‹ Geoffroy de MalvynChapitre 93 sur 155 · Mots barrés : de l'empire · texte numérisé non relu

Mots barrés : de l'empire

Nous baillerons donques le cousteau à Theresie comme à ung furieus

pour nous esgorger, et comme si elle n'estoit pas assés puissante, nous

ordonnerons qu'elle s'armera » d'ongles el de dents pour nous déchirer

d'autorité, pour nous maistriser et d'une aleinc vénéneuse et dommageable

pour nous infecter !

Dum spectant octilos Ixsi Jœdnntur et ipsi, *

Le point donques de nostre salut gist, en matière de la foy, d'estre fermes et ne voltiger pas 3 au gré de mille nouvelles opinions, et sembler i ces statues de Daedale dans Platon qui n'ont point de siège, demeure oy d'arrest. La carrière de l'erreur n'est jamais limitée et n'a point de bout, et qui suyvra ses devoyements ne pourra terminer + son voyage. Il n'y a celuy qui ne donne quelque pris à ses folies, qui n'adore ses songes et n.' idolâtre ses inventions. Demeurons 5 immobiles en la maison de nostre ïïxiért l'Eglise; elle nous a tousjours bien logé et bien nourry, doucement li^bergé. Hic optime tnanebimus, comme disoit ce capitaine ^ romain à ses »ldatz, qui vouloent abandonner Rome, leur demeure naturelle, pour se étirer à Veies, ville de nouvelle conqueste 7.

Quoy donc ! pourra dire quelcun, serons nous cause de troubler quelque

. Viose en ce royaume ? le rembraserons nous encore de ses feus ? le rejet-

^rons-pous en la tourmente d'où il ne fait à grand peine ^ que d'eschaper

*t le recouvrirons-nous des monceaus de ses ruines ? Servirons-nous

wsjours de prétexte aus desseings ambitieus d'aucuns qui couvent 9 tous-

jciwrsle desordre et le déménagement de cest estât ? Irriterons-nous »« cest

"Uàlcère par ung attouchement " violent ? Puisque les remèdes les plus aspres

n*ont peu servir à sa guerison, ne se doit-on pas ayder de cens qui sont

lenitifs ?

L'expérience de trente ou quarante ans de troubles en ce Royaume nous peut avoir apris que les sièges, les batailles, les meurtres, les occisions

-'- !• réd. : nous l'armerons.

^' OvroE, Remed. Amor., 61$. Voici le texte exact :

Dum spectant oculi laesos, Iseduntur et ipsi .

** peut conjecturer que la modification introduite par Malvyn en citant ce vers de mémoire ^* «Ue à une simple inadvertance de plume.

3 - !• réd. : Il ne faut dotiques jamais au suhjet de la foy voltiger au gré,., "*^- ï« réd. : n'achèvera point. — Addition depuis et sembler jusqu'à voyage. '^ Adots barrés '.fermes et.

• X* réd. : centurion.

^^ TiTE-LiVE, V, 55.

X* réd. : encore.

^" !• réd. : cerchent. — La phrase entière est une addition.

^^ - Mot barré : tousjours.

■*^ * Mot barré : plus.

n'estoit pas l'emplastre propre pour apliquer à ce mal. Il * vaut mieus sau ver une partie du corps, si faire se peut, que cruellement et avant le tempj la couper et le retrancher.

Il n'y a rien de si heureus que la paix, rien de si formidable que h guerre, mesmement * intestine, et sur toutes celle qui se fait pour 3 la religion, qui est à nous plus griefve, qui4 sommes desarmés, qu'aus autres 5. et qui ne jouyssons d'autre autorité que celle que la paix nous donne.

Que les vieilles riotes sont difficiles à démêler et qu'il en faut sortir le mieus que l'on peut, et qu'il faut céder aus nécessités publiques qui persuadent quelquefois l'impossible ^.

Que nous sommes touts concitoyens, qui respirons ung mesme air e: mesme liberté soubz mesme prince et mesmes lois; que nous debvon-É compatir les ungs avec les autres ; que la conscience ne se peut forcer n~ la Religion commander ; que comme ces différentes opinions ont glisss dans cest Estât par la permission de Dieu, qu'il se pourra faire qu'elle s'evanouyront de mesme quand nous nous en rendrons dignes et q\m sa divine bonté sera apaisée ; qu'il y a des articles favorables en cer Edit pour les catholiques, 7 non compris es précédents editz.

Il me semble que j'ay ouy bien prudemment et gravement discour—: ces raisons céans ou à plus prés, lesquelles sont de pois et de choi^ toutesfois, si je ne me trompe, la balance pèse plus de l'autre part.

Auguste disoit communément ce mot : Catone hoc confenti esse deMmus quand il vouloit signifier 9 qu'il ne faloit rien innover en Testât preserra tout ainsi que Caton n'avoit pas voulu permettre l'innovation en son siè et avoit esté tousjours asserteur de la liberté de la republique. Je pareillement »« qu'il ne faut rien, innover en Testât présent. Que ceus d

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