II. L'Entrée de la Royne, six feuilles in
Première page, le cadre qu'on voit à la première page des Heures de 1524-25.
Au verso, le privilège.
A ij recto, cadre nouveau , et une lettre ornée (A) dans le genre de l'L du Sacre.
A iiij recto, autre cadre.
B iij recto, cadre avec la devise : Non plus , au haut.
B viij verso, autre cadre avec le mot Salus ^ au bas; c'est celui de la dernière page du Sacre.
E viij recto, autre cadre.
F i verso, dessin charmant d'un « présent faict a la Royne, en deux chandeliers. »
A la dernière page, le cadre de la dernière page du Champ fleury^ et la date d'impression, le mardi 9 mai i53i.
III. Épitaphes de Louise de Savoie, deux feuilles et demie. Première page, le cadre du frontispice des Heures de
1524-25 avec le Pot cassé de la première page du Champ fleury. Dernière page, le cadre de la dernière page du Champ fleury et le Pot cassé de la première page.
Iconographie. 263
Plus la date d'impression : 17 octobre i53i.
On trouve dans ces trois pièces les, lettres ornées du Champ fleury .
Ces trois plaquettes se trouvent réunies en un petit volume à la Bibliothèque de l'Arsenal (4°, H. 7634).
Les cadres de ces trois plaquettes reparaissent plus tard comme encadrement des gravures d'un livre d'Heures in-4°, imprimé en caractères romains, en rouge et en noir, mais dont je ne connais ni la date, ni le nom de lieu, ni le nom d'imprimeur, n'ayant vu de ce livre que quelques feuillets conservés à la Bibliothèque impériale (œuvre de Tory).
I. Livre d'Heures in-4°, imprimé par Tory et pour luimême. (Voyez p. i65.)
H. Heures in-S", avec des arabesques composées, comme dans les Heures in-4° de 1527, de fleurs, d'insectes, d'animaux, etc. Voir ce que j'ai dit précédemment de ce livre, pages 168 et suivantes. Voir aussi plus loin ce que je dis des Heures de 1541, où on retrouve ces mêmes cadres, dits à la moderne, avec les sujets des Heures de 1529, décrits ci-dessus, ce qui me porte à croire que ces sujets figurent aussi dans l'édition in-8" dont il est ici question. Voyez encore le n" i de l'année i536 (p. 268), qui est comme le trait d'union des éditions de 1 53 1 et 1 541 .
III. « Terentianus Maurus , de literis, etc. Nicolao Brissaeo... commentatore. » In-4'', i53i, Simon de Colines. Ce livre estdédié à Guillaume Petit, évêquede Senhs, dont on voit les armes avec la croix de Lorraine au feuil-
304 Troisième Partie.
let 8 verso des pièces liminaires. La devise est ; Utinam novissima providerent.
IV. «Claudii Galeni Pergameni de anatomicis administrationibus libri novem, Joanne Gunterio Andernaco, medico, interprète. — Parisiis, apud Simonem Colinaeum. — 1 5 3 1 . >■>
Grand in-folio, orné d'un frontispice gravé, avec la croix de Lorraine au bas, à gauche.
Ce frontispice représente différents sujets. Dans le haut, Jésus guérissant le lépreux; dans le bas, des docteurs disséquant un cadavre et enseignant à un nombreux auditoire; sur les côtés, les portraits en pied des plus célèbres médecins de l'antiquité; au milieu de la planche est un cartouche où on lit le titre latin que nous avons transcrit ci-dessus. — Ce frontipice a dû être employé pour d'autres ouvrages de Galien.
Simon de Colines publia encore, en i536, une édition des œuvres de Galien due aux soins du même éditeur (vol. in-fol. de 172 p.), et ornée de cinq belles lettres fleuries gravées par Tory. On y trouve de plus, en tête de l'épître au lecteur, un S orné chargé d'un blason , le tout d'un dessin ravissant , mais non signé.
Bible latine de i532 , in-fol., Robert Estienne. Le titre de ce livre est orné d'une frise signée de la croix de Lorraine, et dans laquelle se trouve en grandes lettres le mot Biblia. Oest un cartouche entouré de vignes, ayant à gauche le serpent d'airain et à droite Jésus en croix.
