‹ Geoffroy de MalvynChapitre 138 sur 155 · Probablement Guy de Lestonnac (voir plus haut, n® XIV · texte numérisé non relu

Probablement Guy de Lestonnac (voir plus haut, n® XIV

distence des temps et des lieus n'a peu séparer, l'honeur et le mérite vostre avec le désir que j*ai de vous faire service, ce sont d'assésfortz argumentz pour m'induire à vous requérir de ne me refuser point TefFect de vostre bienveillance en un affaire qui est survenu dernièrement en ce Parlement. C'est que le sieur de Fiction ayant esté, par arrest du grand conseil, remis en son estât de conseiller en ceste court, sa restitution et reinstallation ne fut nullement debatue ni par moi ni par autfe, et pour ce regard il n'a point eu de contradiction. Mais comme il voulut prendre et jouir du rang et presseance auquel il pretendoit aussi estre restitué, j'estimay que je debvois dire sur ceste occurrence ce que l'honeur et bien de la justice et la dignité de nostre compagnie m'obligeoit à y représenter et remonstrer que ceste prétendue restitution n'estoit tant s'en faut plaine et entière, comme il estoit requis, mais qu'elle estoit bien fort manque et défectueuse, et encore plus honteuse pour ledit Pichon. Je ne m'estendrai point aus raisons qui furent lors par moi déduites, pour ce qu'elles sont comprises en ce cayer que je vous envoyé *. Elles avoent quelque autre visage lors que je les discoureus, pour ce que les grâces et les pointes, s'il y en avoit aucunes, avoent esté recueillies d'aucuns auteurs grecz et latins de la première marque, que j'ay voulu retrancher, afin que, si ceste renionstrance estoit leue ou recitée au privé conseil, elle fut plus aiséement entendue de toute l'assistance.

Je n'ai apporté en cest affaire nulle mauvaise intention contre ledit Pichon ni nulle affection à mon interest ou presceance que je pouvois disputer contre lui. Car c'est chose qui ne me peut venir en nulle considération, lequel des deus ou Malvin ira devant ou derrière. Je voi tant de jeunesse qui n'est pas encore esclose et personnes de si peu qui me précèdent, que je ne dois et ne veus faire nul fondement de telle ineptie que cela. Mais, à dire vrai, le public m'a grandement esmeu, le bien et l'honeur de nostre compagnie, l'infamie qu'aucuns pretendoent estre en nostre ordre, qui ne s'efface pas, ce me semble, par le restablissement dudit de Pichon, et encore moins s'il est restitué au rang et degré qu'il prétend. Je y ay procédé avec toute la droiture et intégrité qu'il m'a esté possible ; quel qu'en puisse estre l'événement, j'auroy ceste satisfaction, à tout le moins, que j'ay voulu bien faire. Ce que j'attens astheure de vous, Monsieur, et dont je vous requiers bien humblement, c'est qu'il vous plaise presanter celle que j'escris à Monseigneur le Qiancellié et lui faire voir ma remonstrance, afin qu'il soit informé des raisons et argumens que j'ay eu de ce faire, et, s'il vous plait, de soustenir ceste cause et l'estayer envers ledit seigneur Chancellier de vostre parole et des

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