I. Il a été mis en vente publique depuis
284 Troisième Partie.
ronnés de Claude de France, morte depuis une quinzaine d'années.
La croix de Lorraine, qui avait déjà disparu de plusieurs des grands sujets dans l'édition de 1 53 1 , a été enlevée presque sur tous dans celle de 1542. Ainsi , on l'a encore effacée sur la Naissance de Jésus et sur la Circoncision. Les seuls qui l'aient conservée sont : la Visitation , le Crucifiement de Jésus et la Descente du Saint-Esprit. Elle est restée aussi sur les cadres.
Le cahier E commence par un feuillet dont le recto est blanc, et au verso duquel est l'ange de V Annonciation, comme dans l'édition de i53i. On y voit également la grande planche du Triomphe de la Vierge Marie.
II. « Hore béate Marie Virginis adusum fratrumpredicatorum ordinis sancti Dominici : figuris utriusque Testamenti ac pervenustis imaginibus et ils quidem non paucis, passim decorate, atque officio conceptionis immacule Virginis et officio sancti Dominici in aliis orariis actenus impressus nequaque insertis ad aucte. ■»
(Ici la figure de saint Dominique tenant de la main gauche un livre ouvert, et de la droite un bâton terminé par la Croix. A ses pieds, un chien couché. La croix de Lorraine est à gauche.)
« Venundantur Parisiis , in edibus vidue spectabilis viri Thielmanni Kerver, in vico divi Jacobi , sub signe Unicornis, ubi et impresse. — m.d.xlii. »
In-S", signatures de A à X, plus a à c, soit 26 feuilles.
La gravure du titre reparaît R 4 verso. Les autres gravures ne sont pas signées.
III. « Heures à l'usage de Toul : au long sans requérir. » In-8°de i56 ff. non chiffrés. Calendrier de 1541 à 1564.
Au bas de la dernière page on lit : a Imprimé à Troyes
Iconographie. 285
chez Jean Lecoq. >> Caractères gothiques, impression rouge et noire.
Le seul exemplaire de ce livre que j'aie vu est dans la Bibliothèque publique de Besançon. Il renferme 3o gravures, compris la marque du libraire, qui est sur le titre. Cette dernière et trois autres gravures de la i''^ série sont signées de la croix de Lorraine.
Voici la liste de toutes les gravures qu'il renferme :
i'^ série, avant o'".o6 de haut sur o'".043 de large.
1° Marque de l'imprim. [signée).
2° Jésus au jardin des Olives (5;-
gnée).
30 Annonciation de la Vierge.
40 Visitation.
5° Nativité.
6° Adoration des bergers.
70 Adoration des mages.
8° Présentation au temple.
90 Massacre des Innocents.
10° Mort de la Vierge {signée), 1 1° Crucifix, 12° Pentecôte.
1 30 Bethsabée au bain {signée .
140 Résurrection de Lazare.
1 50 Vision de saint Grégoire.
2^ série, ayant o™.o34 de haut sur o'".o22 de large.
1° La Trinité.
2° La Mort perçant d'un dard les
grands de la terre.
30 Sainte Anne.
40 La Toussaint.
50 Ecce homo.
6° La Vierge.
70 Décollation de saint Jean.
80 Saint Sébastien.
90 Saint Nicolas.
10° Saint Martin.
1 1° Sainte Catherine.
12° Sainte Barbe.
1 50 Notre-Dame de Pitié.
140 La Vierge glorieuse. 1 5" La Vierge au.K sept douleurs.
IV. « Dyalogue instructoire des chrestiens en la fov, espérance et amour de Dieu... composé par frère Pierre Doré,
docteur en théologie Imprimé nouvellement par Denys
Janot, demourant en la rue Neufve Nostre Dame, à l'en-
286 Troisième Partie.
seigne Sainct Jehan Baptiste, près Saincte Geneviefve des Ardens. » In-i6, 1542. Au verso du titre on voit une gravure signée de la croix de Lorraine. Elle représente la Vierge debout sur un croissant, tenant l'enfant Jésus dans ses bras, et entourée d'une auréole flamboyante. (Bib. imp., D. 4572.)
