XXXVIII. — FLORIMOND DE RiEMOND A MALVYN
(5 novembre 1596.)
Archives municipales de Bordeaux, ms. Delpit, f"* 210 v°-2i2 r**, copie.
Je meure donc. Monsieur, si vous n'avés tort de vous gaber ainsin de vos serviteurs, comme vous faites par celle que j'ay trouvé céans à mon retour de la défaite du bon père Liée, que nous avons emprisonné. Il pétille et saute : si a il beau à faire, nous l'envoyrons lié et bayné en Angleterre. Ces yvrognes gourmans accourent à plaines voiles pour l'enlever.
J'ai soudain mis la main à la plume, qui sont mes seules armes ofFencives et defFencives, dont je me sçay encor mal ayder, pour vous respondre. A vous ouyr parler, Monsieur, on diroit que je suis quelque honeste homme ; vous me fériés enfler de gloire, si je n'avois encor assés de jugement pour recognoistre ou que vous me reguardés de l'œil
..- — de vostre amitié et non de mon mérite, ou plustot que le pouvoir que
y vous avés acquis sur moi vous donne ceste autorité de me dépeindre
tel qu'il vous plait. Je ne suis pas si amoureus de moi mesme que je ne recognoisse que tout ce que je dis ressemble un son de chalumeaus rompus ou les cris estranglés de la vois enrouée de ceste vieille sorcière qui est chés Apulée, laquelle ne peut se donner un pié de terre à tout • son plumage : Fïi bubo Pamphile. Sic edito stridore queruloy jam sut pericli-
tabîinda, paulatim terra résultat K Je n'ai pas esté si avisé (veu le long temps qu'il y a que je vous suis comme envieus pendu à la seinture) de retenir quelque chose de vostre douceur, qui coule de vostre bouche et qui se suit comme la mélodie des signes qui se haussent en l'air,
Cufn sese a pastu referunt et longua canoros Dant per colla sonos *.