s'établirent entre le peintre vénitien et son terrible protecteur.
Le Sultan, dont la bienveillance s'étendait naturellement à tous les hommes de mérite, fut charmé de la nature pleine de franchise