« Sommaire de chroniques, contenans les vies, gestes et cas fortuitz de tous les empereurs d'Europe, etc., » par J, B. Egnace , trad. par G. Tory. (Voyez ce que j'ai dit de ce livre p. i3o.) Il y eut plusieurs autres éditions de ces chroniques. M. Hippolyte Boyer en cite une de 1541 dans son Histoire des Imprimeurs et Libraires de Bourges (in-S" , Bourges, 1854), p. 27; Antoine du Verdier en mentionne une autre de 1543 dans sa Bibliothèque française. Ce qu'il y a de certain , c'est que M. Renouvier en possédait un exemplaire, avec figures, daté de 1544. C'est un in-8° , « en vente chez Charles l'Angelier, en la grand'salledu Palais. » Il renferme 1 12 feuillets (signât. A à O) , plus 4 feuillets sans folios; les gravures dont il est orné sont de deux sortes : la première représente un empereur à cheval , tenant la hache d'armes , sans marque , mais gravée avec beaucoup de finesse et relevée de ces petits cartouches tant affectionnés par Tory (cette figure est reproduite plusieurs fois); les autres représentent des bustes d'empereurs grossièrement gravés, qui ne sauraient être de Tory.
Je ferai remarquer que l'édition pubUée par ce dernier en i53o ne renferme pas de gravures.
(c De Dissectione partium corporis humani , » etc. , par Charles Estienne, in-foL, 1545, Simon de Cohnes.
Iconographie. 287
Il y a dans ce livre une soixantaine de grandes planches anatomiques. Cinq sont marquées de la croix de Lorraine, fol. 149, i5o, i5i, 154, 1 5 5. Les quatre dernières portent aussi le nom de Jollat , accompagné des dates 1 53o, 1 53 1 , i532. Voici ce que dit à ce sujet M. Renouvier : « Simon de Colines... employa un autre graveur en bois de quelque célébrité, Mercure Jollat, à qui Papillon attribuait presque toutes nos Heures gothiques. Il ne doit compter que parmi les graveurs d'un style tout renouvelé. Son nom se trouve écrit lollat , la première lettre contenue dans le signe zodiacal de Mercure, suivi des dates i53o, i53i, i532, et accompagné de la croix de Lorraine, sur quatre planches du livre de Charles Estienne sur la dissection du corps humain, représentant le cadavre dans sa peau et le cadavre écorché. Le dessin des figures a été attribué, même par Brulliot, à Woeiriot; mais il appartient réellement au chirurgien Estienne Rivière , nommé sur le titre et dans la préface comme ayant peint les os , les ligaments et toutes les parties anatomiques. Ses initiales S. R. se trouvent sur une tablette suspendue à un branchage de la première planche. La taille, très-variée, indiquerait plusieurs mains, ou du moins un atelier diversifiant son travail et livrant quelquefois des ouvrages d'apprentis. Celle des figures à la marque de Jollat m'a paru plus sèche , habile quoique moins pittoresque. Je ne juge pas ici leur valeur scientifique, mais leur intérêt pittoresque '. «
L'inscription du nom de Jollat sur des planches marquées de la croix de Lorraine semble assez difficile à expliquer au premier abord, surtout avec l'opinion qu'on s'est faite sur le premier de ces artistes, d'après les données de Papillon. Mais l'histoire des travaux de Jollat comme gra-
1 Renouvier, Des Types ^ etc., seizième siècle, p. 168.
veur restant à faire, en réalité , je crois pouvoir dire qu'il a seulement dessiné les planches qui portent son nom dans l'ouvrage de Charles Estienne , et que ces planches furent gravées par Tory, ou du moins dans son atelier. On a vu, en effet, que Tory était le graveur de prédilection de Simon de Colines. M. Renouvier semble croire , à la vérité , que toutes les gravures ont été dessinées par Etienne Rivière, d'où il conclut que la gravure est de Jollat ; mais c'est une opinion erronée, fondée sur une phrase de la préface. Rivière , ami de Charles Estienne , a pu dessiner la majorité des planches du livre de ce dernier sans les avoir dessinées toutes. Celles qui sont signées de Jollat appartiennent évidemment à cet artiste , qui paraît en avoir dessiné un certain nombre avant que Rivière ait été chargé de ce travail.
Ce qui me confirme dans l'opinion que Jollat a été le dessinateur de nos planches, c'est que les dates accompagnent toujours le nom de Jollat, et que ces dates ne sont pas celles de la gravure, comme j'en vais donner la preuve.