Le Bon Mesnager de Pierre des Crescens , imprimé par
Iconographie. 26^
Nicolas Cousteau pour Galliot Dupré, in-foL, i533. Le frontispice , représentant Galliot Dupré qui offre le livre à François l^'', est marqué de la croix de Lorraine.
Tory étant mort en i533, on jugera peut-être, au premier abord, que j'aurais dû arrêter là cette nomenclature. Mais comme beaucoup de gravures exécutées par lui-même n'ont été imprimées que plus tard , et comme d'ailleurs toutes celles signées de la croix de Lorraine seule sortent de son atelier, dirigé après lui par sa femme , j'ai cru devoir poursuivre mes investigations sur les gravures à la croix de Lorraine jusqu'au bout.
L « Sermones Judoci Clichtovei Neoportuen. doctoris theologietCarnoten. canonici. » In-foL, Paris, i534, chez la veuve de Thielman Kerver. — Le privilège est daté de 1534. (Bibl. S. -Geneviève, D. 812, et Mazarine, 2022 G.)
Le titre latin de ce livre que je viens de transcrire est gravé en gros caractères gothiques disposés en forme de cul-de-lampe , et terminé par un petit fleuron noir en forme de cœur, assez semblable à ceux qu'employait Simon de Colines, et dans lequel on voit la croix de Lorraine en blanc.
Cette circonstance me porte à croire que c'est Tory qui a gravé ce titre en caractère gothique, fait curieux à noter, car c'est probablement les seules lettres de ce genre qu'il ait exécutées (après celles toutefois qui figurent dans le Champ fleury^ fol. 42 v°, et 74 et suiv.), et le fait est d'autant plus étrange que tout le livre est imprimé en caractères romains. Peut-être y a-t-il une autre édition en caractères gothiques.
Au reste , ce volume renferme beaucoup d'autres gravures signées de la croix de Lorraine, et d'autres encore qui, sans être signées , paraissent appartenir à Tory.
Fol. 1 , après le titre , un grand T orné de fleurs de lis , dans un champ également semé de fleurs de lis.
5 v°, un grand P orné , représentant le Père Éternel. 19, la Vierge dans une auréole de flammes, tenant l'enfant Jésus
(signée).
21, Jésus au milieu des apôtres et tenant une scie {signée). 43, Moïse recevant les Tables [signée].
63 v°, l'arche sainte figurant une église [signée). 77, l'Annonciation , dans un ovale (format in-8"). 88, Naissance de Jésus (petit in-80).
435, Résurrection (/^.).
148, Ascension [id.).
1 54 yo, la Vierge au milieu des apôtres (petit in-80;. 1 57 vo, la Trinité [id.).
161, la Pâque [id.).
221, Naissance de la Vierge. Elle est au ventre de sa mère , et tient
l'enfant Jésus (format in-8°).
325, Jésus tenté parle diable (in-80).
Les gravures de format in-80 figurent dans d'autres livres imprimés par les Kerver.
IL (( PauliBelmisseri Pontremulani,artiumetmedicin£e doctoris , equitis , et poetae laureati , opéra poetica. » — In-40, de 108 feuillets numérotés, plus 4 feuillets liminaires, imprimé en i534, sans nom d'imprimeur ni de libraire. Sur la première et sur la dernière page on voit une planche in-40, représentant l'auteur couronné de lauriers, et placé entre François 1" et Clément Vil. Au-dessous de chacun de ces trois personnages on voit leurs armes, et au-dessus de leur tête leur nom : Franciscus , Paulus , Clemens. La croix de Lorraine est au bas , à gauche.
tt Les troys premiers livres de l'histoire de Diodore Sicilien , translatez de latin en françoys , par Ant, Macault... On les vent a Paris , en la rue de la Juifverie, devant la Magdaleine, à l'enseigne du Pot Cassé...» In-4°, i535.(Voy. p. 178.)
Ce livre est orné d'un magnitique frontispice représentant Macault qui offre son livre à François I^"". Cette gravure, quoique non signée, est certainement de Tory.
