Gallia gemens y ly
Numina sunt eadem, sanguis cognatus utrisque,
iîîternum et junctae stabili sunt fœdere dextrae;
Hincque suum pugnax retinet Germania nomen.
II, V. 16-17 • ...Atque suo de nomine dixit
Franconiam.
Cf. Le Maire de Belges, Les Illustrations de Gaule et singularités de Troye, liv. III, chap. XVI.
2. Nicole Gille, Les très élégantes et copieuses Annales des très preux y très nobles et très chrestiens et excellens modérateurs des belliqueuses Gaules, Paris, 1536, in-fo, £054 vo et 7 vo.
$. Les neuf livres de Ferron avaient paru séparément chez Vascosan en 1550, in-8 et en 1554, in-fo.
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échauffée lorsqu'il a tenté de les célébrer dans la langue des dieux. Il serait injuste de ne voir dans ces deux morceaux que des amplifications vagues et creuses. Malvyn s'est efforcé d'être vrai. Sans doute il ne fait pas de la journée de Dreux, qu'il connut seulement par des relations, un récit complet et clair, comme pourrait nous le donner un historien de profession. Mais sa description du champ de bataille n'est pas entièrement fantaisiste ; il a assez nettement marqué les divers moments de l'action et l'intervention décisive de la cavalerie du duc de Guise. La narration du combat de Targon est encore plus précise : l'auteur l'a composée d'après des témoignages oculaires. Elle concorde avec celle que Monluc nous a laissée dans ses Commentaires, Il semble que Malvyn ait grossi démesurément l'importance d'un combat qui nous apparaît aujourd'hui comme une simple rencontre. Mais en exaltant le vainqueur, il exprimait, sans l'exagérer, la joie éprouvée par les Bordelais à la nouvelle qu'ils étaient enfin délivrés de la menace de ce Duras qui avait failli surprendre le Château-Trompette. Désormais libres de tirer du haut pays le blé et le vin nécessaires à leur subsistance, ils se persuadèrent que la déroute de quelques bandes dans l'Entredeux-mers avait autant fait pour le triomphe de la cause catholique que la victoire du duc de Guise et la diplomatie de Catherine de Médicis.
La Gallia getnens n'était qu'un essai, et un essai franchement médiocre. Il eut, du moins, cet avantage d'éclairer Malvyn sur la nature et les bornes de son talent. Loin de se laisser aveugler par les compliments de commande qui lui vinrent encore après la publication du livre ', il se rendit compte qu'il n'était pas fait pour traiter de grands sujets et
I. Il avait conservé dans ses papiers une pièce de vers français, dont l'auteur
qu'il devait se mettre en garde contre sa facilité. Il renonça donc sagement à l'épopée et fut désormais plus sévère pour lui-même. Sans doute, il ne put s'empêcher de donner encore carrière à sa verve féconde, et il griffonna des milliers de vers; mais il s'interdit de publier des œuvres qui n'étaient que desimpies ébauches. Volontairement il s'astreignit à ne cultiver que les petits genres à la mode, l'épigramme, le tombeau, la pièce liminaire. Il voulut aussi rimer en français et, pour y réussir, il se mit à l'école sévère de la traduction '. La poésie devint pour lui un divertissement laborieux qui tirait son prix de l'effort à faire et de la difficulté vaincue.
Deux ans après l'apparition de la Gallia gemens^ deux événements fort divers furent l'occasion pour les poètes bordelais de montrer leur habileté à manier le vers latin : l'entrée de Charles IX à Bordeaux et la publication du Tombeau à! Knvàuà. de Ferron. Malvyn laissa deux de ses amis, avocats au Parlement comme lui, dont les noms ont été déjà cités, Etienne de Cruseau et Maurice de Marcis célébrer, l'un
inconnu reportait sur son père tout l'honneur de ses succès poétiques. En voici les deux derniers quatrains :
De toi qui as ja vaincu Bien que jeune encores d'eage Le temps, la mort et leur rage Par l'effort de ta vertu, j
On ne dira seulement :
C'estoit l'honneur de la France ; Mais il a prins sa naissance D'un noble père et sçavant.
(Ms. Delpit, fo III VO-II2 fo.)
:. Voir à l'Appendice, nos vi et VII, deux traductions, l'une de l'élégie ^^ Solon :
Mvrj[xoTJvr,i; xaî ZtjvÔ; ' 0\m\j.tJ.om ayXai Tsxva...
que Malvyn a trouvée dans Stobée, l'autre d'une pièce d'Ausone (IdyîL, XV). ^^ ms. Delpit contient encore (f^s 299 vos-302 r") une traduction des préceptes co^" jugaux de Naumachius, conservés aussi par Stobée ; la copie en est trop mutîl^^ pour pouvoir être reproduite.