Il n'y a que cinq planches signées du nom de Jollat et de la croix de Lorraine dans l'édition latine du livre de Charles Estienne, donnée par Simon de Colines en 1545. L'année suivante, le même imprimeur donna une édition française de cet ouvrage sous le titre de la Dissection des parties du corps humain (in-foL, 1546), dans laquelle on en trouve deux de plus, dont une est datée de i532. Pourquoi ces planches n'auraient-elles pas paru dans la première édition si elles avaient été gravées par Jollat ?
Mais voici un fait bien plus concluant encore. En 1575, le libraire Jacques Kerver publia un volume sans texte intitulé : les Figures et portraicts des parties du corps humain (in-fol.), dans lequel on trouve non-seulement les sept gravures à la croix de l'édition de 1546, mais de plus trois autres également signées de Jollat et de la croix de Lorraine, et datées
Iconographie. 289
de i533. Evidemment ces planches ont paru dans quelque autre édition à moi inconnue ' , antérieure à 1 5 7 5 , car ce n'est pas Kerverqui les a fait graver; il a seulement tiré parti des bois dont il était devenu propriétaire. Mais pourquoi ces hois ne tiguraient-ils pas dans l'édition de 1546? C'est ce qu'il est facile d'expliquer.
Charles Estienne nous apprend dans la préface de son livre que l'impression en était déjà fort avancée en i53g , mais qu'elle fut arrêtée par un procès. Voici les termes dont il se sert dans son édition française de 1 546 :
«... Toutes lesquelles choses estoyent à peu près parachevées des l'an 1 5 Sg, et ja quasi jusques au milieu du tiers livre imprimées, quant, à cause d'ung procezqui survint, nous fut force (à vostre grand mescontentement, ainsi que je croy) déporter de cest ouvrage et nous désister du parachèvement d'iceluy : tellement que ce temps pendant a esté loysible à beaucoup d'autres inventer nouvelles choses touchant cest affaire , et user à leur plaisir de plusieurs cas
prins et emblez de noz escripts car il ne fut oncques
possible à l'imprimeur si diligemment garder son livre tant de temps supprimé qu'aulcuns curieulx des choses nouvelles n'en enlevassent quelques feuilles encore incorrectes, et les envoyassent en Allemagne. «
Or, voici la cause de ce procès que Charles Estienne ne nous fait pas connaître, mais qui vient de nous être révélée par M. Ambroise Didot dans son Essai sur la Gravure. Le célèbre Vésale avait publié à Venise, en 1 5 38, chez l'imprimeur B. Vitalis, un traité d'anatomie, enrichi de beaucoup
1. Le Bibliophile français (n"' du 1 5 avril 1 565) mentionne une édition de ce livre avec la date de ijsy. Nous regrettons de ne l'avoir pas connue avant le tirage delà feuille précédente, où nous l'aurions citée de préférence à celle de 157J. Au reste, cela est sans importance, puisque les deux éditions sont en tout conformes, excepté dans l'ordre des planches, qui diffère un peu,
290 Troisième Partie.
de planches, qui fut contrefait dans plusieurs villes, et notamment à Paris, en dépit du privilège de la République. Plus tard, voulant donner une nouvelle édition améliorée de ce livre, Vésale s'adressa à Oporin, professeur de langue grecque et imprimeur à Bâle, auquel il adressa ses planches, gravées à Venise par Calcar, élève du Titien. Oporin acheva, en 1543, cette nouvelle édition, pour laquelle l'auteur avait obtenu sans doute des privilèges de différents princes, et particulièrement du roi de France. C'est ce que semble prouver le procès fait à Charles Estienne. Voilà pourquoi ce dernier ne put pas pubher dans son édition de 1545 toutes les gravures qu'il avait fait faire, et qui ne parurent que successivement à mesure qu'on s'éloignait de la date du privilège de Vésale. On voit que dans la préface il donne à entendre que c'est lui qui a été pillé en Allemagne.