« Son chef-d'œuvre, dit M. Renouvier ', est peut-être le frontispice du Diodore de Macault , où l'on voit François I*"" assis dans une chaire à dossier fleurdelisé , à table avec ses enfants , son singe , son lévrier et ses courtisans , pendant que Macault lui lit son livre. Cette pièce , dont l'attribution n'est pas contestable, ne porte pas la croix de Lorraine; le maître en publia sans cette marque beaucoup d'autres que M. Bernard , par scrupule , n'a pas voulu mentionner. Comme compensation des ouvrages que j'ai déniés à Tory, on me permettra le plaisir d'en citer ici un qui ne lui est pas donné par M. Bernard : les Fables d'Esopes mises en rhiîme français^ par Gilles Corrozet (Paris , DenysJanot, 1542). L'exemplaire que j'ai vu n'étant pas complet, il se pourrait qu'on y découvrît quelque croix de Lorraine; mais cela ne changerait rien à la conviction que donne l'examen de ses planches. Les petits sujets sont contenus ensemble avec les quatre premiers vers de la fable dans des encadrements à pilastres et frontons ornés dans le style du maître, et historiés au soubassement de petits sujets amoureux traités avec sa mignardise un peu appesantie.
« Il sortit de l'atelier de Tory, dans les dernières années,
I. Revue universelle des Arts , sept. 1857 (t. V, no 3, p. 517).
268 Troisième Partie.
beaucoup d'ouvrages de planches mêlées qu'on ne peut donner qu'à des élèves, et même à des apprentis; le départ en sera toujours impossible : quand on a éclairé la tête d'une école, il faut laisser sa queue se traîner dans l'ombre. Je signalerai cependant ici un élève de Geofroy Tory que M. Bernard n'a point nommé : c'est François Gryphe , le frère de Sébastien Gryphe, de Lyon. Il a gravé et imprimé, en 1 5 39, un Nouveau Testament qui, par une circonstance bien rare , désigne l'auteur des planches sur le titre et dans les privilèges du Roi et du Parlement qui précèdent et suivent le livre: Novuin testamentum illustratum insignium rerum simulacris, cum adveriîatem idsîoru^ tiim ad venustatem,singulanartificio expressis. La marque du gryphon, excudebat Fran. Gryphius, AN. MDXxxix; in-8" p°. Et dans le privilège : Francoys Gryphius, imprimeur libraire et marchand demeurant à Paris... requérait lui estre permis faire imprimer et vendre le Nouveau Testament figuré par lui. On n'y trouve pas la croix de Lorraine , mais une lettre L gravée par Tory et une suite de petites planches gravées avec une finesse pleine de fermeté , selon des types, des attitudes et des ordonnances qui ne peuvent appartenir qu'à son école'. »
I. « Horaî in laudem beatissime virginis Mariae ad usum Rothomagensem. Parisiis, ad insigne Vasis Ef-
I J'ai vu ce volume chez M. Potier, libraire, en 1865; c'est un in-i6 orné d'une grande quantité de charmantes gravures qui feraient certainement beaucoup d'honneur à Tory. J'admets très-volontiers que François Gryphe était un élève de notre artiste, mais c'est là tout. Je ne comprends pas pourquoi M. Renouvier attribue à ce dernier la gravure d'une petite pièce sans intéiêt de ce livre, lorsque es privilèges donnent toutes les gravures à Gryphe.
Iconographie. 269
fracti, i5 36. » Petit in-S", caractères romains, figures au trait. (Brunet, Manuel, 5^ édit., t. V, col. 1660, n" 328.)
Les figures au trait dont il est ici question sont sans doute celles des Heures in-i6 de 1529 (voy. p. i63). Quant aux cadres, dont M. Brunet ne dit rien, je pense que ce sont ceux dont j'ai parlé page 169. Voyez, au reste, le n° 3 de l'année i 541 (p. 280).
II. « Lazarii Bayfii annotationes, « etc. ^1-4", Robert Estienne, i536.
Charles Estienne , le frère de l'imprimeur, qui paraît avoir été l'éditeur de ce livre, nous apprend, dans une courte préface, que les figures qui y sont répandues ont été par lui prises sur d'anciens monuments, et notamment sur les marbres existant encore à Rome. Plusieurs de ces planches portent la croix de Lorraine : la marque de Robert Estienne d'abord , au titre , puis la gravure de la page 19 (répétée à la page 168), De re navali, et celles des pages 4, 44, 64, De re vestiaria. Toutes les autres gravures, quoique non signées, doivent sortir de l'atelier de Tory. Ce livre fut réimprimé en 1549, par le même Robert Estienne, dans la même forme.
