‹ Gentile Bellini et Sultan Mohammed II notes sur le séjour du peintreChapitre 5 sur 29 · GENTILE BELLINO, PITTORE E CAVALIERE · texte numérisé non relu

GENTILE BELLINO, PITTORE E CAVALIERE

(ne|iro'iuilion dti initiait (niblit'- par Uidolfl dans ses Maravvjlie 'IvU'urle).

Le 26 janvier 1479, Giovanni Dario, secrétaire d'État du gouvernement vénitien, signait à Constantinople, avec Siillan Mohammed II, un traité qui cédait à celui-ci la ville et le territoire de Scutari, que son admirable résistance aux forces ottomanes n'avait pu sauver de la capitulation *. Elle avait eu toutefois ce résultat de maintenir intact Thonneur de la République et d'apporter dans les conditions de la paix certaines clauses qui étaient à l'avantage de celte dernière V

Le 25 avril suivant, jour de la fête de saint Marc, la paix était solennellement jurée, à Venise, par le doge et l'ambassadeur du Sultan, arrivé le 16 du même mois, avec une suite de vingt personnes. Celte paix, qui survenait après seize années d'une guerre redoutable, avait été accueillie avec la plus grande joie par la République, qui reçut avec honneur l'envoyé de Mohammed. Admis le 1 8 avril en audience par le doge Giovanni Mocenigo, il lui avait remis, au nom de son maître, un morceau d'étoffe d'un tissu léger, qui avait servi de ceinture au Sultan, le priant de s'en ceindre à son tour en gage de l'amitié étroite qu'ils se pro-

1. Hammer, Oeschichte des Osmanischen Reiches. Je suis la traduction française faite par Hellert sur les notes et sous la direction de Tauteur. Paris, 1830, t. III, p. 245.

2. Barletio, DelC assedio di Scutariy liv. III, fol. 309, aptul Sansovinum^ Ilistoria universale delV origine et imperio de' Turchi, Venise, 1600, in-4, et Sismondi, Hist. des Républiques iial. du moyen âge, (Paris, 1815, in-8), t. XIII, p. 154-7, et les notes.

mettaient mutuellement *. Durant tout le temps de son séjour à Venise, l'ambassadeur turc avait été Tobjet, de la part du gouvernement et des patriciens^ des atlenlions les plus délicates; mais il y avait répondu avec toute la morgue qui convenait au représentant du Grand Seigneur.

Le 1*^' août suivant, un juif, porteur d'une lettre du Sultan, arrivait à Venise. Mohammed demandait à lai Seigneurie de lui envoyer un bon peintre, habile dans l'art de faire les portraits, et conviait le doge à venir honorer de sa présence les noces d'un de ses fils. Le doge, tout en remerciant le Sultan de l'invitation qu'il avait bien voulu lui faire de se rendre à sa cour, la déclina, en invoquant les exigences de sa charge ; quant à l'envoi d'un peintre à Constantinople, il fut immédiatement décidé par le Grand-Conseil, qui désigna Gentile Bellini'.

C'était la seconde fois que Sultan Mohammed^ prince passionné pour les arts, les sciences et les lettres, et protecteur éclairé autant que magnifique de tous les talents, appelait à sa cour un peintre italien. En effet, plus de vingt ans avant, il avait chargé Girolamo Michieli, orateur vénitien à Constantinople, de demander au Seigneur de Rimini, Sigismond Pandolphe Malatesta, de lui procurer le célèbre Matteo de' Pasti, de Vérone,

4. Malipiero, Annali Veneti^ dans VArchivio storico italianOj t. VII, parte !•, p. 122. C'est ainsi qu'il faut entendre les mots du texte de Malipiero « un fazzuol sotily » et que les a traduits M. Scliefer dans le Voyage de la Saincte cyté de Hierusalemfait Van mil quatre cens quatre vingtz^ Paris, 1882, in-8, p. 7. Hammer prétend que cette ceinture était garnie de diamants. Op, cU,y t. III, p. 245.

