IMPRIMÉS ORNÉS DE GRAVURES PAR TORY OU SES ÉLÈVES
On voit paraître pour la première fois , dans les livres d'Heures que publia Simon Vostre vers 1 5 1 5 , trois gravures qui se distinguent complètement, par le faire, de celles employées jusque-là parle même libraire, et auxquelles les trois nouvelles furent jointes depuis.
A partir de ce moment les Heures de Vostre renferment trois sortes de gravures : 1° les vieux bois gothiques (parmi lesquels il faut ranger la Danse des morts à fond criblé) qui figurent déjà dans les éditions données par
I. Je dois ce renseignement à M. Vallet de Viriville, qui s'occupe de rechercher les œuvres de Jean Fouquet, comme je recherche moi-même celles de Tory.
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ce libraire dans le XV^ siècle; 2° onze grands sujets dans le genre de la Renaissance, qui paraissent dans ses éditions dès iSoy, et qu'on pourrait attribuer à Jean Perreal, le maître de Tory; 3° enfin les trois sujets en question, qui ne paraissent qu'en 1 5 14 ou i5i5. Ces sujets sont : 1° V Adoration des bergers, signée de la lettre G dans un écusson gothique; 2° V Adoration des mages, et 3° la Circoncision, ces deux dernières signées du G dans lequel est un F. Le G est encore un peu gothique; mais la seconde lettre est parfaitement romaine ^^. Il faut traduire, suivant moi, ce monogramme parles mots Godofredusfaciebaî ou fecit. On a contesté, il est vrai, cette attribution à Tory; mais Jules Renouvier, dont le goût était si sur, et qu'on ne peut taxer d'engouement pour Tory, n'a pas hésité à adopter mon hypothèse. « C'est dans les dernières Heures de Vostre , dit-il dans la brochure qu'il a publiée sur ce libraire, qu'on aperçoit, à côté des anciennes planches dans la vieille manière française, qui n'ont pas encore disparu, des planches dans les manières italienne et allemande, des sujets traités dans un sujet tout renouvelé : ÏAdoration des bergers, V Adoration des rois , la Circoncision, sont composées de petites figures dans une grande scène; le dessin, dans ses formes savantes, y a repris toute sa gentillesse, et la taille en est faite avec autant de nombre que de soin. Ici, heureusement, ajoute Renouvier, un monogramme nous permet d'en faire l'attribution. C'est un G seul, ou renfermant un F, inscrit sur un écu ou un cartouche suspendu à un branchage. On l'a revendiqué pour Geofroy Tory, et c'est à bon droit, car la manière dont ces planches sont faites concorde avec ce que nous connaissons de cet excellent artiste. »
Peut-être est-ce à ces gravures si bien réussies que nous devons attribuer la prédilection que Tory montra depuis
228 Troisième Partie.
pour les Heures, dont il publia, comme nous avons vu, plusieurs éditions en différents formats, et avec un nombre considérable de bois gravés par lui-même.
Ici se place le second voyage de Tory à Rome (voyez la i""* partie, Biographie, p. 12), d'où il revint plus Italien que jamais, en fait d'art.
i5ig-i520.
Sous cette date, qui est celle où Tory travaillait aux manuscrits que j'ai décrits plus haut. Je placerai, quoique d'une manière dubitative, deux petits bois signés des lettres GT, qui figurent dans la publication de M. Varlot intitulée : Illustration de l'ancienne imprimerie troyenne (in-4°, i85o). Ce sont les n°^ 84 et i3i, le premier dans le genre criblé, le second dans le genre renaissance. L'attribution est fondée sur ce que ces gravures sont du temps de Tory, comme on peut l'induire de celle dans le genre criblé, et que les initiales G T conviennent parfaitement à cette époque de la vie de notre artiste, qui signait quelquefois aussi au long Geofroy Tory, témoin ses Heures de 1524.
La première de ces gravures, le n° 84, représente une Descente de croix. Les lettres G T sont placées au bas de la planche, et à une certaine distance l'une de l'autre '. Dans le même recueil se trouve une autre gravure de la même série, mais non signée, sous le n° 78. Elle représente un évêque bénissant un malade étendu tout nu devant lui. Ces deux bois ont 48 millimètres de largeur sur 62 de hauteur.
