‹ Gentile Bellini et Sultan Mohammed II notes sur le séjour du peintreChapitre 21 sur 29 · Hammer, op. cit. y t. 111, p · texte numérisé non relu

Hammer, op. cit. y t. 111, p

réunissait plus de trois cent mille hommes et faisait fondre dans ses arsenaux des canons d'une grosseur extraordinaire, pour battre en brèche les murs de la ville '. C*est alors que, vraisem-

1. Voir la dépêche adressée de Rome au duc de Milan. Notizenblail^ Vienne, 1856, p. 249, 250. C'est très vraisemblablement pour le siège de Rhodes qu'il voulait conduire en personne que Sultan Mohammed faisait ces immenses préparatifs. [G. Caonrsini Bhodiorum vicecancellarii obsidionis Rhodie^Urbis descriptio. Ulme, 1406, in-fol., ^lï.) Quant aux historiens, ils diffèrent d'opinion à ce sujet : les uns, comme Paul Jove {Àpud. Sansov.y fol. 210) et l'auteur anonyme de VHisloria de los TurcoSy : (BibL Naê.y fds. Esp., mss. 349, chap. cxiii, fol. 143) prétendent qu'ils étaient dirigés contre le Soudan d'Egypte, Melik-el-Achref Qaitbay, qui avait soutenu Ouzoun Hasun et qui, en 1477, avait fait un traité de paix qui durait encore avec le grand-maître Pierre d'Aubusson. (Bosio, delV istoria délia Sacra Religione... di S. Gio Gierosolimilano^ t. II, p, 371.) Ce qui donne un certain poids à cette opinion, c*est que le prince Djem, sur Tordre de son père, s'était déjà avancé en Syrie à la tète d'un corps de troupe (Vertot, Hist, des Chevaliers hosp. de S. J. de Jervr salheniy t. II, p. 202, 1722, in-12); les autres, comme Malipiero, Ànnali Veneli {Àrch. Slor. Ilal.y t. VU, parle I), p. 130; Sigismondo de' Conti {Hisl, sui temporiSy Rome, 1883, t. I, p. 113), etc., disent qu'ils étaient dirigés contre la Perse. L'auteur du Viaieury Ludovic Romain (Bibl. Nat. fds. franc., mss. 5640, fol. 103 v.) rapporte ces différentes opinions sans prendre parti pour aucune; et non sans raison, car ainsi que le remarque Saad-ed-din : c Sultan Mehemmed avoitcelade particulier, lorsqu'il entre* prenoit quelque campagne, qu'il ne publioit jamais où il agiroit^ qu'il ne fut près du lieu où il devoit agir. Il observa cette coustume l'an 886 et passa dans le printemps, le 26 du mois de Safar (27 avril 1481) à Iskudar, après avoir fait des préparatifs extraordinaires, sans déclarer à quoi il avoit résolu de les emploier. » Mss. 6074, fds. fr. foi. 369-370. Angiolello dit également : c II gran Turco tuttavia preparava grand' essercito per terra per andar in persona a danni del gran Soldano, il quale era in gran differenza col Signore di Damaso et Diodaro d'Aleppo, et non era possibile intendere dove volesse andare, ne mai li suoi viziri lo puotero intendere : altri dicevano che voleva andar a cazar Baixit suo (igliuolo, perche voleva che fusse signore pui tosto che'l detto Baixit si per esser bellicoso si et per non haver altro che un figliuolo, et Baixit ne haveva selte, si et perché il detto Baixit haveva fatto impiccare un messo del Padre che andô à dimandar un certo ermeno, comequi sotto intenderete, sia come esser si voglia, o per Baixit o per il Soldan preparava grand' essercito, come ho ditto. di sopra : Horà alla fine d'aprile 1481, il grand Turco con la sua Corte passô da Costantinopoli in Asia, cioe al Scutari. » Fol. 46, verso.

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(HeproducUon du bois publié par Sir H. Layaid dans <on Handlook of painting).