Puisque l'occasion s'en présente, je dirai ici quelques mots de la publication de Jacques Kerver, que je n'ai vue mentionnée nulle part ', et qui est pour nous d'un grand intérêt; c'est un in-folio qui renferme soixante et une grandes planches, outre un certain nombre de petites. On n'y trouve point d'autre texte que les explications imprimées sur les planches 2 , et un court avis au lecteur dont Toici le commencement : « Amy lecteur, considérant que la médecine nous est du tout nécessaire à garder la santé et chasser toutes maladies , qui souvent à peu d'occasions nous assaillent , et que l'anatomie ou description des par-
1. Ni l'édition de 1557 ni celle de 1575 n'ont été connues de M. Choulant, qui a publié une curieuse monographie sur les ouvrages à figures anatomiques [Geschichte..,. der anatomischen abbildung, in-40, Leipzig, 1852).
2. Ces explications sont en caractères mobiles et insérées dans des cartouches éservés ad hoc. Elles varient decaractères dans les quatre éditions à moi connues.
Iconographie. 291
ties du corps humain nous sert principalement à cela, je n'ai voulu faillir à te les représenter ici. »
Voici maintenant la description des planches qui nous intéressent dans ce livre :
Planches qui ne se trouvent que dans le volume de Kerver.
I'' Le corps humain en rapport avec les douze signes du zodiaque (fol. A 2 v°). Cette pièce porte le nom de Jollat, la date de i533 et la croix de Lorraine.
2° et 3° Le corps humain en rapport avec les sept planètes (fol. A 3 r" et A 3 v°). Ces deux planches portent les mêmes indications que la précédente.
Planches qui paraissent déjà dans l^ édition de 1546.
4° Squelette vu de gauche (fol. 1 1 de l'édition de 1546, et A 3 v° de celle de iSjS). Le signe de Jollat, la croix de Lorraine, point de date.
5° Squelette vu de droite (i 546 , fol. 1 1 ; i SjS , fol. A 5 v ). Le nom de Jollat, la date de i5 32 et la croix de Lorraine.
Planches qui paraissent dans les trois éditions.
6° L'homme écorché, de face (i545, fol. 149; 1546, fol. i5i; 1575, fol. B 2 r). La croix seule.
7° L'homme écorché, côté droit {i5^5 , fol. i5o; 1546, fol. i52 ; 1575 , fol. B 2 V"). Le nom de Jollat, la date de 1 532 et la croix de Lorraine.
8° L'homme écorché, derrière (i545, fol. i5i; 1546, fol. i53; 1575, fol. B 3 r°). Mêmes indications que cidessus.
9° L'homme dans sa peau, de face (1545, fol. 154; 1546 , fol. 160; 1575, fol. B 3 v°). Mêmes indications que cidessus.
292 Troisième Partie.
10° L'homme dans sa peau, derrière (1545, fol. i55; 15465 fol. 161; iSyS, fol. B 5 r°). Mêmes indications, avec la date de 1 5 3 1 .
Beaucoup d'autres planches peuvent appartenir à Tory; mais comme elles ne sont pas signées , je n'en parlerai pas
Il s'est produit quelque chose d'analogue à ce que je viens de raconter, au sujet des gravures des Heures de Tory. Ces gravures étant devenues la propriété des Kerver, comme nous l'avons vu plus haut (p. 64), furent longtemps utilisées par eux. Nous mentionnons plus loin des Heures in-80 publiées par Thielman H, en i55o, i552, i556, et dans lesquelles il a utilisé les bois de l'édition donnée par Olivier Mallard en 1541. Son fils Jacques fit mieux que cela: il publia en 1574 une édition grand in-8° des Heures de la Vierge, dans laquelle il utilisa, en les amalgamant, les bois des éditions in-4° données par Tory lui-même en 1524 et 1527. Comme presque toutes les croix ont été enlevées à ces bois, on aurait quelque raison d'en contester la provenance, si les livres publiés par Tory un demi-siècle avant n'étaient pas là pour la démontrer. Le livre de Jacques Kerver étant rare et d'une date postérieure à celle qu'embrasse mon travail, je crois utile d'en donner l'indication bibliographique d'après l'exemplaire de M. Chedeau, que M. Potier, libraire, a bien voulu me communiquer. Voici le titre qu'il porte :
« Ofïicium beatœ Marise Virginis nuper reformatum et Pii V, pont, max., jussueditum. — Apud Jacobum Kerver, via Jacobea, sub insigni Unicornis. — 1^74. » C'est un grand in-8°, orné de figures de l'édition in-4° donnée par Tory en 1 524-25, lesquelles figures sont entourées des cadres de l'édition in-4° donnée par le même en 1527, mais coupés, mutilés, transposés, etc.
