II I
<( In Lodoica; régis matris mortem epitaphia latina et gallica. — Epitaphes a la louenge de ma dame mère du royfaictz par plusieurs recommendables autheurs. (Le Po? cassé 11° 6.) — On les vend a Paris devant Leglise de la Magdeleine, a Lenseigne du Pot Casse. — Avec privilège.»
In-4° de deux feuilles et demie d'impression. (Paris, G. Tory, i53i .)
Le privilège, daté de Paris, le i3 octobre i53i, et signé DE LA Barre, comme les deux précédents, donne enfin à Tory le titre d'imprimeur du roi : « Nous avons donné à maistre Geofroy Tory, marchant libraire et imprimeur du Roy, privilège, » etc.
A la dernière page, qui, comme la première, est enca-
Bibliographie. 175
Jréei, on lit : « Imprime a Paris, a lenseigne du Pot Casse, par maistre Gcofroy Tory de Bourges, Marchant Libraire et Imprimeur du Roy. Le XVII iour Doctohre M. D. XXXI. »
Comme l'indique le titre de cette plaquette 2, on y trouve des pièces de vers en latin et en français de différents auteurs contemporains. Parmi les premières, on en lit une de Geofroy Tory lui-même, que je-donnerai comme échantillon.
LudoviciJ, régla mater, suam Galliam alloquilur et consolatur, Go. Torino Bit. scribentc.
Gallia, quid de me luges mœstissima ? nescis
Quod genus omne honiinum morte perire solet ? Respira, et tecum expende ut te provida ab atris
Hostibus et diris casibus eripui.
Linquo tibi gnatum cœlesti numine regem,
In pulchra qui te, me duce, pace fovet. Te pênes in gremio lœtus sua pignora cernit,
Orbem quas totum sub tua sceptra dabunt. Reginam virtutis habes et pacis alumnam,
Sidère felici quse tua fata beat.
Altéra et una tibi est etiam regina sacrati
Quas soror est régis et benesuada tui.
Principibus tantis non est tibi, chara, gemendum,
Gallia ! tu felix talibus es ducibus.
I. Ces cadres sont ceux qu'on voit au commencement et à la fm de l'Entré de la Roy ne.
2 Ces trois opuscules se trouvent réunis dans un même volume à la bibliothèque de l'Arsenal (40, H. 7634). Us se trouvent aussi, mais isolés, et plus ou moins défectueux, à la Bibliothèque impériale. C'est par erreur que le dernier ne figure pas sur le nouveau catalogue de cet établissement , car il s'y trouve (40 L. 623, 2 c).
iy6 Deuxième Parti e.
Ipsa ego le prorsus moriens non desero, nanque
Immortale meum tu modo nomen habes.
Semper apud superum pro te devota Tonantem
Orabo, ut victrix et generosa regas.
Sparge mihi lauros, violas, nardosque crocosque ;
Stracte (sic) etiam flores, lilia, serta, rosas ; His super adiungas summis cum laudibus hymnos,
Exequias, modules, thura sabea, preces.
Aras ne dubita mihi tendere. Nam, Dea ut aima
In cœlos pergo ianque volare. Vale.
Les deux premiers de ces opuscules nous otfrent trois caractères différents : celui qu'on voit dans le Champ flcury lo points) et deux autres, un saint-augustin et un petittexte. Le troisième opuscule nous off"re un quatrième caractère (il points). On voit que l'imprimerie de Tory prenait de l'importance.
« Ordonnances du Roy (François I^*") », etc.
In-4° de quatre cahiers (signât. A à D). Paris, i532.
Je n'ai vu que le dernier cahier de ce recueil. Il porte un titre spécial, orné du cadre des Heures de 1524-25 au nom de Simon de Colines; mais la signature de ce cahier (D) et le premier mot du titre prouvent l'existence de trois autres au moins. On voit que Geofroy Tory procédait au seizième siècle, pour les impressions législatives de François P"^, comme l'Imprimerie impériale procède aujourd'hui pour l'impression du Bulletin des Lois, dont chaque cahier porte un titre, quoique faisant corps avec le précédent et le suivant.
Bibliographie. 177
Voici le titre du cahier que j'ai vu', et qui se compose de six feuillets, soit une feuille et demie in-4° encartées ^ :
<( Autres ordonnances nouvelles du Roy nostre Sire sur lestât des trésoriers et manyment des finances, publiées en la chambre des comptes et au conseil de la Tour Carrée. (Ici le Pot cassé.) Imprimées a Paris par maistre Geofroy Tory de Bourges, libraire et imprimeur du Roy. Devant Leglise de la Madeleine, a lenseigne du Pot Casse. Avec privilège comme il appert cy après en la fin. n
Viennent ensuite quatre ordonnances du roi, de l'an i532, (c sur lestât des trésoriers », etc. Elles sont datées, la première de Hamby, le 19 avril, la deuxième de Châteaubriant, le 14 juin, la troisième et la quatrième encore de Châteaubriant, le 16 mai.