2. Malipiero, Annali Venetiy p. 123. Dans le manuscrit autogrraphe de Marino Sanuto, intitulé: Sommariidi Storia v^ne/a, et conservé à la Marciana, de Venise, on lit, au fol. 88 : « 1479. Adi primo agosto, venne un orator Judeo del Signor Turco, con lettere. Vuol la Signoria H mandi un buon pittore, e invidô il Dose vadi a onorar le nozze di suo fiol. Li fu resposto ringraziandolo, e mandate Zentil Bellin ottimo pittor; quai andô con le galie di Remania, e la Signoria li pagô li spese, e parti adi 3 setlembre. »

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dont la grande repu talion de peintre et de médailleur était parvenue jusqu'à lui. Sigismond Pandolphe Malatesta s'empressa de déférer au désir de Sultan Mohammed et lui envoya Matteo de' Pasti, porteur d'une lettre de recommandation, écrite en son nom par Robert Vallurio, qui chargea le peintre de remettre au Sultan un exemplaire manuscrit de son de re militari^.

4. Celte lettre a été publiée pour la première fois parBaîuze dans ses Miscellanea, Lucœ, 1762, in-fol., t. III, p. 113, d'après le mss. latin 7236 de la Bibliothèque nationale. L'épitre à Sultan Mohammed II se trouve au fol. 200. Elle est suivie de la souscription suivante qui prouve que c'est un exemplaire manuscrit du De re militari que Matteo offrit au Sultan, l'édition originale de cet ouvrage n'ayant paru qu'en 1472, à Vérone. « Sigismundi Nicolai Alamanni hoc manu quanta valuil diligenlia scriplum opus et presentibtis posterisque demandatum anno Chrisii et Salva. ioris nostri 1463 » fol. 201, mss. sur papier in-fol. La Bib. nationale possède un second exemplaire manuscrit sur peau velin(n'' 7237) avec titre et encadrement en or et en couleurs d'un fort bel effet. L'épitre à Mohammed II se trouve au fol. 175 v. et 176. L'exemplaire imprimé de la réserve de la Bibl. Nat. B, 607, a la dédicace manuscrite en lettres d'or, les initiales en or et en couleurs et les figures coloriées. La dédicace c ad Magniflcum et illusirem Ueroa Sigismundum Pandulphum MalatestaMy splendidissimum Ariminensium Regem ac Imperatorem semper invictum » a été reproduite par Smith, dans sa Bibliolheca Smithiana, Venise, 1755, in-4, p. 128 et sqq. La lettre écrite à Sultan Mohammed par Robert Valturio pour Sigismond Pandolphe Malatesta, porte Ten-tète suivant : « Ad Illustrissimum et Excellentissimum Dominum Mahomet Bei Magnuni Admiratum et Sullanum Turchorum Boberti Valturii Ariminensis pro lllusiri et Magnifico Principe et Domino Sigismondo Pandulfo Malatesta^ cum librorum rei hujusce militaris ac Mathsei Pasli veronensis transmissione, Epistola. » M. C. Bernasconi a reproduit intégralement cette lettre dans ses Studj sopra la storia délia piltura italiana dei secoli xiv XV e délia scuola pillorica Veronese, 1864, in-8, p. 232; de môme M. C. Yriarte dans son ouvrage, Un Condottiere au xv* siècle. Paris, 1882, p. 386-7. En voici le principal passage relatif à Matteo de* Pasti, dont Maffei avait déjà donné un extrait dans son ouvrage : Verona lllustrata^ l. III, p. 364.

