VI AVANT-PROPOS
contenta pas^ en effet, comme on le verra plus loin^, d'un seul imprimeur : il en eut plusieurs à la fois, avec des fonctions distinctes, et donna immédiatement des successeurs à ceux qui se retirèrent ou moururent de son vivant.
Mais, je le répète, le point capital de mon travail est de faire connaître Tory comme Tun des plus habiles graveurs que nous ayons eus. Sans doute je ne pouvais oublier en lui féditeur érudit de la Cosmographie du pape Pie II, de Y Itinéraire d'Antonin, etc.; le libraire de goût qui a publié les Heures de. i525, 1527, etc. ; Fimprimeur élégant du Sacre de la reine Éléonore ; le philologue distingué du Champ fleury.OMqpiçX on doit, comme nous le verrons, Tinvention des signes orthographiques particuliers à la langue française ' ; mais ce qui en Tory m'a surtout captivé, c'est son rôle de graveur. Là il fut sans prédécesseur et sans émule, car ceux qu'on pourrait vouloir lui donner pour tels ne purent être que ses élèves. Jean Duvet seul a le droit de repousser cette qualification ; mais, s'il fut le contemporain de Tory, il ne fut pas son maître, car celui-ci était allé s'initier à l'art aux sources mêmes, en ItaUe, avant que Duvet eût rien produit. Quant à Jean Cousin, à de Laulne, à du Cerceau, à Léonard Gau-
I. Tory tenta aussi une réforme orthographique dans le latin , mais elle était moins heureuse, et ne réussit pas. Voyez p. 87.