AVANT-PROPOS. VU
thier, etc.^ ils ne vinrent qu'après Tory. L'honneur d'avoir rénové la gravure en France appartient à Tory seul, à cheval sur deux siècles, le quinzième et le seizième, et dont quelques pièces sont même encore toutes gothiques. C'est, du reste, ce que j'espère démontrer dans la troisième partie de mon travail, après avoir dans la première raconté les faits généraux de la vie de notre artiste, où l'on verra se produire également une révolution au point de vue philologique : car Tory fut entièrement adonné aux langues classiques avant de devenir un des plus vigoureux champions de la langue française.
Pour bien faire sentir l'importance de la réforme orthographique opérée par Tory, j'ai suivi exactement dans mon Uvre, pour les citations d'ouvrages anciens, l'orthographe du temps. Je ne m'en suis écarté qu'en un seul point, relativement à la lettre ?i, qui avait alors deux formes distinctes, l'une initiale (v), l'autre médiale (u), mais avec la même valeur grammaticale : car ce n'est qu'au dix-septième siècle qu'on a attribué d'une manière exclusive à Vu consonne , comme on disait , la forme p, et à Yii voyelle la ferme u. Ne pouvant me décider à écrire, par exemple, pug pour un, vniuers pour univers, ce qui aurait dérouté plus d'un lecteur, j'ai cru devoir adopter pour ce seul cas la méthode actuelle, beaucoup plus ration-
Vlll AVANT- PROPOS.
nelle, et que Tory aurait sans doute aussi réalisée si elle lui fût venue à Tesprit. C'est un anachronisme^ à la vérité, mais il est sans conséquence dès qu'on est prévenu. J'ai cru aussi pouvoir, à Toccasion, corriger, sans les signaler au lecteur, les fautes d'impression qui se trouvaient dans les textes cités.
Je ne terminerai pas sans remercier publiquement les personnes qui ont bien voulu m'aider dans mes investigations sur Tory. J'ai eu occasion de les nommer dans le cours de mon travail^ mais cela ne me suffit pas : je les prie d'agréer ici l'assurance de ma gratitude. 11 en est deux surtout que je tiens à remercier d'une manière toute spéciale, car elles ont considérablement accru mon contingent de documents : ce sont MM. Achille Devéria^ et Olivier Barbier, de la Bibliothèque impériale; c'est grâce à leurs bienveillantes communications que le catalogue des œuvres artistiques de Tory doit de n'être pas trop incomplet.
I. Hélas! depuis que cet avant -propos a été publié pour ia première fois , nous avons eu le regret de perdre l'artiste éminent que je viens de nommer.