Iconographie. 293
Voici l'indication des figures qu'on y trouve :
1° L'Annonciation (deux planch). 5° L'Adoration des mages.
2° La Salutation. 6° La Circoncision.
30 La Nativité. 70 La Fuite en Egypte.
40 L'Adoration des bergers. 8° Le Couronnement de la Vierge.
Ces huit planches sont répétées trois fois de suite. Puis viennent :
90 Le Triomphe de la mort. 1 1° Jésus crucifié.
10° La Pénitence de David. 12° La Pentecôte.
Le n°8 provient des Heures in-4'' de 1527; mais tous les autres se trouvent dans les Heures de 1524-25. Le 2^ et le 12^ portent encore la croix de Lorraine.
C'est sans doute aussi chez les Kerver que fut imprimé le livre d'Heures in-4" dont J'ai parlé page 263 , et qui est orné des cadres des Heures de 1524-25 et des portiques des opuscules de i53o-3i. Les figures n'en sont pas signées, et ne sauraient être de Tory; mais comme leur mention peut aider à faire retrouver cette édition, je signalerai ici celles qui sont à la Bibliothèque impériale :
1° L'Annonciation. 6° La Résurrection.
2° La Conception. 7° La Descente du Saint-Esprit.
30 La Visitation. 8" La Toussaint.
40 La Nativité. 9° La Trinité.
j° La Circoncision.
Nous placerons sous cette rubrique trois livres d'Heures qui nous font connaître des gravures signées de la croix de Lorraine accompagnée de lettres initiales. La date de 1 547 n'est pas précisément celle des gravures dont nous vou-
294 Troisième Partie.
Ions parler, car nous verrons qu'elles sont bien antérieures; mais l'incertitude de leur première apparition nous force à nous rejeter sur la date positive fournie par les livres en question.
I. Heures à l'usage de Toul, in-8°. On lit sur la première page : « Les présentes heures a l'usage de Tou {sic), toutes au long sans requérir... nouvellement imprimées a Paris. (Suit la marque de François Regnault, et au bas de la page :) On les vend a Paris, en la rue Saint Jacques, a l'enseigne de l'Eléphant, devant les Mathurins, chez la veuve de Françoys Regnault. » Au verso, une table des Pâques pour treize années, commençant à 1547. Vient ensuite un calendrier accompagné de gravures et de vers, tant latins que français, les Jours moralisez, divers enseignements moraux et religieux, tant en vers qu'en prose, enfin les quatre Évangiles de la Passion, en latin. Le tout forme une première partie, ayant une série particulière de signatures de aa a ee. Il est plus que probable que cette première partie , qui n'est particulière à aucun diocèse, se trouve sans aucune différence dans les Heures que la veuve Regnault a dû publier pour d'autres églises, vers ce même temps. On voit déjà aux cahiers ce et ee une gravure représentant Jésus en croix, signée des lettres L L. B. et de la croix de Lorraine, qui figure dans plusieurs autres livrets du même temps.
La seconde partie du livre comprend les Heures proprement dites, suivant le rite de l'église de Toul. Elle forme huit cahiers allant de la signature ^ à la signature h, accompagnés à la première page de chaque feuille du mot Tou.
Le volume dans son ensemble est composé de cent feuillets. Outre la marque du libraire et la gravure marquée de la croix de Lorraine, il y a dans ces Heures 55 grandes
Iconographie. 295
planches gravées sur bois , la plupart signées des initales I. M. (sans croix), quelques petites gravures et un grand nombre de lettres grises, mais point de cadres.
A un exemplaire de ces Heures que j'ai vu était joint l'ouvrage suivant :
« Les quinze effusions du sang de nostre Sauveur et
Rédempteur Jésus Christ par Barbe Regnault, rue
Saint Jacques, a l'enseigne de l'Eléphant, devant les Mathurins. « 8 feuillets en deux cahiers in-8°, ornés de quinze jolies gravures sur bois, intercalées dans le texte, et marquées, comme celle dont nous avons parlé plus haut, laquelle en fait partie, des lettres I. L. B. et de la croix de Lorraine.
