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56 CHAPITRH II
Le pocmc finit sur une invocation à Jupiter : la France atteste qu'elle n'a produit aucun des monstres de Tantiquilé, |;i et elle les énumère. S'il est vrai qu'elle fut toujours pieuse et chrétienne, que le maître des dieux lui accorde la paix et accorde à (Iharles IX un règne long et tranquille!
Après avoir lu ce poème de près de seize cents vers, les doctes conseillers au Parlement à quiMalvyn avait offert son petit volume, durent un peu sourire des épigrammes finales dans lesquelles des amis indulgents avaient encore ajouté des fleurs à la couronne tressée par les auteurs des pièces limi- |Li naires. Sans doute il était permis de louer le jeune écolier d'avoir Hiit choix d'un sujet aussi grave au lieu de s'amuser à des vers d'amour '. Mais le placer pour ce motif au-dessus d'Anacréon, le saluer comme la gloire du siècle ^, c'était pousser bien loin la complaisance. Non, décidément, le grand La Boétie qui venait d'expirer à Germignan, n'était pas près d'être remplacé, et ce poème où l'auteur déplorait le triste état de la bVance en proie aux désordres civils, ne ferait pas oublier de sitôt la belle pièce à Belot et à Montaigne K L'œuvre nouvelle témoignait de plus de bonne volonté et de fiicilité que de véritable talent. Ce n'était guère qu'une improvisation abondante et hâtive, une ébauche assez informe crayonnée sur les marges du code par un écolier peu attentif à l'explication des Pandectes. Nul plan, nul dessein arrêté et fermement suivi; des fragments cousus ensemble après coup ; des ornements poétiques entassés I sans goût et sans mesure; des comparaisons ou banales ou
1 . C'est ce dont le félicitent des liendécasyllabes signés P. PoY.