Ibid., et ailleurs
j. « On en peut veoir beaucoup dautres exemples au livre des Epitaphes de iancienne Romme, que iay veu imprimer au temps que iestoye en la dicte Romme. » Champ fleury, fol. 41 r». Il parle encore de ce livre au fol 48 r» et 60 V ' : « .. au livre des Epitaphes de Iancienne Romme, nagueres imprime en ladicte Romme, ou pour lors iestois habitant. »
6. Ce livre est le plus ancien recueil d'inscriptions imprimé; malheureusement, au lieu d'être prises sur les monuments originaux, qui existaient encore en si grand nombre à Rome, ces inscriptions furent simplement reproduites d'après un des recueils manuscrits qui se trouvaient dans les bibliothèques, et dont quelques-uns étaient déjà fort anciens. A peine le livre de Mazochi eut-il été publié, qu'on lui signala les erreurs qui s'y étaient glissées. Il essaya de les rectifier dans un supplément qui parut en 1523, mais ses rectifications ne portèrent pas sur toutes les inscriptions qui auraient pu encore être restituées d'après les monuments originaux. Un savant contemporain, dont on ignore le nom, entreprit de continuer ces rectifications sur son exemplaire imprimé, et ses corrections furent reportées sur trois autres exemplaires. Ces corrections donnent aujourd'hui une grande valeur à ces quatre volumes aux yeux des épigraphistes.
14 Première Partie.
de son second voyage en Italie , mais encore elle nous révèle les goûts typographiques de notre artiste. On voit qu'il étudiait déjà l'imprimerie avec intérêt.
De retour à Paris vers i5i8, Tory, qui était sans fortune, dut songer à utiliser ses talents pour vivre. Sa principale ressource paraît avoir été la peinture des manuscrits, autrement dit la miniature; mais, soit qu'il n'ait pas trouvé assez de travail en ce genre, soit qu'il ait jugé plus utile une autre branche de l'art, il se livra ensuite complètement à la gravure sur bois, dans laquelle il acquit promptement une certaine réputation.
Tory se fit aussi recevoir libraire vers cette époque, suivant un usage assez général alors parmi les graveurs, usage que leur avaient transmis les miniaturistes leurs prédécesseurs, et qui s'est perpétué jusqu'au dix-huitième siècle I. Il était naturel, en effet, que les gens qui ornaient les livres les vendissent, ou, si l'on aime mieux, que ceux qui les vendaient les ornassent. C'était un moyen de gagner davantage. Voulant signaler son début dans la carrière bibliopoUque d'une manière remarquable , Tory entreprit de graver pour lui-même une série de cadres à l'antique, qu'il destinait à des Heures, genre de livres fort lucratif alors , par suite du travail considérable qu'ils exigeaient; mais cette besogne était longue , et il fut forcé de travailler, en attendant, pour différents imprimeurs. Un des premiers qui l'employèrent fut Simon de Colines. Devenu imprimeur en i520, par son mariage avec la veuve de Henri Estienne, Colines fit faire à Tory des marques, des lettres fleuries et des cadres pour les livres qu'il publiait en son nom; il le chargea même, je crois, de la gravure de ses caractères italiques, dont il fît bientôt usage
I . Durant les premiers siècles de l'imprimerie , en France, tous les graveurs ont été en même temps libraires.
Biographie. i^
concurremment avec les caractères romains qu'il tenait de son prédécesseur.
Mais l'esprit actif de Tory ne pouvait se contenter d'une seule occupation. Il était patriote avant tout, comme nous l'a prouvé sa devise. Loin donc de se laisser absorber par le souvenirdes richesses littéraires et artistiques de l'Italie, il se mit à étudier avec amour les monuments de sa langue maternelle, non-seulement dans les livres imprimés en français, peu nombreux encore , qu'il avait sous la main dans sa librairie, mais aussi et surtout dans de beaux manuscrits en parchemin que lui confia son « bon ami frère René Massé, de Vendôme, chroniqueur du roi, » dont il prône fort le mérite ■, parfaitement oublié de nos jours 2. Or, en étudiant ce français si déprécié par les savants de son temps. Tory y découvrit des beautés qui ne demandaient qu'un peu de culture pour en faire la première langue du monde. A partir de ce moment, notre Berrichon^ classique jusque-là, secoue entièrement le joug du grec et du latin, et ne songe plus qu'au moyen de faire prévaloir le français partout.
« len voy, » dit-il, a qui veulent escripre en grec et en latin, et ne scavent encores pas bien parler francois. . . Il me semble , soubz correction , quil seroit plus beau a ung Francois escripre en francois quen autre langage , tant pour la seurete de son dict langage francois, que pour décorer sa nation et enrichir sa langue domestique, qui est aussi belle et bonne que une autre, quant elle est bien couchée par escript... Quant je voy ung Francois escripre en grec ou en latin, il me semble que je voy un masson vêtu dhabits de philosophe ou de roy qui veult reciter une