Ce livret est sans date , mais on sait que Barbe Regnault succéda à sa mère, Marguerite Boursette, veuve de François Regnault, qui exerçait encore en i555. Les gravures aux initiales I. L. B. pourraient donc être postérieures à cette date; mais nous avons vu qu'une d'elles figurait déjà dans la première partie du livre; elles sont donc antérieures à 1547.
Voici la liste de ces gravures, qui sont les mêmes que celles citées par M. Robert-Dumesnil à la date de 1599 :
\° La Circoncision. lO» Même su\ei [sans initiales).
2° Jésus au jardin des Olives. ii" Même su]el {encore sans Us ini-
3° Arrestation de Jésus. tiales).
4*' Jésus battu de verges. 12° Même sujet {avec les initiales
5° Jésus devant Ponce Pilate. sans la croix).
6° Jésus roi des Juifs. 130 Érection delà croix.
7° Jésus traînant sa croix. 14" Jésus entre les deux larrons.
8° Jésus dépouillé 1 5° Même sujet {sans croix ni ini-
9° Jésus crucifié. tiales).
Tous ces sujets ont 4 centimètres et demi de haut sur 5 de large.
296 Troisième Partie.
Le livret des Quinze effusions fut réimprimé souvent dans le X V I^ siècle, en différents formats et caractères, mais avec les mêmes gravures, et presque toujours sans date, parce qu'on le joignait à d'autres livres. J'ai vu cependant une édition en caractères gothiques, datée de 1584. (Bibl, imp.) Ces mêmes gravures paraissent avec beaucoup d'autres dans un ouvrage intitulé : Abrégé des Méditations de la vie de Jésus-Christ, in-S». Paris, Guill. Chaudière, iSgg.
II. « Hore béate Marie virginis ad usum Parisiensem , totaliter ad longum , cum multis orationibus et historiis , noviter impresse et emendate. (Ici le Triomphe de la Vier.q:e, vieille gravure à fond criblé, avec des légendes gothiques , qui figure dans toutes les Heures de ce temps.) On les vend a Paris, en la rue Sainct Jacques, par la veufve Jehan de Brie , a l'enseigne de la Lymace , près Sainct Yves. »
Au verso, « calendrier pour XI ans, » commençant à l'an 1548. Chaque mois est orné d'une gravure. Le sujet habituel est placé dans un cercle. Ces gravures ne sont pas signées.
L'ouvrage, imprimé en rouge et en noir, en gros caractères gothiques, se compose de 8 feuillets liminaires et de 16 feuilles de texte allant de la signature A à la signature Q, accompagnées des lettres Pa. (Paris.)
Les folios commencent seulement à la feuille B, et vont sans interruption jusqu'à la fin de la feuille Q. A la dernière page de cette feuille, on lit : (c Ces présentes heures a l'usaige de Paris, avec plusieurs belles louenges de Nostre Dame, ont esté imprimées par la veufve Jehan de Brye (sic), demourant a la rue sainct Jacques, à l'enseigne de la Lymace, près Sainct Yves. — M.D.XLVin. ■>■>
Iconographie. 297
Suivent 12 feuillets d'appendices, terminés par une figure de la Vierge au-dessus de laquelle on lit en majuscules romaines : NOSTRE DAME DE LORETTE. Au bas : (c Ave Sanctissima Maria, etc. » (5 lignes en caractères gothiques.)
Ce curieux volume est conservé à la Bibliothèque impériale, sous la cote B. 347. A (réserve).
Outre les 12 petites gravures du calendrier, on y trouve plusieurs autres petits sujets également non signés , et 1 3 grands sujets signés des lettres L. R. et de la double croix. Ces sujets , qui ont 10 centim. de hauteur sur 7 de large, sont :
1° Saint Jean écrivant l'Évangile. 8° L'Adoration des mages.
2° L'Annonciation. 90 La Circoncision.
30 La Visitation. 10° Le Couronnement de la Vierge.
4° Le Crucifiement. 11° La Pénitence de David. Il
50 La Descente du Saint-Esprit adresse au Père éternel ces
sur les Apôtres {avec Us ht- mots écrits dans une bande-
ires L. R., mais sans la croix). rôle : « Ego qui peccavi i . »
6° La Naissance de Jésus. 12° Le Jugement dernier 2.
7° L'Annonciation aux bergers. 1 3° Notre-Dame de Lorette.
