Troisième Partie
Ce livre est la copie fidèle du manuscrit du même ouvrage conservé à la Bibliothèque impériale. (Fonds latins, n'^' 5887, Voyez ci-devant, p. 222.) Il est orné de belles
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Iconographie. ^03
lettres grises à fond criblé, et des portraits des dix vicomtes de Milan qui figurent dans le manuscrit; les portraits, tous marqués de la croix de Lorraine^ sont la reproduction fidèle de ceux du manuscrit, mais sur une échelle moindre. Voici la nomenclature de ces portraits , pris par Paul Jove sur des originaux qui existaient de son temps, et dont il constate le lieu de dépôt :
1° Otho archiepiscopus. 6° Joannes archiepiscopus.
2° Matthasusmagnus. 7° Galeacius secundus.
3° Galeacius primus. 8° Barnabas.
4° Actius. 9° Jo. Galeacius primus.
^° Luchinus. 10° Philippus.
Il y a une traduction française de ce livre imprimée chez Charles Estienne, en i552 (Robert était alors réfugié à Genève), avec les mêmes planches. Quant à la version latine, elle a été imprimée plusieurs fois , en différents lieux, avec des planches en cuivre copiées sur celles de l'édition de Robert Estienne.
II. Entrée de Henri II à Paris (C'est l'ordre qui a esté tenu, etc.). A Paris, chez Jacques Roffet, dit le Faulcheur, in- 4° , 1 549. Ce livre , formant trente-huit feuillets , est composé de deux parties : l'Entrée du roi, de vingt-huit feuillets, etVEntrée de la reine , ayant une même série de folios, mais avec des signatures distinctes. Le privilège, daté de Chantilly, le dernier de mars 1548 (1549 nouveau style), accorde à Roffet seul le droit de faire imprimer et mettre en vente pendant un an « le traité qui serafaict et composé de la joyeuse et nouvelle entrée, v etc.
Il y a eu deux éditions de ce livre, ou du moins il y a des exemplaires avec additions dans la seconde partie (à partir du folio 34).
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Il y a aussi des exemplaires au nom du libraire Jean Dallier.
Voici l'indication des gravures qu'il renferme :
1" Un portique au-dessus duquel on voit Hercule tenant enchaînés par l'oreille (à l'aide d'une chaîne qui sort de sa bouche, et figurant l'éloquence) un bûcheron, un soldat , un clerc, un noble (fol. 4). Je ne vois point de marque sur cette pièce ; mais elle est la reproduction de l'Hercule gaulois du Champ fleury.
2° Une fontaine (fol. 5 v").
5» Un arc de triomphe surmonté de l'écu de France (fol. 9).
4" Un obélisque sur un rhinocéros (fol. 1 1). Lacroix est sous le pied gauche du rhinocéros.
5° Un péristyle à colonnes (fol. 1 3).
6° Un arc de triomphe surmonté de trois hommes nus, dont un tient un étendard (fol. 1 5}.
70 Grande salle voûtée, au plafond de laquelle on aperçoit des H. et des D. (fol. 16). La marque est dans un portique à gauche.
8° Un homme à cheval, armé (fol. 19). La croix est dans le caparaçon du cheval , sur la poitrine , un peu au-dessous de la bouche du cheval.
9° Un arc de triomphe avec deux colonnes, une de chaque côté, surmontées d'un homme à cheval (fol. j8). La croix est sur la colonne de gauche.
10° Un portique à deux ouvertures séparées par une colonne à laquelle est adossée une statue de femme ayant les pieds sur des livres (fol. 39 vo).
1 1" Grande planche représentant la façade d'un palais avec trois portiques (fol. 40).
Sur ces onze planches, quatre seulement sont signées ; mais tout doit sortir de l'atelier de Tory, car c'est le même faire. L'absence de signature peut s'expliquer par la précipitation avec laquelle ces gravures furent faites pour paraître en temps opportun.
Je ne puis me dispenser de citer ce qu'a dit M. Renouvier des gravures de ce livre , qu'il attribuait à Jean Cousin, faute de renseignements.
« Je mentionnerai cependant ici VEntrée de Henri 11 à Paris ^ en 1549, parce que c'est le chef-d'œuvre de la gravure sur bois française , et que je ne vois pas à qui l'attribuer mieux qu'au maître sénonais. S'il ne travailla pas pour la cour, il put bien être employé aux ouvrages de la ville. Ceux qui furent exécutés pour célébrer le couronnement de la reine Catherine de Médicis sont d'une composition et d'un style qui n'appartiennent qu'à lui. L'Hercule de Gaule, fait à la ressemblance du feu roi François I^"", tenant enchaînés à sa bouche les quatre ordres de l'Etat; la fontaine surmontée des statues de la Seine, delà Marne et du Bon Événement; l'arc triomphal portant un Typhis dont la figure approchait bien fort celle du roi triomphateur; enfin , la figure de Luîetia nova Pandora, « vestue en « nymphe , les cheveux espars sur les espaules , et tressés « à l'entour de la teste, agenouillée sur un genoil d'une <( merveilleusement bonne grâce, » et toutes les autres représentations que l'artiste avait peintes dans les rues du cortège, et qu'il dessina pour la relation, sont dans la manière délicate de l'école française. Le dessin en est pur , plein de gentillesse, et la gravure si habilement ménagée qu'on ne peut la croire d'une autre main. Il semble qu'un ciseleur seul a pu , en aussi peu de taille, fouiller ces têtes piquantes , modeler ces corps élégants , fripper ces draperies; et ce ciseleur , qui donc serait-il, sinon l'auteur du mausolée de l'amiral Chabot, l'artiste français qui résuma le mieux deux côtés de l'art, la minutie et la force , le resserrement et la grandeur, le gothicisme et la renaissance ' ? ')