‹ Geoffroy de MalvynChapitre 127 sur 155 · XXIII. — A LA REINE MARGUERITE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

XXIII. — A LA REINE MARGUERITE DE NAVARRE

Archives municipales de Bordeaux, ms. Dclpit, f" i8j r", copie.

Madame,

Ore que je n'aye jamais eu Jcest honneur d'avoir esté apellé en quelque part de vostre service, si est ce que j'ai eu tousjours une très particulière et du tout vouée affection à Vostre Majesté, tant pour estre yssue de ce glorieus et illustre tige de Valois dont vous estes aujourd'hui la pretieuse et vénérable reste, que pour estre accomplie de toutes sortes des grâces du Ciel et de la nature qui ont accompagné la faveur de vostre naissance, elabourées de vostre estude et de vostre mérite. J'en ay conceu ceste créance que le pris d'honneur et Tadvantage d'exceller par dessus les autres ne vous pou voit estre disputé par les siècles anciens ni modernes. Cela seulement, sans autre considération de vostre grandeur ni du peu que je suis, m'a donné la hardiesse de vous faire très humble suplicatiôn. Madame, de me vouloir céder le droit de prelation de quelques rantes et une petite maison qui s'apelle La Mothe, que j'ai acquises puis quinse ans ans ou environ près ma maison de Cessac, en la jurisdiction de Penne en Agenois. Ce me sera une très singulière faveur et de tant plus grande qu'elle procédera de Vostre Majesté, que je veus honorer et servir de tout mon cœur et autant que mon insuffisance ne m'en pourra point ester les moyens et les occasions. Et je prierai Dieu continuellement...

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