Voici l'indication succincte des gravures qu'il renferme : dans la première partie , De re navali , on trouve une vingtaine de représentations de navires anciens, birèmes, trirèmes, etc., dont une seule est signée; dans la seconde partie, De re vestiaria , on trouve trois gravures signées : 1" une femme, 2° un homme, 3" un soldat; dans la troisième partie , De vasculis , on trouve huit ou dix représentations de vases, etc., non signées.
Toutes ces gravures ont été reproduites en taille-douce dans une réimpression de l'ouvrage de Baïf, publiée dans la grande collection du Trésor des antiquités de Grcevius (Thésaurus antiquitatum romanarum , etc., a J. G. Graevio) , in-
270 Troisième Partie.
folio, Utrecht ', 1697, et, chose singulière, l'artiste a laissé sur la première la croix de Lorraine. (Voyez t. VI, col. 562.) Cette marque reparaît encore colonne 1 100 du même volume, dans un ouvrage analogue d'un autre auteur.
Elle a encore été gravée de nouveau en taille-douce avec la croix, d'après l'édition d'Ulrecht, pour l'édition du Trésor de Grasvius donnée à Venise en 1732. Cette édition étant conforme à la précédente , on trouve cette gravure même tome, même colonne.
Ainsi voilà une gravure à la croix exécutée en tailledouce au dix-huitième siècle !
I. Heures de la Vierge selon l'usage de Rome, grand in-4° de 44 feuilles en 22 cahiers de deux feuilles encartées , allant de A à Y.
Le titre du livre porte : « Horae in laudem beatissimae virginis Mariae , ad usum Romanum. — Parisiis, apud Simonem Colinseum, 1543. »
Au recto du titre se trouve la table des Pâques , allant de 1543 à i566; puis vient le calendrier, qui occupe les 6 feuillets suivants.
Il y a dans le texte quatorze grands sujets avec un encadrement spécial :
1° Saint Jean écrivant son Évan- 2° Jésus trahi par Judas.
gile (lequel commence au feuil- 30 La Salutation, avec cette
let suivant). Il contemple la devise française : Fait ce que
Vierge tenant l'enfant Jésus tu vouras avoir fait quant tu
qui lui apparaît dans le ciel. moras.
I. M. Olivier Barbier, conservateur sous-directeur à la Bibliothèque impériale, possède l'exemplaire de l'édition originale qui a servi à faire cette réimpression. On y trouve non-seulement les additions qui y ont été faites, mais encore l'indication en hollandais de la dimension à donner aux tailles-douces, etc.
Iconographie. 271
4" LaWisii^LÙon {signée) . 9° La Fuite en Egypte.
50 La Naissance de Jésus. 10° La Mort de Marie {signée),
6° L'Annonciation aux Bergers 11° Jésus en croix (i/gne^).
(avec la date 1537). '^o La Descente du Saint-Esprit
70 L'Adoration des Mages {si- sur les apôtres {signée).
gnée). 1 30 Pénitence de David (s/gneV',
8° La Circoncision {signée). 14° Jésus ressuscite Lazare.
Toutes les pages sont encadrées; mais il y a deux sortes de cadres :
I" Huit cadres complets, c'est-à-dire trente-deux compartiments au simple trait , comme dans les Heures de 1524-25. Un seul de ces cadres est signé; mais tous appartiennent au même artiste. On y a inscrit les dates de i536, 1537, 1539 I, dans de petits cartouches comme ceux qu'affectionnait tant Tory. Les dates inscrites ici ne permettent pas de lui attribuer ces gravures à lui-même , mais elles sortent évidemment de son atelier , tenu par sa femme.
2° Il y a également huit cadres complets ou trente-deux compartiments gravés en noir, d'un genre tout différent, alternant avec les cadres au trait. Ces cadres, en style niellé, ne sont ni signés ni datés, et je doute qu'ils sortent de l'atelier de Tory; nous verrons cependant qu'il en a gravé de semblables pour Jean de Tournes; en tout cas, Suremploi dans ce livre, concurremment avec les cadres et les sujets au trait, me semble d'un mauvais goût qui aurait répugné à notre artiste.
On trouve encore dans ce livre de belles lettres ornées dans le genre criblé , qui peuvent bien appartenir à Tory.
Ce livre a été réimprimé dans les mêmes dispositions en
I. L'un de ces cadres figure dans une édition de 1 542 : « Rodoiphi Agricolaï... de inventione dialectica libri 111, etc. » ln-40, Paris, Simon de Colines.