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blablement, il songea à renvoyer Gentile Bellini dans sa pairie. A cet effet, il le fit venir devant lui, vers les derniers jours du mois de novembre, et lui dit qu'il Tautorisait à retourner à Venise. Il le loua gracieusement du zèle qu*il avait mis à le servir, faisant de son talent Téloge le plus flatteur et lui promettant de lui accorder toute faveur qu'il désirerait. Gentile, aussi désintéressé que modeste, remercia le Sultan et lui demanda de lui faire donner une lettre de recommandation pour le Sénat et rillustrissime Seigneurie de Venise. Sultan Mohammed acquiesça à son désir et le congédia^ avec de riches cadeaux : il lui donna le titre de bey et de comte palatin' et lui fit mettre au cou un collier d'or, ciselé à la turque, du poids de 250 écus

1. C*est ainsi qu*il faut entendre les termes dont se sert Raphaôl de VoUerra : c Joannes Bellinus Venetus, qui aulam curise Venetiarum ornavit, Turcis etiam adcersitus, deinde remissus, hoc tempore decessit. » Ànthropologiay col. 645. Commenlariorum urbanorum R. VolalerraniXXXVUIlib., Lugduni, 1552, in-folio.

2. La médaille de Sultan Mohammed, faite par Gentile Bellini et reproduite ci-coQtre, porte à Tavers : c màgni svltani màhometi. ii. impera- TORis. » et au revers, la lé^^ende suivante : « Gentilis Belenvs Venetvs EQVES AVRATVS COMES. Q. Palatinvs F. » Le premier de ces titres a pour équivalent, en Turquie, celui de Bey. Quant au titre de cornes palalinus^ il faut le prendre dans sa signification la plus large, celle d attaché au sérail^ à la maison impériale ; et non, comme une coïncidence historique, purement fortuite, pourrait le donner à penser, celle de comte palatin de Zante et de Céphalonie. On sait, en effet, que ce titre était, depuis le xiii* siècle, celui des Tocco, seigneurs de Zante et de Céphalonie^ que le dernier seigneur, Leonardo III, venait d'abandonner en 1479, à rapproche de Keduk Ahmed Pacha qui s'en empara, au nom du Sultan. Spandugino a raconté cet événement; apud Sansovinum^tol. 170, r. eiY.—V.VÉslrallo délia sloria inedUa aniica e moderna dalla ciUà e isola diZante^ insérée par Hopf dans ses Chroniques greco-romaneSy p. 340-5; Schefer, Le Voyage de la Saincle Cyté de Hienisalenij p. 45 ; Belin, Description géographique du golfe de Venise^ Paris, 1771, in-4. p. 157 et sqq.,et la note de Mûller, Documenli suite Relazioni délie cilla Toscane colV oriente... p. 480-1. Leonardo III Tocco, s'enfuit à Naples, et reçut du roi Ferdinand les fiefs de Calimera et de Briatico. Le 1«' avril 1495, Charles VIII lui donna celui de Monopoli. Hopf, même ouvrage, p. 530, où est publiée la

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d'oP) qu^on pouvait voir encore à Venise, chez les héritiers de Gentile, au temps de Yasari ^

Gentile Bellini, à ce moment, était occupé à mettre la dernière main au magnifique portrait du Sultan, de la collection Layard.

Dans ce portrait^ Mohammed est peint de trois quarts. Il est coiffé d'un turban et porte toute sa barbe. Les yeux, si on en juge par la photographie mise en tète de cette étude, paraissent quelque peu éteints ; le nez est fortement aquilin, les pommettes saillantes ; la moustache, épaisse, recouvre entièrement la bouche ; la barbe est longue et taillée en pointe, le cou fort et puissant '. L'ensemble du visage respire un caractère maladif. Il a d'ailleurs été peint six mois avant la mort du Sultan, qui souffrait de violents accès de goutte, et dont la constitution

table généalogique des Tocco. On trouvera de nombreux détails sur cette famille dans Erasmo Ricca, La NobiUà délie due Sicilie, Naples, in-4, 1. 1 (1859), p. 40-3 ; t. III (1865), p. 276-336.

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