‹ Geoffroy de MalvynChapitre 121 sur 155 · XVIII. — AU PRÉSIDENT ANDRÉ DE NESMOND · texte numérisé non relu

XVIII. — AU PRÉSIDENT ANDRÉ DE NESMOND

Archives municipales de Bordeaux, ms. Delpit, f^ 105 V-106 r°, copie.

Le courrier Atlentide, ambassade des dieus, Ne fend si vistement de ses plantes ailées L'azur jaune doré des voûtes etoilées 4 [Ni] ne hache si prompt l'élément pluvieus, Qui souvant l'œil du monde esclipse de nos yeux, Il ne raze si tost les campagnes salées Et le seing flouronné des plaines emaillées, 8 Que le chagrin faict place au chagrin soucieus. La douleur a chés nous sa racine immortelle : Le ris, le jeu, l'amour et la jeunesse belle 1 1 Qui ne retourne plus, se mêle tout soudain. Quitte donc (mon Chesac) ceste idole pompeuse D'honneur et de sçavoir qui vainement t'abuse, 14 fet vis moy ce jourd'huy, car tu mourras demain. Vivamus hodie, cras morietnur.

A Monsieur de Cessac.

Cras moriemur.

Mon demain est venu, Cessac, à ton advis ;

Suis-jedonc mort ou vif? vif et mort, que je pense; Car en vivant je meurs, et mourant je survis, Meshui vivant adieu, mourant à mon offense.

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