‹ Gentile Bellini et Sultan Mohammed II notes sur le séjour du peintreChapitre 6 sur 29 · BibL de l'École des Ch,, t. V, p · texte numérisé non relu

BibL de l'École des Ch,, t. V, p

3. Ce document, encore inédit, est publié à l'appendice, n^ 2. Le voyage des agents vénitiens à Constantinople se fît exclusivement par mer jusqu'à la seconde moitié du xvi* siècle. On peut consulter à ce sujet l'intéressante étude de M. Lazari, Cenni intorno aile legazioni venele alla Porta Ottomana nel secolo A'r/(XH-xx), qui sert d'introduction au t. III de la III» série des Relazioni degli ambascialori Veneti al Senato. La distance de Venise à Constantinople est de 2,239 milles. Rosaccio : Viaggio da Venetia a Cons-^ ianlinopoliy Venise, 1606, in-8, p. 2. Par un bon temps et des vents favo-

Gentile Bellini dut débarquer à Gonstanlinople vers la fin du mois ; mais on ne sait rien de positif à cet égard. A partir de

râbles, le voyage pouvait s'effectuer en treize jours, ainsi que le remarque Belon, dans Le Second livre de plusieurs singularitez et choses mémorables observées en divers pays étranges^ Paris, 1553, in-8, chap. I, fol. 78. Le lecteur trouvera des descriptions de Venise, écrites de 1479 à la fin du XV* siècle, dans Hans Tucher, 1479, Reise in dof gelobte Landy Nuremberg, 1482, in-4, f. 1-4 (très succincte); une très intéressante, dans Faber, (1480) Fratris Felicis Fabri evagatortum in Terrx Sanctœ... peregrinalionem, édition deHassler, Stuttgart, 1843-9, 3 vol. in-8, t. III, p. 399-436, sous ce titre : c Nobilissimae urbis Venetianœ fidelis descriptio vel potius circumscriptio, quam ex diversis collegi descriptionibus, et nonnula auditu didici et multa experientia propria accepi. » M. Domienico Zasso a donné, en 1881, une traduction italienne, avec notes, de cette description, à l'occasion du troisième congi*ès géographique tenu à Venise au mois de septembre de la même année, sous ce titre : Venezia nel MCDLXXXVUl descrizione di Felice Fabri da Ulma, Venezia, 1881, in-4; dans Sancto Brascha, (1480) Viagio al Sepulchro (Milan, 1487, 2« édit. de 62 ff. non chiffrés, la \^ édit. est de 1481); dans le Voyage de lasaincte cité de Hierusalem... (1480), publié par M. Schefer (Paris, 1882), p. 11-29; dans Breydenbach (1483), Sanctarum peregrinationum in montem Syon... Mayence, 1486, in-fol., avec fig. sur bois, parmi lesquelles une curieuse vue de Venise, qui n'a pas moins d'un mètre cinquante de large. (L'auteur fait un récit très rapide de la ville où il ne resta que vingt-deux jours); dans le Voyage de Georges Lengherand mayeur de Mons en Haynavt (1485), publié par le marquis de Godefroy de Ménilglaise,Mons, 1861, in-8, p. 32-48 et 78-85; dans Harff, (1496-9), Die Filgerfahrt des Ritters Arnold von Harff ^ publiée par E. de Groote, Cologne, 1860, in-8, p. 41-50; dans Sabellico, De situ urbis Venetx ad Hierony. Donatum lib. très.,, s. 1. n. d., in-4, reproduit dans le recueil: Ualix illustratm seu rerum urbiumque italicarum scriptores varii... Francofurli, 1600, in-fol., etc. Voir également le « Discours sur le voyage d'Anne de Foix dans la Seigneurie deVenise, » par Pierre Choque, dit Bretagne, Fun de ses rois d'armes (mai, 1502), publié dans la BibL de l'Ecole des Ch., t. II, 5« série, 22« année (1861), p. 166 et sqq. On trouvera une curieuse vue de Venise dans le Supplementum chronicharum (sic) y Venise, 1490, in-fol., fol. 148; dans le Chronicon NurembergensCy 1493, gr. infol., f, 44; le petit bois du Fasciculus Temporumy Venise, 1481, in-fol., f. 37-v., n'esta mentionner que pour son originalité. Citons enfin l'admirable vue de Venise attribuée à Albert Durer, datée de Tan 1500 et dont le bois original est conservé au Musée Correr. Il ne mesure pas moins de l'n,c)6 en hauteur et 2'»,85 en largeur. A ce moment, Venise était à l'apo-

