VI INTRODUCTION
Dès 1788, quatre princes du sang, devenus depuis des adversaires acharnés delà Révolution, adressent au roi un mémoire qui a la prétention d'être un avertissement; quelle est sa conclusion?
« Les deux premiers ordres, reconnaissant dans le troisième des concitoyens qui leur sont chers, pourront, par la générosité de leurs sentiments, renoncer aux prérogatives qui ont pour objet un intérêt pécuniaire (1). »
A l'assemblée des notables, dans le bureau présidé par le comte d'Artois, dit un témoin, «le vœu général a été pour que les charges publiques soient réparties avec la plus juste égalité et proportionnellement supportées par les ordres. »
Treize voix contre deux décidèrent de demander au roi que le nombre des députés du tiers état égalât celui des deux autres réunis. Comment s'appellent ces novateurs (2)?
L'archevêque de Narbonne, le duc de Mortomart, le duc de la Rochefoucauld, le maréchal de Beauveau, le duc du Chàtclct, le comte de Ro-
(1) Introduction au Moniteur Universel, page 188. — Momoiro juvsenli'; au roi jnir M. lo conito d'Artois, M. le i>rinc(3 de Condô, M. lo duc de Bourbon, M. le duc d'Engliion, M. lo prince do Gonli.
(2) Arcliives do l'arme. Dùpèclie du biiilli de Virien, 2i décembre 1788.
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chambeau, le comte de Montboissier, M. de Saint- Ferréol, le vicomte de Radepont, M. Richard de la Pervenchère, tous des gentilhommes sauf un(l). Le 26 décembre delà même année, les ducs et pairs, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus élevé dans la noblesse française, se réunissent au Louvre. Au nombre de 30, ils signent un arrêté par lequel « ils supplient Sa Majesté de recevoir le vœu solennel qu'ils portent au pied du trône, de supporter tous les impôts et les charges publiques dans la juste proportion de leur fortune saji.^ exception pécuniaire rjuelconque. Les ducs de Luynes et de Mortemart sont chargés d'aller présenter ledit arrêté à Sa Majesté (2) ».
Dans les salons aristocratiques de Paris, à la veille de la Révolution, la mode est à la démocratie. « Le rôle de défenseur et soutien des droits de la nation... est trop beau pour n'être pas convoité!... Les dames... demandent aux hommes qu'elles admettent dans leur société les suffrages pour ceux d'entre eux qu'elles affectionnent (3). »
({) M. Gérard de Strasbourg, députa du tiers.
(2) Archives de Parme. Dépêche du bailli de Virieu, 29 décembre 1788.
(3; Archives do Parme. Dépèche du bailli de Virieu, 8 mars