‹ Geoffroy de MalvynChapitre 81 sur 155 · réd. : aulx compagnies souveraines · texte numérisé non relu

réd. : aulx compagnies souveraines

mais de U mémoire de toutz les eages passés, c'est la saincleté et Tint»

grité, pour ce que les pièces qui les composent doibvent estre personn

graves, sainctes, sévères, comblées de suffisance, de doctrine et d'integrit

Nous sommes comme les gardiens et les trésoriers des lois divines

humaines. Le roy nous a consigné ce depost. Cest bien à la Cour d'avis

quelles personnes elle reçoit, et en quel lieu et en quel rang, pour en est

les dépositaires. Et quant il seroit ainsi que le dedans de nostre parlemei

ne fut partout » orné de si vifves clartés comme il seroit désirable, si est-<

qu'il est requis que le dehors et apparance en soit belle et spécieuse •

n'ayt nulle difformité notable. La justice est la règle de tous les aultn

estatz. Si elle se plie et se courbe, à quel modelle pourra on redresse

ce qui sera oblique et tourtu ? Ne fournissons point à l'envie et à la calon

nie les argumentz pour mesdire de l'honeur de ce parlement : ce ne sero

que luy bailler trop d'avantage si l'on voyoit en public * ledit Pichon estr

au premier lieu et plus eminent de ceste compaignie. On sera loing d

ce danger si on luy baille place céans selon le temps de son service. C

sera tousjours quelque mal ; mais le mal en sera beaucoup moindre.

Et s'il croyoit ses amys etbienveuillans, ainsi que ledit de Malvyn l'a ou

dire, ledit de Pichon se contenteroit de l'honeur qu'il a d'estre restably e

cercheroit bien tost ung successeur ou resignataire. La Cour en ordonnée

ce qu'il luy plaira ; mais ledit de Malvyn ne veut jamais parler céans, si l'hon

neur et la dignité de la justice ne le touche beaucoup plus que toutes aultr»

considérations. Il ne parle point comme partie, car il declaire de rechef qu""

ne l'est et ne le veut estre. Il en parle seulement comme conseillier c

céans, zélateur du service du roy, de la décence et honneur de ceste coir

paignie. L'affaire est si important qu'il mérite que la Cour y avise et^

donne ung bon et digne reiglement d'elle et dont l'exemple puisse par\;«

nir à noz successeurs et servir de loy et de monument honorable de nos«

intégrité. Il ne veut récuser personne, bien qu'il y ayt dix ou douze

messieurs les presidantz et conseilliers céans recuzés en ses causes, et

veut tenir récusés en ceste proposition les plus proches parens et all5

dudit sieur de Pichon. Bien désire roit il que s'il y avoit lieu de récusation:

que messieurs d'Alesme l'aisné, lequel l'a recuzé en toutes ses causes

des siens, le puisné, qui est alié dudit sieur de Pichon 3 , voulussent s'abste:^

d'estre juges en cest affaire.

De Malvyn.

Page 1