272 Troisième Partie.
i549, par Renaud et Claude Chaudière, successeurs de Simon deColines,
II. Dans la même année 1543, Simon de Colines publia un autre livre d'Heures, in-8°, qui semble être la réduction de celui que je viens de décrire. Comme le précédent, il renferme également 22 cahiers (sign. de A à Y).
Le titre porte : « Horœ in laudem Dei ac beatissimae Virginis Mariae ad usum romanum, una cum calendario recens [sic] emendato. » Il est dans un cadre en forme de portique au haut duquel on lit : Simon de Colines. Au bas du titre , on lit : « Parisiis , apud Simonem Colinaeum. — 1543. y>
Comme dans les Heures in-4'' du même , les cadres des pages du texte sont des arabesques de deux sortes, les unes au trait et les autres en noir, et les sujets, au nombre de i3, sont dans un encadrement spécial. Quelques-uns de ces cadres portent la date de 1 5 37, et l'un d'eux le nom de Simon de Colines en toutes lettres , ce qui prouve que ces gravures ont été exécutées pour lui. Voici l'indication des sujets , dont un seul est signé, mais qui tous semblent sortir de la main de Tory :
1° Saint Jean écrivant l'Évan- 7° L'Adoration des mages.
gile [signée). 8° La Présentation.
20 Le Calvaire. 9° La Fuite en Egypte.
3° La Salutation. lo" Le Couronnement de la Vierge
40 La Visitation. 11° La Pentecôte.
5° La Nativité. 12° Bethsabée au bain.
6° L'Annonciation aux bergers. 13° Job sur le fumier.
Le seul exemplaire de ce livre que je connaisse appartenait naguère à feu M. Renouvier, de Montpellier, qui me l'a montré en i858. II y manque dix feuillets après celui du titre. Ces feuillets devaient renfermer le calendrier.
Iconographie. 275
I. (c Les Angoisses et remèdes damour du Traverseur en son adolescence (Jean Bouchet). » In-4° gothique, imprimé à Poitiers le 8 janvier i536 (iSBy nouveau style), par Jean et Engilbert de Marnef. Le privilège est du i5 novembre i536.
Ilyadeuxbois signés delacroixde Lorraine: i°la marque des imprimeurs, à la première page, et 2°, à la fin des préliminaires , une gravure représentant un homme en robe occupé à écrire; en face et au-dessous de lui sont quatre personnages, également en robe, dont il semble s'inspirer. Près de ces derniers, on voit, à gauche, une femme tenant une lumière ".
IL « Le Jugement poetic de l'honneur féminin , par
le Traverseur (Jean Bouchet). » A la fin : « Imprimé à Poictiers le premier d'avril m. d, xxxvni, par Jean et Engilbert de Marnef, frères. »
Ce livre , qui a les mêmes dispositions que le volume précèdent, renferme onze gravures, dont cinq sont signées de la double croix.
Fol. A 5 verso. Grande planche représentant l'auteur offrant son livre à François l". Le roi est assis sur son trône et entouré de sa cour. {Signée à gauche.)
Fol. B I recto. Une assemblée du parlement de Paris. {Signée à droite.)
Fol. B 4. La Renommée publiant le trépas de Louise de Savoie. {Signée à gauche.)
Fol. B 7 recto. Mercure allant au champ de Vérité; au bas, Charon dans sa barque. {Non signée.)
I . Il parut une autre édition de ce livre , chez les mêmes imprimeurs et avec les mêmes bois, en i $45.
274 Troisième Partie.
Fol. C I verso. Le champ de Vérité. Quatre personnages, dont trois sont assis dans une espèce de bosquet, et au-dessus d'eux un château. {Signée au milieu.)
Fol. C 7 verso, La défunte (Louise de Savoie), la tête ceinte d'une couronne et tenant de la main droite un bouquet de fleurs. {Signée à droite.)
Fol. D 3 recto. La Fortune tenant une roue d'une main, et de l'autre un étendard. {Non signée.)
Fol. D 6 verso (répétition de C 7).
Fol. E 5 verso. Mercure tenant le caducée et parlant à un homme en robe, auquel il montre un palais. {Non signée.)
Fol. E 7. Une grande salle ornée de statues. {Non signée.)