I. Cette gravure a été reproduite par MM. Alexis Socard et Alexandre Assier dans leur ouvrage intitulé : Livres liturgiques du diocèse de Troyes, in-8", 1863.
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Le no i3i représente une scène de Térence. Les lettres G T sont réunies au bas de la gravure, qui a 33 millimètres de hauteur sur 55 de largeur. On trouve dans le même recueil, sous les n°^ i32 et i33, deux autres bois de la même série , mais non signés. Enfin , dans une édition d'Esope , publiée dans ces derniers temps à Troyes par l'imprimeur Baudot, on trouve un bois provenant probablement de la même origine, et qui s'est fourvoyé là par hasard. Ces quatre pièces proviennent évidemment d'un Térence de petit format. Je n'ai pu découvrir cette édition.
Je placerai sous cette date un frontispice in-8", formant cadre, gravé pour Simon de Colines, et portant sa marque et ses initiales. Cet imprimeur, qui succéda en i5 20 à Henri Estienne, I" du nom, dont il épousa la veuve, désira signaler ses impressions d'une manière particulière, et s'adressa pour cela à Tory, qui était un ami de la maison. Celui-ci grava le frontispice en question, dans le genre criblé, fort à la mode encore, et sur lequel on voit des lapins ou conils , qu'on croit une allusion au nom de Colines (voyez ce que je dis à ce sujet plus loin, § 3, au mot Colines). La marque de Tory paraît en blanc dans le bas et à droite delà gravure. J'ai vu cette gravure sur un Epitome des Adages d'Érasme, en latin, imprimé par Simon de Colines en i523, in-8°, sous ce titre : Johannis Brucherii Trecensis Adagiorum ad sîudiosx jiiventutis iitilitatem ex Erasmicis chiliadibus exceptoruin epitome.
C'est probablement aussi Tory qui a gravé la grosse marque aux lapins, de Colines (Silvestre, n° 79), qui est dans le même genre, et qui paraît sur les Heures de 1524; mais elle ne porte pas la double croix.
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Tory grava encore pour Colines deux autres marques d'un style bien différent (Silvestre, n°^ 80 et 329), et une foule de cadres et de sujets pour ses livres.
Colines est certainement l'imprimeur qui a le plus occupé Tory, comme on le verra par la suite. Cette circonstance me porte à croire que Lottin est dans l'erreur en lui donnant le titre de graveur de caractères, lui attribuant sans doute la gravure des gracieux italiques dont il se servait dans les ouvrages en vers : je suis convaincu que ces caractères sont l'œuvre de Tory. Je ferai toutefois remarquer que les majuscules de ces italiques sont romaines, et peuvent appartenir aux caractères romains que Simon de Colines tenait d'Henri Estienne; mais ils sont ornés de lettres de deux-points blanches, d'un goût charmant, qui sont certainement de Tory, comme les lettres fleuries de Colines et de son beau-fils Robert Estienne.
I. Tory grava encore pour Simon de Colines un magnifique frontispice destiné à un ouvrage fort rare , et que pour cela je crois devoir décrire avec détail ici (d'après un des exemplaires de la Bibliothèque impériale), car son existence a été mise en doute i.
Ce livre est intitulé : Commentarii initiatorii in quatuor Evangelia. etc., sans nom d'auteur sur le titre, mais de Jacques Lefèvre d'Etaples, comme on le verra plus bas. C'est un in-folio, composé de 6 feuillets liminaires non numérotés, et de 377 feuillets numérotés, soit 192 feuilles, divisées en 5o cahiers de 4 feuilles, sauf le premier, qui n'en a que 3. Les signatures vont consécutivement de a
1. Voyez ce que j'ai dit de ce livre dans le Bulletin du Bouquiniste, 1860,
p. lOI.
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à ddd. Le texte des Evangiles est en gros caractère (saintaugustin), les commentaires en petit caractère (cicéro), dans lequel on voit figurer un fort beau grec avec accents, ce qui était encore une nouveauté à cette époque.