1. J'ai vu cette gravure dans un fragment de livre d'Heures imprimé en caractères romains, à une date qui m'est inconnue, mais contemporaine. Ce fragment se composait des signatures Aa et Bb (demi-feuille) , soit 12 feuillets numérotés de 185 à 196. La feuille Aa commence (fol. 185) par un titre imprimé en rouge, et ainsi conçu : « Die dominica ad vesperas. Psalmus. » Au-dessous se trouve la gravure en question. La dernière page de Bb se termine par le mot finis , qui prouve que le livre n'avait que 25 feuilles.
2. Ou mieux le Purgatoire. Il y a à la Bibliothèque Mazarine, dans un recueil in-S», un petit livre intitulé : Le Purgatoire prouvé par la parole de Dieu (Paris, Denis Basset, 1600, in-8") , dans lequel on voit figurer deux fois cette gravure avec la croix de Lorraine, représentant un homme nu dans les flammes, avec cette légende dans une banderole : CONSTITVAS MIHI TENRVS (TEM- PVS?) IN QVO RECORDERIS MEI.
298 Troisième Partie.
Comme je l'ai dit précédemment (p. igg), les douze premiers sujets sont la copie améliorée ^ d'autres gravures non signées, appartenant à l'imprimeur Thielman (I"du nom) Kerver, et figurant dans un grand nombre de livres publiés par lui ou sa veuve, lolande Bonhomme, dès l'année i522 au moins, et qu'on voit encore dans le missel de Paris publié par son fils Jacques en iSôg.
M. Brunet {Manuel, 5" édit., t. V, col. 1672, n" 366 bis) émet une opinion assez probable , c'est que les gravures signées L. R. ont été exécutées par Louis Royer, qui s'en servit en effet le premier dans un livre d'Heures intitulé : « Horœ beatas Mariae ad usum Rom. » in- 12 gothique avec la marque de Jean de Brie , et la souscription suivante : « Parisiis, impressum in vico Jacobi per Claudium Chevallon, impensis Ludovici Royer, librarii Parisiensis, in eodem vico commorante, ad insigne vulgariter dictum la Lymace. »
Le livre n'est pas daté; mais on voit, d'une part, qu'il fut imprimé par Claude Chevallon , mort en i 542 , et, d'autre part, que Louis Royer , aux dépens duquel il fut imprimé, avait succédé à Jean de Brie à l'enseigne de la Lymace. Or ce dernier est mort vers i522. C'est donc entre i522 et 1542 que ce livre a vu le jour, et que les gravures aux lettres L. R. ont paru pour la première fois.
On ne sait rien sur Louis Royer, dont Lottin ne parle
I . c'est mon opinion ; mais je dois dire que M. Achille Devéria, ancien conservateur du département des gravures, était d'un avis opposé. Suivant lui les gravures non signées seraient la copie des autres. Il me semble que les dates d'impression justifient mon opinion. En effet, nous voyons déjà figurer les gravures non signées dans une édition de '522 ; il faudrait donc faire remonter celles qui ont la croix à une époque antérieure : cela paraît peu probable, puisque Louis Royer, auquel on attribue ces gravures, comme nous allons voir, parce qu'il s'en servit le premier, succéda à Jean de Brie, mort seulement vers 1522.
Iconographie. 299
pas. On n'en sait pas davantage sur la veuve de Jean de Brie, qui paraît avoir succédé à son tour à Louis Royer. Et comme si tout devait être obscur dans cette affaire, nous voyons d'autres Heures à l'usage de Rome , en français, m-S" gothique, sans date, mais avec un calendrier de i568 à I 578, imprimées avec les mêmes bois , et en vente « à Paris, en la rue Saint Jacques, à l'enseigne de la Lymace ; » sans autre indication. Nous trouvons de plus dans ce livre :
1° La Vierge et l'enfant Jésus (51- ^^ Jésus au tombeau {signée des gnée des lettres L. R. et de lettres L. R. et delà croix).
la croix). 6" La ?v.ésurrection {id.).
2° Jésus trahi par Judas [id.). 7° La Fuite en Egypte {id.).
50 Jésus portant sa croix {id.). 8° Job {non signée).
4° Jésus en croix (1^.). 9° Jésus chez Emmaùs {id.).