Fol. L 8 verso. Un personnage ailé, couvert d'un manteau, et ayant des yeux aux mains et aux pieds. {Nonslgnée.)
A la fin du volume, la marque des de Marnef. {Signée.)
Missel de Paris, iSSg, in-fol. Lacroix de Lorraine paraît sur deux grandes planches in-folio, dont une, datée de i538, représente Dieu le Père assis sur son trône , la tête rayonnante et vêtu en pape; au-dessus de lui, un fronton triangulaire. L'autre , non datée , représente le Christ en croix; la sainte Vierge et saint Jean sont debout aux côtés, et on lit cette inscription dans un demi-cercle au-dessus de la croix : « Absit michi gloriari nisi in crvce D[omi]ni n[ost]ri .Tesvs Christi. »
Ces deux sujets, qu'on retrouve fréquemment dans les collections des amateurs, soit en papier, soit en vélin, soit en noir, soit coloriés (la marque et la date disparaissent fort souvent sous les couleurs '), ont été imprimés pour la pre-
I. Quelquefois même le miniaturiste a substitué à la date imprimée celle de l'année où il faisait son opération. J'ai vu plusieurs exemples de cette substitution.
Iconographie. 275
mière fois, à ma connaissance, dans le Missel de Paris publié en 1539 par la veuve de Tielman Kerver. Voici la description de ce livre précieux , dont je n'ai trouvé qu'un exemplaire à Paris (Bibl. de l'Arsenal, T. 2626). Il est intitulé :« Missale ad usum Ecclesiae Parisiensis, noviter impressum, et emendatum perdeputatos a reverendissimo domino Johanne de Bellayo, Parisiensi episcopo, etc. » (Ici la marque ordinaire de Thielman Kerver, et au bas :) « Prostat Parisiisin vicodivi Jacobi, apud lolandam Bonhomme, vidue spectativiriThielmanni Kerver, ad signum Unicornis {la Licorne) , ubi et excusum fuit , anno Domini M. D. XXXIX. .)
L'ouvrage forme un gros volume in-folio, imprimé en rouge et en noir, en caractères gothiques, avec un grand nombre de gravures non signées dans le texte. Ces gravures sont de trois sortes : 1° des lettres fleuries à fond noir; 2° des petits sujets de même dimension , mais d'un genre renaissance fort gracieux, et 3° des sujets de format in-8' que la veuve de Thielman Kerver employait ordinairement dans les livres d'Heures qu'elle publiait , et dont j'ai déjà eu occasion de parler (p. 199 et 266).
Quant aux deux grands sujets signés de la croix de Lorraine, ils se trouvent en face l'un de l'autre à la signature V, dans la seconde partie du livre , où les folios n'ont pas été continués.
Ils ont été réimprimés fort souvent depuis dans d'autres éditions de ce livre. Je citerai particulièrement celle, sans date, au nom du libraire Guillaume Merlin, qui se trouve à la Bibliothèque Mazarine ' ; celle de 1543, qui se trouve à la Bibliothèque Sainte-Geneviève; celle de ï55g (toutes
I. N" 1165 Ad. Voici le titre de ce livre rare : « Missale ecdesie Parisiensis
denuo ab aliquot ejusdem ecdesie canonicis ac doctoribus theologis ad id a re-
276 Troisième Partie.
publiées par lolande Bonhomme ou son fils Jacques Kerver), et enfin un Missel de Cluny, de i550j dont je reparlerai plus loin.
Quoique ces livres soient en papier, les planches en question sont toujours tirées sur vélin dans les éditions du seizième siècle; mais on n'a pas pris cette précaution dans les éditions subséquentes.
Bible latine en deux volumes in-folio , portant les dates de i538, 1539, 1540. Paris, Robert Estienne. Le mot Biblïa se lit sur le titre dans un cartouche signé de la croix de Lorraine, dont j'ai déjà eu occasion de parler sous la date de i532 (p. 264), et qui figure sur d'autres livres de Robert Estienne i. Le sous-titre, qui vient ensuite (hebraea, chaldaea, grasca et latina nomina... restituta cum latina interpretatione), a fait croire à tort à quelques bibliographes que ce livre était une polyglotte. Tout est en latin, il y a seulement quelques mots en caractères hébreux dans ladisser-
verendiss. do. Joan. de Bellayo delegatis.... » (Marque de Merlin, signée
de la croix de Lorraine.) Le volume comprend , outre 8 ff. liminaires ;
Calendarium temporale, sign. ^ à v; Sanctorak, A à M ; Commun. , A à E, goth.; Etc....
