‹ Geoffroy de MalvynChapitre 3 sur 155 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Dans la France du xvi^ siècle, les Parlements furent, autant que les collèges, les ouvriers de la Renaissance. Les chefs-d'œuvre de l'antiquité, mis au jour par les grands humanistes, y trouvèrent leurs lecteurs les plus passionnés et leurs admirateurs les plus fervents. Des amitiés, parfois illustres, entretenaient entre professeurs et magistrats une émulation féconde : savants commentaires, doctes remarques sur des passages controversés, échanges de livres et de nouvelles scientifiques étaient la matière habituelle de leurs entretiens ou de leurs correspondances. Entre ces cours souveraines, qui furent comme les foyers provinciaux de l'humanisme, le Parlement de Bordeaux brilla d'un vif éclat. A partir de 1530, il fut, avec le collège de Guienne, l'asile des Muses grecques, latines et françaises ; à côté de Montaigne et de la Boétie, il posséda des présidents, des conseillers, des avocats qui unirent à la science du droit la connaissance approfondie et l'amour désintéressé des lettres anciennes, et qui noblement consacrèrent leurs loisirs à les cultiver.

M. R. Dezeimeris, dans le magistral Discours où, d'une main ferme et élégante, il a tracé les grandes lignes du tableau de la Renaissance à Bordeaux, a mis en lumière ce rôle du Parlement \ Bien des figures esquissées par lui mériteraient d'être étudiées de près. Celle que j'ai choisie appartient à la seconde génération de ces magistrats humanistes, à cette période qui commence vers 1560 avec les troubles civils et que l'on pourrait appeler l'âge d'argent de

I . De Ja Renaissance des lettres à Bordeaux au XVIe siècle, discours prononcé à l'Académie de Bordeaux le 17 décembre 1863 par Reinhold Dezeimeris, Bordeaux, 1864, p. 20 et suiv. — Cf. du même auteur. Recherches sur la vie de Pierre de Brach, au t. II de l'éd. des Œuvres de ce poète, Bordeaux, 1862,

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