< Cum superioribus diebus et nuntiis plurimis et literis nobilis

Veneti Hieronymi Michaelis factus essem certior te admodum sculpturis ac cœlaturis ductilibus in memoriam praeteritorum excellentium virorum ac illustrium ducum ac imperatorum, quorum effigies admirari simili

Les termes extrêmement flatteurs dans lesquels était conçue cette lettre se trouvent justifiés par les ouvrages de ce maître ; malheureusement, il ne reste aucun document de son séjour à Conslantinople, et Ton ne peut ciler aucune œuvre, d'une authenticité certaine, qu'il en rapporta. On attribue, il est vrai, avec*

modo persaepe cogor^ cum rem mutam (lacune) loquentem prœsen-

tibus reddant et posteris, pracclara sane res mîhi visa est tantoque Principe digna ad immortalitatem comparandam, et quamvis cuipiam forsan levior videatur, eam tamen ego magni momenli magnique ponderis, tecum sen-

tiens fore judicem quamquam video Ciceronem nostrum harum rerum

cura scribere ad Atticum ut signa perquirat quibus omet academiam suam, ingenui et generosi quoque animi esse puto delectari illis rébus in quibus artificium manus spirantis ferme naturae similitudinem quasi virtutum incitamenta qua^dam expresserunt, quod Alexandrum, magnum Macedo-

num regem in aliter ac tu in hujusmodi fecisse percelebre est. Hic

enim quas modo diximus cupidissimus rerum, non ab omnibus pingi

vel se fmgi voluît. Quinimo edicto vetuit ne quis se praeter Apellem pingeret, aut alius Lisippo duceret aéra fortis Alexandri vultum similantia. Neque id ab re sed consulte quidem : Nam eodem teste auctore, nec magis expressi vultus per aenea signa quam per vatis opus mores animique virorum clarorum apparent. Qua in re cum Matfbseum Passum Yeronensem plures jam annos conlubernalem, et comitem meum, mirificum harum rerum artificem, ad te pingendum effingendumque mitti summopere postules, crebro virtutum suarum amore succensus, eum omnibus in rébus ila diligentem ut se mihi praestitit ac praebuit, summa scilicet fide, singulari modestia, et impari bac tempestate eruditione, meis maxime of- (îciis ac beneficiis ornatum et auctum a pluribusque nostrae hujus Italiae ac Galliae cupitum petitumque Principibus, et ad hune usque diem nulli concessum, ad te solum, sua etiam sponte, mittendum curavi. Et quamquam ipsius virtutum praestantia hominum hune abunde tibi commendet, eumdem tamen tolum in fidem et benevolentiam tuam trado atque ita commcndo ut majori cura, studio ac solicitudine animi commendare non pbssim. Tuum est igitur illum tua humanitate ac solita benignitate complecti, elc, »

Valturio, dans son De re militari^ dit, en parlant de Matteo, qu*il était « singolar nelia pittura, nella scultura e neir intaglio. ]» Perkins, Ilalian sculptorsy London, 1868, grand in-8, p. 216, n. 2 et t. II, p. 242, n. 2, delà trad. franc. d*Haussoullier, Paris, 1869, 2 vol. in-8. Voir sur Matteo de' Pasti la notice que lui a consacrée M. Heiss, dans les Médailleurs de la Renaissance, Paris, 1883.

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beaucoup de vraisemblance, la médaille d'argent de Sultan Mohammed, éditée par Tricaudel, et conservée au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de Paris, comme ayant été faite sur l'original de Matteo de' Pasti ; mais ce n'est là qu'une hypothèse qui aurait besoin d'être confirmée par des preuves indiscutables*. Or, jusqu'à ce jour, on n'a pu retrouver aucun document sur ce Jehan Tricaudet qui vienne aider à la solution de cette intéressante question.

Plus favorisé que son confrère de Vérone, Gentile Bellîni marqua son séjour à Constantinople par des œuvres qui, pour la plupart, sont perdues ou détruites, mais dont les plus importantes, à nos yeux, sont parvenues jusqu'à nous : je veux parler du portrait et de la médaille de Sultan Mohammed, dont il sera fait mention plus loin.