Au recto du dernier feuillef on lit le double du privilège, ainsi conçu :
Veu par les juges ordonnez par le Roy sur le faict des finances en la chambre de la Tour Carrée, la requeste présentée par Geofroy Tory, libraire et imprimeur du Roy, tendant a fin davoir permission dimprimer les ordonnances dernièrement faictes par le Roy touchant le faict de ses finances et des officiers en icelles, qui ont este publiées en ladicte chambre, et deffenses estre faictes à tous autres libraires et imprimeurs de ne imprimer ne faire imprimer lesdictes ordonnances iusques a trois ans prochainement venans, sur peine damende arbitraire, lesdictz iuges ont permis et permettent audict Geofroy Tory dimprimer lesdictes ordonnances, et font deffenses a tous libraires et imprimeurs de nimprimer ne faire imprimer lesdictes ordonnances iusques a ung an 3, sur peine
1. Chez M. Potier, libraire à Paris. M. Aikan aîné possède aussi le dernier feuillet de ce cahier.
2. Si les trois autres cahiers étaient complets , ils devaient former six feuilles, encartées deux à deux suivant l'usage.
3. On ne manquera pas de remarquer que les juges n'accordent qu'un an de privilège, au lieu de trois qu'avait demandés Tory. J'ai vu un autre recueil ana-
178 Deuxième Partie.
damende arbitraire. Faict a Paris, le dixhuytiesme iour de iuillet, lan mil cinq cens trente deux. Ainsi signé : Bordel.
A la dernière page se trouve le beau cadre final du Champ fleury , dans lequel est le Pot cassé, et au-dessous on lit : « Ces présentes ordonnances furent achevées dimprimer le vingtiesme iour de iuillet M. D. XXXII, par maistre Geofroy Tory de Eourges, marchant libraire et imprimeur du Roy. »
<( Lhistoire ecclésiastique (d'Eusèbe) translatée de latin en francois par messire Claude de Seyssel, evesque lors de Marseille, depuis archevesque de Thurin. — Imprimée par le commandement du Roy. {Pot cassé.) — On les vend a Paris, devant leglise de la Magdelaine^ a lenseigne du Pot Casse. Par maistre Geofroy Tory de Bourges, marchant libraire et imprimeur du Roy. — Avec privilège pour six ans. ))
Paris, G. Tory, i532. In-folio de 6 feuillets liminaires, 1 5 1 de texte chiffrés et un feuillet final non coté , au verso duquel on lit : « Ce présent livre fut achevé dimprimer le xxi. iour doctobre M. D. XXXII. par maistre Geofroy Tory )> , etc. (Le Pot cassé, surmonté des armes de France,
empruntées au verso du titre du Champ fleury.
K Les troys premiers livres de lhistoire de Diodore Sici-
logue d'ordonnances au nom de Galiot Dupré, daté de 1528, et pour lequel les juges avaient étendu à deux ans le privilège.
Bibliographie. 179
lien, historiographe grec... translatez de latin en francoys par maistre Anthoine Macault, notaire, secrétaire et vallet de chambre ordinaire du roy Francoys premier. — Imprimé de l'ordonnance et commandement dudit seigneur. — Avec privilège a six ans. — On les vent a Paris, en la rue de la Juifverie, devant la Magdaleine, a l'enseigne i du Pot Cassé, n A la fin : <( Imprimé a Paris, en avril M. D. XXXV 2. )) In-4°.
Le titre de ce livre est orné d'un cadre en forme de portique qu'on voit paraître dans les trois premiers opuscules de ce paragraphe. Au verso du titre se trouve, sur l'exemplaire en vélin de la Bibliothèque impériale (J., 353-A. Van-Praet, Vélins du roi^ t. V, p. 46, n° 46), le cadre final du Champ fleiiry, dans lequel sont peintes les armes d'Angleterre, avec la devise DIEV EST {sic) MON DROICT."
Le prologue de l'auteur commence par une grande lettre (S) ornée d'un écusson portant deux fasces accompagnées de 9 besants, posés 3, 3 et 3, avec cette devise grecque MHKETI {pas du tout) : ce sont sans doute les armes de Macault. Cette lettre reparaît fol. 148. En regard de la première page du texte on voit une magnifique gravure, représentant François I"', entouré de sa cour, écoutant Macault qui fait la lecture de son livre au roi. Cet auteur est représenté dans un costume ecclésiastique, ayant une calotte sur la tête. Près de lui sont les trois fils de François I^'' : François, qui mourut quelques années après ;
1. Là et ailleurs on trouve l'apostrophe, mais le fait n'est pas encore constant. Les compositeurs n'étaient pas encore habitués à ce signe , destiné à signaler la suppression d'une lettre par euphonie.
2. Peut-êtie faut-il lire i (36 nouveau style , Pâques étant tombé cette année le 16 avril. Nous portons ce livre au contingent de Tory, quoiqu'il fût mort à cette date , parce qu'il fut évidemment commencé par lui , et terminé par sa veuve.
i8o Deuxième Partie.
Henri, qui devint Henri II, et Charles, duc d'Orléans. Cette gravure est la copie fidèle de la peinture qu'on voit sur le manuscrit original de Macault, qui se trouvait encore en France en i8i i; mais qui a depuis passé en Angleterre. Voyez la description de ce manuscrit dans la 3' partie, § I«^
Le livre imprimé forme un volume in-4° de 8 feuillets liminaires non chiffrés, de 02 feuillets chiffrés (signatures de A à Q) et de 8 feuillets de table : soit en tout 168 feuillets. On a répété à la dernière page le cadre final du Champ fleury, qui paraît déjà au verso du titre ' .