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ce momeDt, les documents authentiques font entièrement défaut ; et nous n'avons que la relation encore inédite de Jean-

gée de sa grandeur et de sa puissance. Ck)nslantinopley au contraire, après avoir été, de la seconde moitié du ix« siècle à la première moitié du x% au faîte de la prospérité, s'y maintint jusqu'à l'époque des croisades, où elle reçut la première et irréparable atteinte (1203), et marcha dès lors à sa ruine que devaient définitivement consommer les Tfircs en 1453. (Voir Bayet, Vari byzantiriy p. 115-240.) Pour les descriptions de Constantinople au XV* siècle, consulter, outre les historiens contemporains de Sultan Mohammed II, tels que Ducas, Phrantzès, Chalcondyle, Critobule (en grec), Barbare, Dolfîno (en italien), Puscolo, Léonard de Chios (en latin), e/c, qui ont parlé souvent avec de grands détails de cette ville, la relation de l'ambassadeur castillan, Ruy (Gonzalez de Clavijo, traduite par P. Mérimée, sous ce titre : « Constantinople en 1403 > et tirée de 1' « Historia del gran Tamorlan e itinerario y enarracion del viage y relacion de la embaj'ada que Ruy Gonzalez del Clavijo le hizo por mandado del muy poderoso rey y seiïor don Enrique iercero de Castilla. j» Séville, 1582, in-fol. Cet extrait a paru dans la c Sevtie générale de Varchitecture et des travaux publics, » de C. Daly. Paris, 1841, t. II, colonnes 161-173; la description faite en 1422 par Buondelmonte, que du Gange a insérée dans son Corpus hist. Byzantinœ, à la suite de l'historien Cinname. Paris, 1670, in-fol. , p. 179etsqq. — Page 178, se trouve une très curieuse vue de Constantinople, tirée du mss. de la Bibl. nat., fis. lat. n« 4825, fol. 36- 37, v. ; et qui commence ainsi : « Incipit Liber insularum archipelagi editus per Presbyterum Christophorum de Bondelmontibics de Florenlia, quem misit de civitate Rhodi Romam domino Jordano cardinali, anno Domini millesimo quadringentesimo vicesimo secundo » ; Chrysoloras, (mort en 1415), dont le témoignage est particulièrement précieux pour la connaissance des antiquités et des splendeurs de C. P. (Migne, Pair. Grœca, t. CLVI); Harff, die Pilgerfahrt, etc., p. 203 210 ; Angiolello, HisL Turchescay B. nat., mss. ital. 1238, fol. 64 v-66 v. Le Supplementum chronicharum cité précédemment, contient une vue de C. P.^ fol. 51 ; de même le Chronicon Nuremb. fol. 130, 274 et 290 v. Sur les constructions que fit faire sultan Mohammed dans la nouvelle capitale de son empire, voir Evliyà Efendi, Narrative of travels in Europa^ Asia and Africa^ translated from the Turkish by tke ritter Joseph von Hammer^ London, 1834, in-4, T. I, p. 49 et sqq. Parmi les nombreux travaux modernes, consulter Hammery Hist. de VEmp, OU., t. II, p. 384 et sqq., t. XVlII,p. 1 et sqq. et l'atlas; du même auteur, Constantinopolis und der Bosphoros, Pesth, 1822; c Le palais impérial de C. P. » de J. Labarte. (Paris, 1861, gr. in-8,) qui donne une bibliographie très complète sur la matière, et qui rectifie Hammer sur certains points ;

Marie Angiolello qui permette de donner quelques détails sur le séjour de Gentile à la cour du Sultan et de marquer le caractère particulier des rapports qui existèrent entre Vouvrier de Venise et son terrible Mécène*.

Jean-Marie Angiolello avait été attaché au service du prince Mustapha, fils aîné de Sultan Mohammed, et Tavait suivi dans les campagnes de Perse contre Ouzoun Hasan, dont il écrivit la vie. Après la mort de Mustapha, survenue en 1474, à Bozbazardjik, près de Nikdeh, en Caramanie* , Angiolello se retira à Constantinople, appelé sans doute par le Sultan dont il avait attiré Tat-^ tention et gagné la faveur *.

