‹ Geoffroy de MalvynChapitre 89 sur 155 · Virgile, £n., II · texte numérisé non relu

Virgile, £n., II

gneu ^ Ee neaumoins il est à craindre qu'il n'y eat jamais comète si ardente et si allumée en flammes et maladies dangereuses à ung Estât que cest edit, fnorbos pestemque ferens mortalihus xgris ',

Tout le fais donques 3 est tombé sur les courtz de parlement, qui ont dégénéré de beaucoup de la vigueur, du lustre, du mérite et de l'autorité 4 de leurs prédécesseurs. Puis que c'est 5 à nous de courir seuls '^ceste fortune et servir de barrière contre l'impétuosité de ces nouveaus croyans, disons que cest edit, pour estre trop préjudiciable au service de Dieu, ÙL la religion catholique, au bien et repos de cest Estât et au service du prince, doit estre unanimement rejette.

Premièrement, toutz les sages ont dit que la religion est fondement de toute société civile. N'ébranlons point donques noz fondementz, affin de ne faire verser par mesme moyen la puissance 7 politique. Je n'apeleray I>oint le tesmoignage des lois greques, romaines et étrangères, ny l'autorité des particuliers, entre autres ceste belle harangue de Mécène à Auguste dans Dion 8, pour ne redoubler l'ennuy qu'on pourroit avoir de cre trop long cfiscours 9 et que ceste plage a esté courue et descouverte par d'autres qui ont marqué heureusement leurs brisées ^o.

Secondement, il ne doit pas estre loisible " au premier esprit ambitieus, "venteus, melancholique, au premier moine à qui la quinte prendra et au premier songeur de ravauder les fatras et les " haillons moisis tirés de l'egout des hérésies, qui possible en quelque endroit seront repolis de quelque nouvelle façon et retintés de quelque autre invention ^3^ et les revandre après au peuple et à la suyte mettre toutes les provinces en armes et en feu.

Il n'y a que le Prince, et le magistrat souverain, avec le conseil que r>ieu luy a ordonné, qui puisse faire et dresser des polices, des lois et

J. Passage barré : Cest edit neautnoins a este composé par sept ou huit conseillîers d* Estât pour ^^ ^hs, assemblés de l'une et de foutre religion. Ce siècle infertile de vertus ne produit plus d'Am- ^^'cnses ny (i* rcd. : et) de Benevols.

■2. Virgile, En. y IX, 274. Le vers est :

Ille sitim morbosque ferens inortalibus aegris. 5> Mot ajouté.

4« I* réd. : du mérite de leurs prédécesseurs.

Page 1