IIl. « Heures en françoys a l'usaige de Rome, nouvellement imprimées à Paris pour Guillaume Merlin. M. D. XLVIII. » In-B", gothique. Impression rouge et noire.
Ce livre, que j'ai vu à la vente de la bibliothèque de M. Chedeau, est orné de gravures, la plupart signées de la croix de Lorraine, à laquelle sont jointes parfois les initiales G. M. Elles ont 8 centimètres de haut sur 55 millimètres de large. En voici la liste:
\° Saint Jean écrivant l'Évangile {non signée).
2° L'Annonciation {non signée).
50 La Visitation {signée de la croix de Lorraine et des lettres G. M. .
40 La Nativité {signée de la croix de Lorraine seulement),
50 L'Annonciation aux bergers {id.).
6° L'Adoration des mages {id.).
70 La Circoncision {id.).
8" La Fuite en Egypte {non signée).
joo Troisième Partie.
9" Le Couronnement de la Vierge {signée de la croix de Lorraine). 1 0° La Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres [signée des lettres G. M. et de la croix de Lorraine dans un petit cercle). 1 1" Jésus en croix [signée de la croix de Lorraine). 12° Bethsabée (/(/.).
1 3" Job [id.].
Nous croyons pouvoir attribuer le dessin de ces gravures à Guillaume Merlin, l'éditeur de ces heures. Elles doivent être d'ailleurs bien antérieures à i 548, car nous avons déjà vu l'une d'elles (le n° 10) figurer dans un livre de 1541 (voy. page 280).
Guillaume Merlin publia encore vers iSSg un livre d'Heures orné de gravures à la croix de Lorraine. Ce livre est intitulé : « Heures à l'usage de Romme [sic), » sans date, mais avec un calendrier allant de iSSg à iSyo. C'est un petit in-8" imprimé en caractères gothiques , en rouge et en noir. On lit à la fin : « imprimé par Jean Bridier. »
On trouve dans ce volume , qui faisait partie de la bibliothèque de M , Chedeau, douze gravures représentant les douze mois de l'année. Trois de ces mois sont signés de la croix de Lorraine seule. Ce sont : janvier, mai, décembre. Les autres n'ont pas de marque. Ces gravures ont 10 centimètres de hauteur sur 7 de largeur.
On voit au fol. 62 verso la Vierge tenant l'enfant Jésus. Elle est dans une auréole de flammes, les pieds sur un croissant.
« Theodori Bezne Vezelii poemata. » Paris, Conrad Bade, 1548, in-80 de cent pages d'impression en caractères italiques. C'est la première édition de ce livre; elle est ornée
Iconographie. 301
d'un portrait de Théodore de Bèze signé de la croix de Lorraine. C'est le plus ancien qu'on connaisse. On lit au bas les deux vers suivants, qui font allusion à unç couronne de laurier que Théodore tient en ses mains :
Vos docti docta praecingite tempora lauro : Mi satis est illam vel tetigisse manu.
L'inscription An. xxix, qu'on lit au haut du portrait, indique qu'il a été gravé l'année même de l'impression du livre. En effet, Théodore de Bèze, né à Vezelay le 24 juin 1 5 1 9, entra dans sa vingt-neuvième année le 24 juin 1 548, date de l'épître dédicatoire de ce livre, adressée par l'auteur à son précepteur, Melchior Volmar. « Vale. Lutetias, vu. cal. Jul. qui dies estmihi natalis. » Ce livre, qui porte à la première page la marque de Conrad Bade, également signée de la croix de Lorraine, fut achevé le i5 juillet. (cLutetiae, Roberto Stephano, regio typographo, et sibi , Conradus Badius excudebat,idibus Julii M.D.XLVIII. »
C'est peu de temps après, dans cette même année, que Théodore de Bèze, à la suite d'une maladie grave, se retira à Genève, et abjura « la papauté , ainsi qu'il l'avoit voué à « Dieu depuis l'âge de seize ans. »
Ce portrait a été reproduit en taille-douce : un exemplaire de cette reproduction se trouve dans l'œuvre de Tory, à la Bibliothèque impériale.
L « Pauli Jovii Novocomensis vitae duodecim fvicecomitum Mediolani principum. — Ex bibliotheca regia. — Lutetiae. Ex officina Rob. Stephani, typographi regii. M.D.XLIX. » Vol. in-4° de 199 pages. Paris, 1549.