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ns une ode, l'autre dans un Prosphonemalicon l'arrivée i jeune roi dans sa bonne ville \ En revanche, il colla- )ra au Tombeau littéraire que le beau-père de Montaigne, : conseiller Joseph de La Chassaigne éleva en l'honneur de 3n collègue Arnaud de Perron ^ et fit imprimer en tête de i réédition posthume de ses Commentaires sur la coutume le Bordeaux ^ Tous les jeunes poètes contribuèrent à rendre
I. L'ode de Cruseau, intitulée Aquiiania, est un éloge « géographique » deBorleaux et de la Guienne. Elle est dédiée à Michel de l'Hospital. Elle a été réimprinée par Tamizey de Larroque (Revue des Bibliophiles, Sauveterre de Guyenne, :882, in-80) et par Ch. Braquebaye, Les peintres de V Hôtel-de- Ville de Bordeaux Comptes rendus des Sociétés des Beaux-Arts des départements y 1897), d'après l'éd. origilale : L'entrée du Roy à Bordeaux, auecques les carmes latins qui luy ont esté présentés tau chancelier. Paris, Thomas Richard, 1565, in-4ode 7 pp. (B.N., L b3» 173). — -a pièce de Maurice de Marcis, dédiée aussi au chancelier, et dont T. de Larroque
signalé un exemplaire à l'Inguimbertine de Carpentras (recueil 358 M), a pour ître : Prosphoftematicoti, sine de aduentu Christianissimi Régis Caroli IX in suam fbem Burdigalam, Mauricii Mardi Burdigalensis carmen. Ad eundem. Paris, Tholas Richard, in-40 de 6 pp. — A ces deux pièces de circonstance il faut en joindre le troisième en français : Cantique au Roy Charles \ \ IX nostre souuerain seigneur, ur sa nouuelle entrée, et bien venue \\ en sa noble ville, capitalle de Guyenne, et cité
Il Bourdeaulx : composé par M. Martin Thomas || Aduocat au Parlemêt d'icelle, et fa Majesté \\ présenté le Dimanche // d'Apuril ij6^ [la date est manuscrite], in-80
12 ff. n. chiff. Au 12e f. marque de libraire. Au-dessous: A Bourdeaulx, De 'Hprimerie de la vefve Morpain \\ i/^J. C'est un cantique très médiocre, en vingtjf strophes, qui paraît avoir été fait pour être réellement chanté. On y trouve un >gramme des fêtes et un éloge du roi et de la reine mère. Le seul exemplaire inu appartient à M. Henri Bordes, le très distingué bibliophile bordelais. 2 . Voir sur Arnaud de Perron la notice de M. Dezeimeris, en tête de son édition > Remarques de la Boétie sur le traité intitulé 'EptoTixoç (Public, des Bibliophiles de yenne, I, p. 87 et suiv.).
3- Joseph de La Chassaigne, conseiller-clerc le 7 juillet 1543, 5« président le
octobre 1568, mort quelques jours après le 27 juillet 1572. Il avait épousé '^rguerite deDouhetet il en eut Prançoisede La Chassaigne, qui épousa, le 22 septïbre 1565, Michel de Montaigne (dossiers Dast de Bois ville). C'était, d'après ^et et de Lurbe, « un homme fort studieus, et grand admirateur d'antiquité »,
« personnage d'un exquis et rare sçavoir et fort curieux de choses antiques. » E Lurbe, Discours sur les antiquités trouvées près le Prieuré S. Martin les Bourgs en juillet IS94' Bordeaux, S. Millanges, 16 19, 2^ éd., p. 68), amateur pas- ^tié, pas toujours très éclairé, d'archéologie et d'épigraphie (cf.C. ]uLUAîi,Inscrip'
plus éclatant ce pieux hommage à la mémoire de rhistorien continuateur de Paul-Émile, du juriste éminent, de lerudit ami de Scaliger et de Dolet '. Nous retrouvons ici les noms des avocats au Parlement qui avaient composé des pièces liminaires en tête de la Gallia genwis : Etienne de Cruseau, les deux Marcis, Pierre Paschal, auxquels se joignirent Pierre de Cruseau % Emmanuel du Mirail, Gabriel de Lurbe\ Iitienne de Maisonneuve •♦, Martial de Tibault ^ Joseph de Lauvergnac, Simon de I^nefranque, Pierre de Métivier *. Le vieux président Geoffroy de La Chassaigne, père de l'éditeur ", avait tenu à illustrer le Tombeau d'un distique lapidaire :
Corpus, mens, nomen, tegitur, residet, veneratur Urna, astris, orbi, morte^ fide, studio.
Un professeur au collège de Guienne, Jean Deniset, avait signé quelques vers. Dans le taudis décrit avec une verve
tt'oiis romaines Je Hordeaiix, I, 218, II, 3J4-335). Pierre de Brach a célébré sa bibliothèque dans son Hytinic de Ikmrdeaux (ùd. Dezeimeris, II, 98). La Boétie lui a dédié une pièce latine ((Havres de la Boette y éd. Bonnefon, pp. 215 et 358), Maurice de Marcis une épigramnie sur sa villa. Le président de La Chassaigne fai^it lui-même des vers latins.
1. On lit dans un votnm en prose qui termine le Tombeau : « Poetaî juvenes burdig. epitaphia ejus tumulo superaddidere, et tanti viri monimentum elegio hoc insigni ad tempus condecoravere. »