‹ Geoffroy ChaucerChapitre 7 sur 60 · SA FORMATION POÉTIQUE · texte numérisé non relu

SA FORMATION POÉTIQUE

I. Etat de la langue anglaise vers 1360. — II. Chaucer à l'école de nos trouvères. — III. Sa poésie lyrique.

L'objet premier, on pourrait dire l'unique objet, de Chaucer dans ses vers a été la poésie elle-même. Il n'a pas cherché à influencer ses contemporains, ni à juger les événements, ni à réformer la morale, ni à présenter une philosophie . Il a voulu avant toute chose être un artiste. Pour le devenir, dans une langue encore bégayante, il a commencé par être l'élève le plus appliqué des maîtres étrangers. Un jour, sur le tard, ses dons d'observateur le surprendront en cours de route, et il se mettra sans préméditation à refléter dans son œuvre les figures et les agissements des hommes qu'il voyait, mais ce sera par curiosité amusée et non par désir d'action. Ecrire des vers qui aient du charme ou de la verve restera jusqu'au bout la tâche qu'il s'assigne. La formation de son art, l'assouplissement de sa langue et de son vers, auront longtemps été sa grande affaire. L'acquisition de la technique a employé plus de la moitié de sa carrière. Nul ne se rend compte de la grandeur de l'effort, à moins d'avoir été dans l'obligation souvent pénible de lire les

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