‹ Geoffroy de MalvynChapitre 141 sur 155 · I.aetus sum laudari me abs te, pater a laudato viro · texte numérisé non relu

I.aetus sum laudari me abs te, pater a laudato viro

{Scen. Roman, poesis fragm. de Ribbeck, 2* éd., 1871, I, p. 8). — Ce vers a souvent été cité par les anciens: par Cicéron, Tuscul.^ IV, 67, Ad Famil., V, 12, XV, 6, par Sénèque, Epist., XVII, 2, par Symmaque, qui a dit : « Laudari quippe a laudato viro rara est merces ingenii » (Epist. libriX, éd. Fr. Juret, Parîsiis, Ex typographia Orriana, 1604, in-4°, p. 501. Cf. aussi p. loi).

j. Vers de Virgile, Bucol, VIÏI, 108, cité par Ausonf, Epist,, XXIV, 132 (vulg.), XXV (éd. Schenkl), XXVII (éd. Peiper).

yeuse. Oraiio Denwsthenis quœ longissima, eadetn et pulcherrima K Lespomes hesperides ne sont point plus dorées que toute la peinture de ceste lettre est belle, vive, riche et diverse. Non luscinia insolitudine Africana dulcius canticum adolescentiœ garriunty non olores apud avios fluvios carmen senecix mellitum œque mediianiur^. Les abeilles d'Hymète ont cuvé ce miel qui en distille, et si j'avois tousjours une telle nourriture, je ne porterois point d'envie à l'ambroisie de Jupiter. Vous avés tiré une infinité de beaus rejettons des plantes et pépinières de Pline, Ciceron, Lucresse, Virgile, Horace, et avec telle mestrise ut appareat eos exemptos esse, non evulsos, et semblent qu'ilz regerment plus heureusement dans vostre fons que dans leur terroir naturel. Vivent feîicius in alieno quant in sua, disoit un auteur de l'agriculture 3. Il me deplait bien que ces beaus vers que vous avés transplanté du troisième de Lucrèce, qui se raportent très bien à Epicure, selon le sens de ce poète, puissent prendre terre et racine chés moi. Il faut bien considérer l'esprit et l'ame du lieu et du ciel sous lequel on les remet. Vous avés de quoi suffisamment les placer dans vos parterres. Aussi en ces vers pressis vestigia signis 4, ce mot de signis signifie et comprend les livres, les escritz et les commentaires d'Epicure, et je suis encore une ligne blanche qui ne marque rien, et la faculté m'en est autant desniée comme ma volonté y seroit bien disposée. Car qui refuseroit de boire dans le hanap de l'immortalité ? De me réduire à vostre exemple, et je vous le jure ex animi sententia et more romano, ce seroit vouloir acoupler la tortue avec l'aigle et les faire voler per à per. La félicité d'escrire qui est excellente en vous et le labeur incroyable sous lequel vous ne ployés jamais me desconvieroent plustot de faire nouvelle entreprise que de m'y semondre. Nam quiipse facundus et musicus editioni alienœ prolectat audaciam ; consilio quo suadet exterret 5. Et pourrois je usurper plus justement envers vous ceste excuse que Pline l'oncle alleguoit à un autre : nohis omni via occurris ingens et longius submoves ingenii fascihus ^. Je vous ay bien dit quelquesfois que je trou vois nostre histoire merveilleusement sèche et aride, et qu'à mon avis elle n'avoit point encore rencontré son Thucidide ou son Tite Live. Et si j'etois capable de mètre la main à la plume et former

1. Pline le Jeune, I, 20, a dit de Cicéron : « Cujus oratio optimafertur esse quac maxîma. »

2. Apulée, Florides^ III, 17 (éd. Oudcndorp et Bosscha). — Malvyn a ajouté les deux fois la négation.

3. Je n'ai retrouvé ce mot ni dans Giton, ni dans Varron, ni dans Columelle, ni dans Palladius.

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