Mots barrés : et qui doit estre telle
la mort, de l'honneur et de Tinfamie, du mérite ou démérite, droitz, biens et facultés d'ung chascun ? Si d'aventure, lors qu'il sera présidant en audiance publicque, il s'agit de l'exaction ou concussion ou quelque mauvais debvoir d'ung advocat ou procureur qui soit présent » au barreau et qu'il soit besoing sur le champ en faire quelque remonstrance et en statuer selon la sévérité des lois, de quel front, de quelle autorité, de quelle voix pourra il censurer ou reprimer le vice, inciter les plus tardifz à l'honeur I et à la vertu, restablir par la gravité et innocence de sa vie et de sa parole [ la sévérité des lois anciennes et la discipline du palais ?
Ne prophanons point une chose si sacrée que les ministres de la justice. Les pièces et les membres en doibvent estre beaulx et au dedans et au dehors, et singulièrement les chefz doibvent, s'il est possible, non seulement se revestir d'honneur et de dignité, mais aussi en faire part à toute cestesuyte qui va après eulx. Leur preudhomie et suffisance les doit relever et illustrer par dessus toute la compagnie, voire mesmes que la lumière de kur vertu doit faire comme ung grand jour à l'entour de cens qui les acompaignent, quelque obscurité qu'il y puisse avoir en leur vie ou deffaut en leur suffisance. La justice est une vierge pudique et non souillée ; il n'en 6alt point prostituer la réputation. C'est le vray temple d'humanité et de religion qu'il ne faut point polluer. Il faut que tout juge et mesmement chef de compaignie * souveraine porte comme escriple en son front et en sa vie ces belles marques d'honneur dont Horace en quelque lieu a qualifié ung juge incorrompu et bien loing de ces basses, honteuses et sordides mesoageries de la justice. Les, sceptres des roys sont apuyés et honorés par la justice, et de ceste justice les parlementz en sont les colomnes. Vous leur ostés les soubassementz, sy les chefz et les principaulx ministres d'icelle sont couvertz de honte et d'infamie et partant contemptibles au peuple. Les liaisons, les ressortz et les enchesnementz du peuple avec le roy se font par le moyen d'icelle 3, laquelle, venant à perdre la reverance qu'elle doit avoir envers les subjets*, on sçait que la majesté du prince n'en est points! respectée et si redoutable. Les malheurs du siècle d'aujourd'huy Ven sont que trop fidèles et irréprochables tesmoings. Quelcun disoit que le sénat romain luy sembloit estre une assemblée de rois. On sera bien loing de parler ainsi de cestu[i]cy, lors qu'il paroistra en public ledit de Pichon y tennant lieu de présidant. Le tiltre le plus commun que l'on atribue aulx sénats qui sont souverains î non seulement de ce temps icy,