I. Voyez ci-devant, p
Iconographie. 189
ACNF.S.
Artes
i^ottidie tractât sedulus ingenuas.
Ainsi Geofroy Tory nous apprend lui-même en i523 qu'il s'occupait constamment d'arts {artes quottidie tractât). Or, s'il s'occupait d'arts, il n'a pu ignorer le dessin, qui est le premier de tous les arts.
Au reste, on comprend qu'à cette époque un graveur (et nous allons prouver que Tory l'était) ne pouvait pas ne pas être dessinateur. L'artiste était alors un être complet, embrassant toutes les spécialités de sa profession : peinture, dessin, gravure, il faisait tout. Ce n'est qu'en se vulgarisant, en devenant une industrie, que l'art s'est subdivisé, et cela à son grand détriment. On sent, en effet, tout ce qu'il y a de défectueux dans l'œuvre de ces mercenaires de la gravure qui, ignorant les premiers éléments du dessin, sont chargés de rendre à l'aide de l'échoppe des lignes qu'ils ne comprennent pas.
Nous pouvons donc affirmer qu'en général les gravures qui ornent les livres de Tory ont été dessinées par lui.
Mais il y a mieux : je crois qu'on doit lui attribuer aussi les admirables miniatures qui restent du peintre connu sous le nom de Godefroy. Si l'on compare, en effet, les gravures des livres de Tory avec les dessins de ce peintre, on y reconnaît aisément une aiialogie de faire qui semble démontrer l'identité des deux personnes. Ce Godefroy, qui signe ses œuvres tantôt en toutes lettres, tantôt avec un simple G, mais toujours en caractères romains, ce qui est assez remarquable à une époque où le gothique était dans toute sa puissance, n'est pas autre que Tory, dont le prénom en latin était, comme nous avons vu, Godofredus '. On