Le titre est dans un grand cadre gravé sur bois, orné des symboles des quatre évangélistes, au-dessous desquels on a imprimé un passage de leurs œuvres. Ce cadre, qui est signé, dans le bas, à droite, de la croix de Lorraine, a o'" 225 de hauteur sur o"" 166 de largeur.
Au second feuillet liminaire commence la préface de l'auteur, sous ce titre : « Jacobi Fabri Stapulensis ad Christianos lectores in sequens opus Praefatio. » Cette préface se termine au 4<= feuillet liminaire par la date : « Meldis, anno M.D.XXI. » Suit une concordance des quatre Evangiles, en forme de tableaux , clos en haut et en bas par des pièces gravées, mais non signées.
L'Évangile selon saint Matthieu , qui ouvre le livre, commence par un magnifique L orné, à fond criblé, qui a o™ o58 de hauteur sur o"^ o5 5 de largeur.
L'Evangile selon saint Marc, qui commence au feuillet ii5 (on a imprimé par erreur 21 5), débute par un I de même genre et de même dimension.
L'Evangile selon saint Luc commence au folio lyS verso par un F semblable aux deux lettres précédentes.
L'Evangile selon saint Jean commence au folio 209 par ri qui figurait déjà à l'Évangile selon saint Marc.
Ces lettres , qui sont tout à fait dans le style de celles que Tory a gravées plus tard pour Robert Estienne, me semblent devoir lui être attribuées, quoique non signées.
On trouve dans le reste du livre un grand nombre d'autres lettres ornées dans le genre criblé, mais de moindres dimensions, qui ne peuvent être de Tory.
2]Z Troisième Partie.
On voit encore aux folios loi verso et 102 recto quelques figures d'astronomie , non signées , que je n'ose pas attribuer à Tory; mais je n'hésite pas à lui attribuer une grande gravure qui se trouve au folio 182 verso. Elle représente Jésus dans une auréole de flammes. Au-dessous de lui est la mer; au-dessus, le Père éternel bénissant de la main droite, et tenant de la gauche le globe surmonté de la croix. Il dit ces mots qu'on lit dans une banderole : « Hic est filius meus dilectus in quo michi bene complacui. » Cette gravure, y compris son cadre, a o'".2io de hauteur sur o'^.iSy de largeur.
On lit à la dernière page une souscription ainsi conçue : MELDIS, IMPENSIS SIMONIS COLINAEI ANNO SALVTIS HVMANAE M. D. XXII. MENSE IVNIO.
Qui a imprimé ce livre ?
Ce n'est pas Simon de Colines, comme l'a dit La Caille et comme l'ont répété d'après lui Maittaire et Panzer, car la souscription porte seulement que l'impression a été exécutée à ses frais. On comprend, en effet, que Simon de Colines, qui avait alors à Paris un grand établissement typographique en pleine activité , ne pouvait pas quitter cette ville pour aller imprimer un volume à Meaux.
Ce n'est pas non plus un imprimeur local, car on ne connaît point d'autre impression de Meaux contemporaine; d'ailleurs l'exécution matérielle de ce livre et les gravures dont il est orné prouvent qu'il n'est pas sorti d'une misérable officine provinciale.
Il n'y a, suivant moi, qu'une manière d'expliquer cette énigme typographique. Voici comment : Guillaume Briçonnet (II"" du nom), ayant été nommé évéque de Meaux en i5i8, amena dans cette ville son ami Lefèvre d'Etaples, auquel il confia l'administration de son diocèse. Celui-ci occupa ses loisirs à écrire différents ouvrages religieux,
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entre autres des Commentaires sur les Évangiles, qui furent terminés en i52i. Désirant faire imprimer sous ses yeux ce gros livre, capital pour lui, et ne pouvant quitter Meaux, où le retenaient ses fonctions, Lefévre fit tout simplement venir dans cette ville une succursale de l'imprimerie de Simon de Colines, avec un petit personnel ad hoc 1. De la sorte, il pouvait non-seulement surveiller l'impression de son livre, mais encore y coopérer au besoin, à l'exemple de beaucoup d'autres savants de ce temps-là, qui ne dédaignaient pas de pratiquer l'art typographique.