Lorsque, pour répondre au désir manifesté par Mohammed, le Grand-Conseil de Venise désigna Gentile Bellini pour se rendre à Constantinople^ il y avait déjà cinq ans que celui-ci travaillait à la réparation de la salle du Grand-Conseil et à la restauration des peintures qui, pour la plupart, étaient dans un état de délabrement complet '• Il s'était offert spontanément

i. Armand, Les Médailleurs italiens des xv« et xvi« siècles^ t. I, p. 17 et 24, note B. Cette médaille a été reproduite dans la Turquie de Jouannin et Van Gaver, Paris, 1840, p. 68 ; d'une manière remarquable dans le Magasin Pittoresque^ année 1868, t. XXXVI, p. 128, et par M. Heiss, dans les Médailleurs delà RenaissancCy fascicule Spinelli, 1885, in-fol., pi. VIII, n*l. Au revers de cette médaille anonyme, on lit en lettres creuses : € Jehan Trieaudet . (51c) de Selongey. a . feyt . faire geste . pièce. » Sur le champ circulaire saillant figurent trois tétes d'aigle tournées à gauche, deux et une. Sur cette médaille, Sultan Mohammed semble avoir de trente à trente-trois ans, ce qui reporterait Texécution de cette pièce entre 1460-1463, et concorderait avec la date de la souscription du mss. 7236 cité précédemment.

2. Malipiero rapporte qu'en 1474, on avait commencé à restaurer dans la salle du Grand-Conseil les peintures du combat naval entre la flotte vénitienne et celle de l'empereur Barberousse, « perché la era:cascà dul muro

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^ pour ce long travail, ne demandant comme rétribution de sa peine et deTemploi de son temps, que la concession de la pre-

^mière place vacante de courtier de TEnlrepôt, afin de subvenir à son entretien. Ce fut à la majorité de 126 voix contre 6 et 2 nulles^ que ce travail lui fut confié. Il devait se tenir aux ordres des provédileurs du sel qui, de leur côté, devaient lui fournir les couleurs et autres matières qui lui seraient nécessaires. Cette délibération avait eu lieu le 1"* septembre 1474*.

Une nouvelle délibération du Grand-Conseil, à la date du 21 septembre suivant, confirmait cette première décision, à la majorité de 319 voix contre 29 et 21 nulles, dans des termes à peu près identiques, avec cette différence, toutefois, qu'il était dit que Gentile Bellini s'offrait à faire le travail sans aucun

^salaire, mais qu'il priait humblement le Grand-Conseil de vouloir bien pourvoir à ses besoins d'une façon quelconque.

Le Grand-Conseil reconnut d'ailleurs le bien fondé de cette demande, car le deuxième procès-verbal contenait ce nouveau paragraphe : « Comme il est juste que tout ouvrier mérite son salaire, il est décidé que, pour prix de ses travaux, la première

^ place de courtier du Fondaco qui sera vacante, de par l'autorité de ce Conseil, lui sera conférée, savie durant, et que, s'il existe une décision contraire, elle soit suspendue, cette fois

da humidità e da vechiezza; > et que le travail avait été confié aux deux frères Bellini, qui avaient reçu, pour prix de leur travail, deux places de courtiers de l'Entrepôt avec promesse qu'elles auraient une durée de deux cents ans. Anuali Veneti, t. VII, p. 2, p. 663.

i: Le texte de cette délibération a été publié par M. Giambattista Lorenzi dans ses Monumenti Veneti per servire alla Storia del Paiazzo Ducale di Venezia^ Venise, i868, in-4, p. 85, 86. Mais le volume n'étant pas sous la main de tous les lecteurs, et de légères incorrections s'étant glissées pendant l'impression, je reproduis ce document à l'appendice, n^ 1, après l'avoir fait coilationner avec soin sur l'original .

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seulement*. » Ce désintéressement de la part d'un artiste, dont la réputation était établie et le talent pleinement reconnu, fut du reste un des traits distinctifs du caractère de Gentile Bellini qui n'eut jamais d'autres préoccupations que celles de son art, sans souci des avantages matériels qu'il aurait pu en retirer. Il donna, plus tard, à son départ de Constantinople, une nouvelle preuve de la noblesse de son caractère, à laquelle Sultan Mohammed rendit pleinement justice, ainsi qu'on le verra dans la suite de cette étude.