« Constantiniade ou description de C. P. ancienne et moderne composée par un philologue et archéologue,,, traduit du grec par M. R. > C. P. 1861, in-8; Constantinople ancienne et moderne, comprenant aussi les sept Eglises de TAsie mineure, illustrée d'après les dessins pris sur les lieux, par Th. Allom. Paris et Londres, s. d., in-4, fig. etc. Voir également Egger, VHellénisme en France^ Paris, 1869, in-8. {La Grèce en 1453), p. 431 et sqq. et la note 1 de la page 42 du présent volume.

1. « Hisioria Turchesca di Gio Maria Angiolello Schiavo et altri schiavi dalV annoi429 sin al iôi3. » Bib. nat., mss. fds. ital. n* 1238, in fol. Cette histoire, encore inédite, a été composée postérieurement à la relation d'Angiolello sur la vie et les gestes d'Ouzoun Hasan, que l'auteur a reproduite presque textuellement. Cette relation a été publiée par Ramusio, Secondo volume délie navigationi e viaggi, Venise, 1559, in-fol., fol. 66 et sqq. sous ce titre : € Brève narrationi délia vita et fatti delsignor Ussuncassano per Giovan' Maria Angiolello. »

2. « Il primogenito de' figliuoli di Macometh, e quello che aveva a

succéder ail' Imperio, fu Mastafà, giovine per ogni qualità molto slimato, il quai sul fior délia sua giovinezza mori in Leonico, per troppo usar con le donne. » Relazione di Andréa Grittiy oratore straordinario a Bayezid 11^ letta in Senato li 2 dicembre 1503, dans Alberi, Relazioni degV ambasciadori Veneti,... t. III, série 3, p. 18.

3. « Fece gran carezze a Gio-Maria Vicentino, Schiavo di Mustafa suo primogenito, il quale havea scritto in Italiano et in Turchesco la vittoria havuta contra Usumcassano Re di Persia, la quai noi havemo lelto » écrit Paul Jove: Informatione di P. Giàvio de le cose turchesche, fol. 209, apud Sansovinumy op. cit., et reproduit par Naudé, dans son Addition à l'histoire du Roy Louis XI, p. 287, dans les Mémoires de Philippe de Comines, édit. de Lenglet du Fresnoy, t. IV, 1747, in-4.

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C'est à la cour de Mohammed qu'il dut voir Gentile Bellini, sur lequel il ne nous a laissé que quelques lignes, mais qui sont du plus grand prix pour l'appréciation du caractère de cet artiste dont la franchise, l'indépendance d'esprit, la dignité et le désintéressement étaient les traits saillants. Gentile, alors dans ^ sa cinquante-troisième année, était dans toute la force de l'âge et la puissance de ses moyens. Le Grand-Cohseil l'avait désigné de préférence à son frère plus jeune que lui de deux ans, soit parce qu'il estimait, ce qui était vrai, que la nature de sou talent, quoique moins élevé que celui de Giovanni, se prêterait mieux aux compositions qu'il aurait à exécuter, soit pour toute autre considération.

Le tempérament artistique des deux frères présentait en effet des différences notables.

Essentiellement idéaliste, Giovanni tendait toujours à réaliser sur la toile le rêve de sa conception morale , et il paraît avoir y atteint le but tant désiré dans le type de la Vierge, auquel les plus illustres peintres, parmi ses contemporains, ont emprunté quelques traits. Gentile, au contraire, était plus réaliste; sa ^ précision matérielle à reproduire la nature morte ou animée, sa science à grouper dans une même composition de nombreux personnages tout en donnant à chacun d'eux sa physionomie propre, sa merveilleuse habileté à représenter le visage humain, lavaient désigné au choix éclairé du Grand-Conseil comme l'artiste le plus apte à exécuter les travaux que le Sultan allait lui donner à faire. C'est du moins le sentiment qui semble se dégager à la vue de celles de ses œuvres qui sont parvenues jusqu'à nous.. \ Arrivé à Constantinople, Gentile fut présenté, par le bayle de

la Seigneurie de Venise, à Sultan Mohammed qui lui fit bon accueil et lui donna, tout le temps de son séjour, des marques de l'estime particulière où il le tenait *.

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