‹ Geoffroy de MalvynChapitre 84 sur 155 · ï« réd. : de longs et immenses déserts dépeuplés · texte numérisé non relu

ï« réd. : de longs et immenses déserts dépeuplés

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iceluy. Cest edit n'a point de frère, de compaignon » ny d'exemple ; et qu'on débrouille et déplie hardiment toutes les mémoires de l'antiquité, il n'y a point pièce qu'on luy puisse rapporter.

Les premiers et plus anciens théologiens du Paganisme, et entre autres Homère, nous enseignent qu'en leurs plus célèbres anniversaires des offrandes et sacrifices qu'ilz faisoent à leurs Dieus, voire en leurs festins, assemblées et autres solennités, si par mépris ou mesgarde ilz en oublioent quelcun de ce collège ^ qui n'y fut convié ou apelé, ilz faisoient aussi tost sentir leur indignation et vengeance 3. De là vint ce foudroyant 4 sanglier qui ruyna une partie de l'Arcadie et fut depuis tué par Meleagre, ce serpent qui couvroit neuf arpentz de son ventre et déserta toute la Thessalie, et 5 ce monstre fameus qui a rempli toutes les poésies et despeupla les avenues des rivages delà mer et rendit les marests inacessibles.

Et non seulement vengoent ilz leur injures, mais celles qui estoent faites à -leurs serviteurs et ministres. La peste ne cessa de fourrager l'armée grequc ^ qui estoent devant Troye, qu'Agamemnon n'eust rend ccste dame captive qu'il tenoit / entre les mains du prestre d'Apollon, so père.

De ceste discipline a coulé ^ le trait de ce Romain qui le rapporta a troubles qu'il avoit veu de son temps en l'Italie :

DU multa neglecli dedere Hesperiœ ttiiihî lucluosœ^.

Despuis que ceste prétendue a esté introduite en ce royaume, now ^ous avons non seulement veu, mais presque toutz senty les malheurs et

desordres qui l'ont ravagé. Nous marchons encore sur les pitoyabl -M^ -les cendres qui restent de noz embrasementz, lesquelles ces messieurs ta MP^^tnt qu'ilz peuvent veulent raviver et rallumer de nouvelles fiâmes.

Et possible en ont ilz quelque argument. C'est nous ou nos predecc seurs qui avons toléré et connivé à ces abus et leur avons laissé pren( racine dans le champ de la France, qui estoit auparavant la plus heurei contrée et la plus chrestienne qui fut au monde. Ceste funeste planti maintenant fortifié sa racine, grossi et consolidé son corps, s'est forjett

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