Ce que je dis là n'est qu'une hypothèse, sans doute; mais cette hypothèse est entourée de circonstances qui lui donnent une grande apparence de certitude. Outre ce que j'ai dit plus haut, j'ajouterai que les caractères du livre de Lefèvre d'Etaples sont les mêmes que ceux qui paraissent dans un livre in-80 imprimé à Paris par Simon de Colines , en i523 ; livre que j'ai déjà cité et que j'ai en ce moment sous les yeux. Ce livre est intitulé : « Joannis Brucherii
Trecensis Adagiorum exErasmicisChiliadibus excerp-
torum Epitome. » Le titre est orné d'un cadre également signé de la croix de Lorraine, et qu'on verra plus loin en tête de l'Appendice. Il y a mieux, la première lettre ornée du livre de Lefèvre d'Etaples, qui est un A à fond criblé , est également la première lettre du livre de Jean Brucherius; d'où on voit que le matériel typographique envoyé à Meaux est revenu à Paris aussitôt après l'impression du livre de Lefèvre d'Etaples.
Voilà sans doute pourquoi nous n'avons qu'un livre daté de Meaux à cette époque : il se pourrait toutefois qu'on eût profité de l'existence momentanée de cette im-
I . Il suffisait à la rigueur de quatre ouvriers : deux compositeurs et deux imprimeurs, Lefèvre d'Etaples pouvant fort bien remplir l'office de correcteur.
234 Troisième Partie.
primerie à Meaux pour y exécuter quelque petit ouvrage à la même époque, c'est-à-dire de i52i à i522; mais cela ne modifierait en rien ma conclusion.
II. Enfin Tory grava à la même époque, pour Jean Lecoq, imprimeur à Troyes, le frontispice en forme de cadre d'un Graduel de l'ordre de Cîteaux, très-grand in-folio, imprimé à Troyes en 1 5 2 1 . Cette gravure est dans le genre criblé, avec la double croix en blanc au bas, à droite. Vers le même temps il grava dans le même genre la marque de Jean Lecoq, qui se trouve à la fin du volume, et dont on peut voir une reproduction dans l'ouvrage de M. Silvestre, n° 875,
Comme le Graduel dont je veux parler est fort rare (on n'en connaît qu'un exemplaire, que j'ai vu chez M. Tross) et fort beau, je crois devoir le décrire. Il est presque inutile de dire que ce livre est imprimé en caractères gothiques.
On lit d'abord en une ligne en noir au-dessus du titre :
« Jésus f Maria Bernard? »
(On sait que saint Bernard était fondateur de l'ordre de Cîteaux.)
Puis vient en rouge (nous complétons les abréviations) : « Graduale ad usum Cisterciensis or | dinis : secundum capituli generalis venerabilium | patrum ejusdem ordinis diffinitionem in sequenti paginas declarata : noviter per quendam | Clarevallensem monachum ad debitam formam | utiliter redactum. Et Johannis Lecoq im | pressoris Trecis commorantis solertia diligen | ter impressum. Anno Domini Millesimo quin | gentesimo vicesimo primo. (Grande marque de Lecoq, n° 877 de M. Silvestre.) Cum privilegio. »
Iconographie. 235
Ce volume se compose de deux feuillets préliminaires pour le titre, etc., et de 252 feuillets de texte, répartis comme il suit :
Première partie, sans folios, ayant 18 cahiers (a à s) de 4 feuilles, sauf le dernier, qui n'en a que deux, soit 140 feuillets.
Deuxième partie , avec folios (de i à 112), ayant 14 cahiers (A à O) de 4 feuilles, soit 1 12 feuillets.
Total : 254 feuillets.
Le papier est très-fort et très-beau. C'est un des premiers livres imprimés avec de la musique en France, et il fait grand honneur aux presses troyennes, et à Jean Lecoq I^'' en particulier. Les majuscules sont régulièrement mises à tous les noms de lieux et de personnes. L'ouvrage est orné de quelques gravures; mais ce qui est surtout remarquable, ce sont les capitales ornées et lettres onciales dont il est décoré.