La première page du texte est ornée d'un cadre oîi on voit dans le haut le Père Éternel, quatre papes sur les côtés , et en bas la marque aux licornes de la veuve lolande Bonhomme.
Ce volume doit être de 1 540 environ.
I. Une copie de cette frise, servilement imitée , et où on a même reproduit la croix de Lorraine, figure sur une Bible flamande, in-folio, imprimée à Anvers en 1556. (Biblioth. impériale.)
Iconographie. 277
tation à laquelle s'applique le sous-titre en question, et qui se trouve dans le second volume, avec un titre particulier, portant la date de i538. Le Nouveau Testament, qui se trouve également dans ce second volume , porte la date de 1 5 39 , et non 1 540, comme le dit par erreur M . Renouard (Annales des Est., 3« édit., p. 49). La Bible «li/é (c'està-dire le premier volume et le commencement du second) porte la date de 1540. Sur toutes les parties on voit la grande marque de Robert Estienne , signée de la croix de Lorraine. Le premier volume renferme en outre dix-huit magnifiques gravures représentant le tabernacle de Moïse, le temple de Salomon , etc., exécutées sous la direction de François Vatable, professeur royal pour les lettres hébraïques. La croix de Lorraine paraît sur la grande planche du camp d'Israël , qui se trouve au fol. 35; mais je n'ose , sur cet indice ' , lui attribuer toutes les autres gravures 2. En tout cas , les lettres fleuries qui figurent dans ce livre sont certainement de Tory, car on y retrouve les formes préconisées par lui dans son Champ fleury. Un fait digne de remarque, c'est que ces lettres paraissent avoir été fondues, ou du moins reproduites par des clichés; car elles sont souvent répétées sur la même page, sans changer de dessin.
Il y a à la Bibliothèque impériale un magnifique exemplaire en vélin de ce livre, aux armes de François I"''.
Cette Bible a été réimprimée dans les mêmes dispositions par Robert Estienne en 1546 , et par son fils Henri
1. Ce signe, qui n'est pas très-distinct sur les exemplaires de 1540, l'est parfaitement (chose singulière) sur ceux de 1 546.
2. Ces gravures ont également, comme la frise du titre, été copiées par d'autres imprimeurs. On voit figurer ces copies dans une Bible in-folio publiée à Lyon en 1550 par Sébastien Honorât, puis dans une autre publiée en 1554 par Jean de Tournes. Nous les retrouvons ensuite à Paris dans une Bible publiée en 1586 par Sébastien Nivelle et Gabriel Buon, etc., etc.
278 Troisième Partie.
en i565. Dans cette dernière édition, imprimée à Genève, on ne voit plus sur la frise de la première page les deux petits sujets qui l'accompagnaient en i532. (Voy. p. 264.) Cette frise ainsi modifiée figure sur d'autres livres des Estienne. Je l'ai vue sur un Xénophon in-folio imprimé pour Fugger.
Amadis de Gaule , traduction française de Nie, de Herberay, seigneur des Essarts , pour les 8 premiers livres , imprimés en première édition de 1540 à 1548, par Denis Janot, pour les libraires Vincent Sertenas, Etienne Groullau et Jean Longis. In-folio, avec gravures.
Je n'ai vu que deux de ces gravures signées de la double croix; mais plusieurs autres paraissent sortir de la même officine. Néanmoins la masse de ces gravures est d'un autre faire.
Voici l'indication de celles qui sont signées :
1° Livre II, ch. 2, grande planche représentant une espèce de temple. On voit un homme armé de pied en cap sous un portique. A droite sont des écus pendus à des poteaux; à gauche, un homme un genou en terre, tenant de la main droite une épée nue en l'air , et une main qui la saisit. Cette gravure représente une scène de Vîle ferme.
2° Livre VI, ch. 56, petite planche représentant quatre personnes à cheval près d'un château devant lequel se tient un homme armé. Cette gravure n'a pas l'air de se rapporter au sujet et pourrait bien provenir d'un autre livre plus ancien.
Il y a un exemplaire de ce livre sur vélin à la Bibliothèque impériale.