I. Mots barrés : s*il luy plaii, S
de celuy quy est absent, combien * que cest absant ayt obtenu rescript et indulgence du prince du temps de son absance. A plus forte raison, l'interdiction et privation de sa charge ne peut profiter audit de Pichon (provenant mesniement * des causes que Ton sçait) au préjudice de ceus qui ont bien, dcuement, laborieusement et plus longuement servy que luy. De semblables décisions les textes y sont formelz, comme aussy il en y a des exemples bien illustres à ce propos, desquelz, sans plus longue déduction d'iceus, la Cour pourra très bien remarquer Tequité de ceste proposition.
Qu'on le preignc au plus haut point que Ton voudra et que toutes choses conspirent en sa faveur, si est-ce qu'il seroit malaysé qu'avec raison et justice ledit Pichon peut estre colloque au degré qu'il prétend aujourd'huy. Le soldat dégradé des armes ne jouyt point du privilège des soldatz pendant le temps de son exautoration, ore mesme qu'il soit restitué, et mesmement s'il n'est point restitué aulx gaigcs et à la solde qu'il eut peu prendre sans sa dimission 3.
Ledit dcMalvyn sçait bien que ledit* de Pichon dira qu'il a esté restitué et remis en son estât par l'arrcst du grand conseil, car il n'a et ne peut avoir aultre deffence que celle là, pour ce que les lettres patentes du roy qu'il vouldroit alléguer en sa faveur, données sans partie et sanscognoissance de cause, se doibvent examiner suyvant ledit arrest du grand conseil et rcigler conformément à icelluy, de tant que le prince, en ce qui touche l'innoucence ou intégrité dudit Pichon n'a entrepris nulle particulière cognoissance de cest affaire et n'en a voleu prononcer, si ce n'est entant que les juges qu'il avoit luy mesme décerné en avoient cogneu et ordonné auparavant. Or, quant à l'arrest dudit grand conseil, il y a des argumentz et des inductions bien pressantes contre ledit Pichon en ce qu'il n'est point pleinement restitué. S'il y avoit pleine restitution, la calomnie eust esté declairée contre l'instiguant ou accusateur, ce qui n'a point estéfaict, et tant s'en fault que ledit grand conseil ayt prononcé sur la calomnie, comme il estoit nécessaire pour la plaine restitution d'icelluy Pichon, que, tout au contraire, par le mesme arrest ledit Pichon n'est nullement declairé innocent ny absous des crimes quy luy avoient esté mis sus et pour lesquelz il avoit esté condempné. Il est simplement remis en son estât, sans toucher le reng, ordre et presseance qu'il avoit lors de son interdiction ou celluy qu'il pouvoit avoir acquis, s'il l'avoit tousjours excercé. Il n'est