Horace, Od.,\\l, vi
en rameures et branchages, a estendu au long et au large son ombrage et occupe une partie de ce royaume, faisant avorter continuellement les fruitz de pieté et d'innocence que noz ayeus souloent y recueillir.
Qux îatas arhor prxbet spatiantihis umhras, Quo posita est primum tempore, virga fuit :
Tune poterat manibus sutnma tellure revelli ; Nunc stat in immensum viribus aucta suis ».
Les rois, les princes, les magistratz, les pasteurs n'y ont pas pris garde comme ilz debvoent, et plusieurs d'entre eus l'ont cultivée et l'ont an-ousée. Illenefasto te posuil die 2. Il est donques bien raisonable, si Dieu n'a pitié de nous 3, .puis que nous avons toutz contribué à fomenter ce mal, à tout le moins à le laisser croistre, que nous en souffrions, et puis que nous avons eu part à l'acroissement, que nous ayons part aus fruitz de l'heresie.
Nos premiers prelatz, qui avoent veu 4 naistre ceste vipère toute enflamniée de rage et de venin et qui presageoit assés qu'elle seroit fatale à cest Estât, pouvoent sans nulle peine, pourveu qu'ilz eussent gardé quelque ordre et discipline, l'etoufer et l'etaindre dans son berceau (la deffaite en estoit facile 5), sans emprunter les mains d'ung Hercule.
,.,Cape saxa manUy cape robora, pastor, Tollentemque minas et sibila colla tumentem Dejice ^.
Mais à quoy faire ceste plainte, puis que nous en sommes venus à ce
point que ceste prétendue religion 7 ne se veut seulementavancersur nous,
ne se contente point de vouloir deborner nostre champ et arracher les mo-
numentz de nostre possession, mais se la veut toute aproprier ? Car c'est
enfin ce qu'on dispute et ne se peut dire ^ autrement. Les lieus, les endroitz,
les villes et les places et dedans et dehors le royaume où ilz ont authorité
^^ font une preuve si certaine que c'est folie, stupidité 9 ou malice d'en
^^uloir doubter et encore plus d'en recercher les exemples.
^- Ovide, Remed. Atnor.^ 85-89.
^* Horace, Od., II, xiii, r. — Citation ajoutée après coup.
^ • Membre de phrase ajouté.
"4-- I* réd. : ont veu.
Sol" réd. : l'etoufer et Vetaindre et sans emprunter les mains d'ung Hercule,
^« Virgile, Géorg.f III, 420-422.
^«. Mot barré : reformée.
^ « I* réd. : faire.
^, Mot ajouté.
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Ilz ne seront pis satisfaitz d'avoir sur la religion catholique * le droit |-r? d'aisnesse qu'ilz luy emblent par cest edit, de partager et lotir avec die en commun les honeurs ' , dignités et charges en ce royaume, jouir des privilèges et exemptions qui luy apartienent, s'ilz ne la dégradent enfin du tiltre d'honeur qu'elle mente, s*ilz ne la dessaisissent de son principal manoir, qui consiste en ce royaume de France, et s'ilz n'effacent ses armoiries, comme ilz ont desjâ commencé à faire, qui sont elevieset engravées en toutz les cndroitz d'icelluy.
...Exuviasqtu cmnrs Uctumque ji^alem abolere parât J.
On a marié la religion catholique avec l'Estat dés la naissance de ce royaume. Ce mariage Ta rendu illustre et exalté par dessus toutz Vcs sceptres de la terre. II y a eu des empires et seigneiuries et jadis ^ aujourd'huy mieus policées et disciplinées que la nostre, et si la vaillati>^^ paroit plus en l'ordre qu'en la fureur, il y a eu maintz peuples pl^^ vaillantz que nous. Mais nous avons surmonté toutes les nations ^ monde en infinis exemples de pieté, saincteté, dévotion et zèle à lar^^' gion catholique. Et nous nous priverons de nostre gré de ceste louac^Lg^ (le plus beau fleuron de nostre courone), qui nous est propre, unique ^^ singulière et incommunicable à toutz les autres !
11 y a bien plus : c'est qu'il faut que nous sellions de nostre v( autorisions de noz opinions, confirmions par nostre approbatioi divorce de ce mariage, que nous solennisions les nopccs et 4 triomph( l'heresie et que nous venions purement et simplement $ par ung edit petuel et irrévocable à my partir l'honeur de Dieu en ce royaume ^.
Et quand aurons une fois passé cest edit 7 , qui voudra repoi^^dre qu'ilz ne jetteront plus loing leurs desseings, qu'ilz ne tascheront p^=)int