AVANT- PROPOS
m^appartenait de signaler d'une façon particulière un des plus beaux fleurons de sa couronne. Tel est Tohjet du travail qu'on va lire, et dans lequel on trouvera aussi, à Toccasion de Thonneur fait à Tory par François P"", quelques renseignements sur les premiers imprimeurs royaux, et une liste de ces officiers depuis leur origine jusqu'à leur extinction en i83o, trois siècles après leur création, année pour année. François I^"^ doit, en effet, être considéré comme le créateur de Toffice d'imprimeur du roi, car avant lui on ne trouve qu'un typographe qui ait porté ce titre, sans le transmettre à personne, tandis qu'à partir de François P^" la série des imprimeurs du roi ne fut plus interrompue. La nomination de Pierre le Rouge, auquel on voit prendre ce titre dès 1488 ', peut être un fait honorable pour Charles VIII, mais il fut sans conséquence. La gloire d'avoir fait de l'emploi si éminemment littéraire d'imprimeur du roi une charge permanente revient donc de droit et tout naturellement au prince qu'on a surnommé le Père des lettres. Ce prince ne se
I . Dans la souscription de la Mer des Histoires , en 2 vol. in-fol. , achevée en février 1488 (1489 nouveau style) , oi!i on lit : « Imprimée par maistre Pierre le Rouge, libraire et imprimeur du Roy ; » mais il ne l'a pris qu'une fois, et je crois que c'est par suite d'une confusion. Il semble en effet n'avoir été que libraire du roi : c'est du moins le titre qu'il prend dans les Heures à l'usage de Rome qu'il publia en 1491. En tout cas, cela ne prouve pas qu'il ait reçu des lettres patentes royales, comme cela eut lieu pour les autres imprimeurs royaux, ainsi que nous le verrons plus loin.