On lit à la fin, en cul-de-lampe :
« Explicit Graduale secundum usum ordinis | Cisterciensis, Trecis irapressum | Per Johannem Lecoq, | Anno Domini Millesimo | quingentesimo | vigesimo primo ! Die sexta | mensis | Mar | tii. | Laus Deo. »
(Ici la marque de Lecoq avec la croix de Lorraine en blanc.)
Ce volume provient de l'ancien monastère d'Oliva, près de Dantzig.
L Nous pouvons placer sous cette date deux autres frontispices signés de la croix de Lorraine. Le premier est une grande gravure divisée en quatre compartiments, et représentant des armées en bataille, avec du canon. Les deux
Tro isiÈME Partie.
238 Troisième Partie.
compartiments du haut sont réunis par l'écu de France couronné et entouré du cordon de Saint-Michel, d'où s'échappent des branches de rosiers s'étendant de chaque côté. Chaque compartiment renferme un cartouche en blanc. La marque de Tory est dans le bas du compartiment de la gauche du bas, où on voit flotter le drapeau de France. Cette gravure figure déjà dans le Rozier hisîorial de France, in-folio en caractères gothiques, imprimé à Paris pour François Regnault, le 10 février i522, avant Pâques, c'est-à-dire i523 nouveau style. On a imprimé en rouge dans les cartouches , avec des caractères gothiques , les mots : Bataille ronde, Bataille de pointe. Bataille de feu , Bataille de fourche. (Bibl. impér., L 3 5 35.) Cette gravure figure aussi dans une édition du même livre imprimée en i528 pour le même libraire. Elle figure encore dans une traduction des Commentaires de César, imprimée par Pierre Vidoue, en i53i, pour les libraires Poncet Le Preux et Galiot du Pré. Cette traduction forme un volume in-folio en caractères romains , divisé en deux parties , la première translatée par Etienne Delaigue, dit Beauvoys, la seconde par Robert Gaguin. C'est à la fin de la première partie, folio 95 verso, que se trouve notre planche. Texte et gravure, tout est imprimé en noir. C'est d'après cet état que nous donnons ici cette planche, dont M. Robert-Dumesnil avait fait faire la gravure pour un travail qu'il projetait, et que sa mort si regrettable a interrompu. Nous devons la communication de cette gravure à M. Robert-Dumesnil fils, qui a bien voulu nous autoriser à en faire faire un cliché, que nous avons divisé en deux parties pour la commodité de notre format.
II. Le second frontispice, en forme de cadre in-folio, représentant divers sujets grotesques et licencieux, figure sur
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une édition de ['Histoire du saint Graal^ publiée par Philippe le Noir, libraire et relieur juré en l'université de Paris, le 24 octobre i523. On voit les initiales de ce libraire dans le compartiment du haut du cadre. (Bibliothèque de PArsenal, B. 1., i3o54.)
Dans ce livre (comme dans les précédents), il y a d'autres gravures; mais elles ne sont pas du faire de Tory, auquel on réservait les pièces capitales. Ces gravures avaient sans doute déjà figuré ailleurs.
Quant à la gravure exécutée par Tory (laquelle reparaît dans beaucoup d'autres ouvrages imprimés par Philippe Le Noir), c'est la copie d'un frontispice gravé par Urs Graf, avec la date de i5 19, et employé par Pierre Vidoue, imprimeur à Paris 1 , particulièrement dans un Virgile de 1529, in-folio, qui se trouve à la Bibliothèque Mazarine, n° 232 D.
Les quatre principaux sujets de cette pièce, placés aux quatre coins du frontispice, représentent : 1° des gens qui viennent allumer des flambeaux au derrière d'une femme; 2° une femme qui enlève un homme dans un panier 2; 3° la mort de Pyrame et Thisbé; 4° le jugement de Paris.
Tout en travaillant pour les autres. Tory s'occupait d'une série considérable de gravures destinées à des Heures de sa librairie personnelle.
Voyez, p. 147 a 170,1a description de ces livres magni-
1 . Nouvelle preuve à l'appui de ce que j'ai dit déjà du peu de scrupule que se faisaient les artistes de se copier les uns les autres. (Voyez p. 199, note i.)
2. Ce sujet est tiré d'une légende sur Virgile qui joua un certain rôle au moyen âge.