I. Voyez ci-devant, p. 82, 86, 87, etc
sait combien peu on tenait aux noms de famille anciennement. Au seizième siècle, il n'était pas rare de voir encore désigner les gens par leur simple nom de baptême, auquel on joignait tout au plus le nom de leur pays natal. On a vu précédemment que le célèbre peintre Jean Perreal, le maître et Tami de Tor}^ i, n'était guère connu que sous le nom de Jean de Paris. Tory lui-même est appelé Godefroy le Berrichon (Godofredns Biturix) dans des vers que son ami Gérard de Vercel fit à sa louange en ] 5 1 2 2. A la fin du seizième siècle même, nos deux premiers bibliographes, Antoine du Verdier et la Croix du Maine, qui portaient également des noms géographiques, ne crurent pas devoir adopter un autre ordre que celui des noms de baptême pour le classement alphabétique des auteurs qui figurent dans leurs livres intitulés Bibliothèque françoise. Il n'y a donc rien d'extraordinaire à voir Tory signer ses premiers travaux d'un simple prénom. Il est vrai que ce prénom diffère un peu, orthographiquement parlant, de celui qu'il employa plus tard; mais il est bon de se rappeler la transformation qui s'est opérée vers cette époque dans les habitudes de notre artiste. Il signait sans doute Godefroy avant d'avoir complètement secoué le joug des langues classiques 3, et adopté le nom plus français de Geofroy, ce qui n'eut lieu que vers l'année i523.
Les dates inscrites sur quelques-unes des peintures de Godefroy, iSig et i520, coïncident parfaitement avec les faits connus de la vie de Tory : c'est l'époque où, après son second retour d'Italie, il dut utiliser ses talents pour vivre. J'ajouterai qu'on a plusieurs gravures de ce temps-là même signées d'un G seul ou d'un G dans lequel paraît un