réd. : aulx compagnies souveraines
mais de U mémoire de toutz les eages passés, c'est la saincleté et Tint»
grité, pour ce que les pièces qui les composent doibvent estre personn
graves, sainctes, sévères, comblées de suffisance, de doctrine et d'integrit
Nous sommes comme les gardiens et les trésoriers des lois divines
humaines. Le roy nous a consigné ce depost. Cest bien à la Cour d'avis
quelles personnes elle reçoit, et en quel lieu et en quel rang, pour en est
les dépositaires. Et quant il seroit ainsi que le dedans de nostre parlemei
ne fut partout » orné de si vifves clartés comme il seroit désirable, si est-<
qu'il est requis que le dehors et apparance en soit belle et spécieuse •
n'ayt nulle difformité notable. La justice est la règle de tous les aultn
estatz. Si elle se plie et se courbe, à quel modelle pourra on redresse
ce qui sera oblique et tourtu ? Ne fournissons point à l'envie et à la calon
nie les argumentz pour mesdire de l'honeur de ce parlement : ce ne sero
que luy bailler trop d'avantage si l'on voyoit en public * ledit Pichon estr
au premier lieu et plus eminent de ceste compaignie. On sera loing d
ce danger si on luy baille place céans selon le temps de son service. C
sera tousjours quelque mal ; mais le mal en sera beaucoup moindre.
Et s'il croyoit ses amys etbienveuillans, ainsi que ledit de Malvyn l'a ou
dire, ledit de Pichon se contenteroit de l'honeur qu'il a d'estre restably e
cercheroit bien tost ung successeur ou resignataire. La Cour en ordonnée
ce qu'il luy plaira ; mais ledit de Malvyn ne veut jamais parler céans, si l'hon
neur et la dignité de la justice ne le touche beaucoup plus que toutes aultr»
considérations. Il ne parle point comme partie, car il declaire de rechef qu""
ne l'est et ne le veut estre. Il en parle seulement comme conseillier c
céans, zélateur du service du roy, de la décence et honneur de ceste coir
paignie. L'affaire est si important qu'il mérite que la Cour y avise et^
donne ung bon et digne reiglement d'elle et dont l'exemple puisse par\;«
nir à noz successeurs et servir de loy et de monument honorable de nos«
intégrité. Il ne veut récuser personne, bien qu'il y ayt dix ou douze
messieurs les presidantz et conseilliers céans recuzés en ses causes, et
veut tenir récusés en ceste proposition les plus proches parens et all5
dudit sieur de Pichon. Bien désire roit il que s'il y avoit lieu de récusation:
que messieurs d'Alesme l'aisné, lequel l'a recuzé en toutes ses causes
des siens, le puisné, qui est alié dudit sieur de Pichon 3 , voulussent s'abste:^
d'estre juges en cest affaire.
De Malvyn.