Gentile Bellini se mit aussitôt à l'œuvre et commença les restaurations qui devaient être fort considérables, car elles n'étaient pas terminées en 1479, lorsque le doge de Venise reçut de Sultan Mohammed la lettre dont il a été parlé ci-dessus, et dans laquelle, outre « un bon peintre qui sût faire des portraits », il demandait avec instance qu'on lui envoyât un sculpteur et un fondeur en bronze.

L'ambassadeur vénitien à Constantinople avait confirmé dans ses lettres à la Seigneurie ce désir du Sultan ; aussi le Grand- Conseil, désireux de répondre le plus vite possible à une requête aussi pressante , chargea les officiers des Razione Vecchie de chercher ce sculpteur « avec toute la diligence possible*. » Le

l.La traduction française de ce document a été donnée dans7a Gazette des Beaux-Arts^ 1866, t. XX, p. 281. « lacopOy Gentile et Giovanni Bellini, documents inédits trouvés par AI. de JUas Latrie et annotés par M. Emile Galichon. » Le texte original a été publié par M. Lorenzi, op. cit., p. 86; et par M. de Mas-Latrie dans la Bibliothèque de VÉcole des Chartes^ t. V, p. 206, 1869, sous le titre de « Testaments d'artistes vénitiens, » p. 204-9.

2. Le texte de ce document a été publié dans la Bibl. de VÉcole des Ch.y t. V, p. 207. Il y est dit que les officiers de Razione Vecchie « s'étaient, par le passé, occupés de semblables affaires ». G est sans doute une allusion à renvoi des fondeurs et des maîtres bombardiers fournis par la République de Venise à Ouzoun Hasan, lors de la guerre entre la Turquie et la Perse. V. Cornet, Le guerre dei Veneti nelV Asia, [i 47 0-4), Vienne, 1856, in-8, p. 44, 54, 66, etc. ; Berchet, La Republica di Venezia e la Persia^ Turin, 1865, in-8, p. 1 et sqq , etc.

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-^ choix de ces officiers tomba sur an certain Bartolomeo, dont le nom seul est resté, mais qui devait avoir alors une grande réputation dans son art, puisqu'il fut préféré à tous ses confrères^ fort nombreux à Venise. On s'occupa aussitôt de leur départ; mais avant, il importait de nommer un successeur à Gentile Bellini. Par une délibération du 29 août suivant , le Grand- Conseil jugeant qu'il était nécessaire que la restauration des décorations des peintures de la salle de ses délibérations fussent

^^continuées malgré le départ de Gentile, il décida que Giovanni Bellini se chargerait de ce soin, aux mêmes conditions qui avaient été convenues en faveur de son frère. Il était stipulé que Gentile, pendant son absence, conserverait néanmoins son emploi de courtier du Fondaco, et qu'à son retour à Venise, il serait tenu de reprendre les travaux qu'il avait dû quitter par ordre de la Seigneurie *.

Toutes choses étant disposées pour leur départ, Gentile Bellini et ses compagnons s'embarquèrent le 3 septembre sur la galère de Melchiorre Trivisano^ capitaine des galères de Roma-

^ nie. Celui-ci avait ordre de ne rien percevoir pour leur passage et de leur fournir gratuitement la nourriture ' : ces dépenses devaient lui être remboursées à son retour, ainsi qu'il fut fait '.

1. Le texte de ce document a été publié par M. Lorenzi, op. cU.j p. 88, 89, et dans la BibL de l'École des Ch., t. V, p. 207. Le récit de Vasari, inexact sur nombre de points, a été rectifié par son dernier éditeur, Gaetano Milanesi, à l'édition duquel je renvoie le lecteur. Le vile de'più eccellenli piUori... Florence, 1878, t. III, p. 164 et sqq.

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