‹ Géographie ancienne de la MacédoineChapitre 6 sur 36 · FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES · texte numérisé non relu

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES

La grande péninsule triangulaire qui a pour base le Danube, et dont la mer Egée et la mer Adriatique baignent les côtés, se divise naturellement en trois régions, de grandeur inégale, qui vont s'amincissant du nord au midi, et dont le degré de civilisation est en proportion inverse de leur étendue. La région supérieure, située à l'est du Rhodope et au nord de l'Hémus, est demeurée barbare pendant toute la durée du monde ancien. La région inférieure répond à l'ancienne Grèce et, pour être étudiée complètement, elle exigerait des volumes. La région moyenne, beaucoup moins civilisée que l'une, mais beaucoup moins barbare que l'autre, nous occupera seule : nous l'appellerons région macédonienne, parce que son peuple dominant est le peuple macédonien.

Notre premier chapitre est consacré à la géographie physique du pays : après quelques considérations sur son aspect général, nous indiquons, aussi exactement que cela nous est possible, ses limites naturelles, et nous nous appliquons à donnet une idée complète de ses montagnes et de ses cours d'eau. Ces détails

sont presque techniques; il l'a fallu, pour ne pas donner à cette partie de notre travail une étendue démesurée. D un autre côté, nous avons dû les conserver, car ils sont nécessaires. Les voyageurs les plus récents, parmi lesquels il faut citer au premier rang MM. Boue, Viquesnel, Heuzey et de la Coulonche, ont été mis largement à contribution. Enfin les traits principaux de cette description physique sont rassemblés dans un court résumé.

La géographie historique commence avec le second chapitre, qui traite des peuples de Fépoque primitive. Nous ne nous dissimulons pas combien cette partie de notre œuvre est vulnérable, et combien il est facile de contester nos interprétations. Cependant nous n'avons pas cru bâtir en lair, et rien ne nous â coûté plus de peines et d'efforts. Assurément nous ne prétendons pas que l'on puisse jamais arriver à une classification vraiment incontestable de toutes les émigrations, et surtout de toutes les tribus émigrantes. La chronologie de ces premiers âges du monde n'a jamais préoccupé sérieusement les historiens anciens, et nous sommes si loin d'avoir à cet égard des éléments satisfaisants, que nous avons des doutes légitimes sur la date précise de beaucoup de faits importants à des époques très-postérieures. Cependant, à défaut de preuves plus certaines, on peut trouver des raisons plausibles ou suffisantes dans la nature du sol, dans quelques obstacles insurmontables, dans la constance des traditions, dans les noms

même des tribus et des villes, et s'il paraît puéril de suivre ou de défendre tel ou tel système de chronologie, construit laborieusement par quelque savant et aujourd'hui suranné, il est peut-être permis, sinon d'invoquer positivement, du moins de faire entrer en ligne de compte les obstacles physiques, les traditions sans origine connue, les noms semblables retrouvés à de grandes distances, les témoignages vagues, mais nombreux, épars dans les auteurs anciens. C'est ainsi que nous avons essayé de comprendre cette question difficile, et, pour une époque où le fait le plus certain n'arrive qu'au vraisemblable, nous nous abstenons volontiers de toute affirmation.

Ces réflexions sont-elles applicables au second chapitre tout entier ou seulement à quelques-uns de ses développements? Ce serait, nous le pensons du moins, traiter avec trop de sévérité la masse des témoignages recueillis, que de ne pas faire des distinctions. Nous reconnaissons le caractère hypothétique aux migrations primitives des lUyriens, des Thraces, des Pélasges, à celles de leurs principales tribus, et surtout à ritinéraire qu'elles ont suivi. Mais il est évident pour nous qu'il y a eu en Macédoine des tribus de six races différentes (Thraces, Illyriens, Bryges, Péoniens, Teucriens, Pélasges); que quelques-unes de ces tribus ont dominé sur tout le pays, à des époques trèsanciennes; que ces races se sont tantôt juxtaposées, tantôt superposées; que chacune d'elles a apporté son contingent dans Tœuvre de civilisation générale, tout

en conservant son caractère spécial, et que les institutions religieuses en sont sorties.

Le chapitre troisième traite de la géographie historique de la Macédoine pendant lepoque macédonienne. Nous y avons donné une place importante aux expéditions militaires, et nous avons retiré beaucoup de fruit de cette étude pour les détails topographiques qui constituent la dernière partie de notre travail. Hérodote, Thucydide, Diodore, Arrien, Polybe, Tite-Live ont été nos guides, et nous avons souvent constaté la haute valeur que la connaissance plus exacte de la géographie physique donnait à leurs récits. Mais nous avons regretté vivement de ne point posséder une histoire véritable du règne de Philippe, père d'Alexandre ; c'est surtout quand on opère sur le sol même qu'on s'aperçoit des immenses lacunes qui existent, et que le manque d'œuvres développées ou originales se fait sentir le plus vivement. Pour le règne de Philippe à l'intérieur, et pour les guerres si nombreuses qu'il soutint contre ses voisins, il est évident que nous ne savons les choses qu'en gros, ou plutôt chaque fait connu de nous est plein d'énigmes. Nous en disons autant pour la période tétrarchique jusqu'à l'invasion gauloise, et pour le règne de Démétrius IL La lutte des deux derniers rois contre Rome est plus facile à suivre; cependant, elle offre aussi bien des points obscurs, qui laissent le champ libre aux interprétations.

Au commencement du chapitre iv, nous exami-

nons dans les historiens anciens la question si controversée des limites de la Macédoine. Evidemment on ne s'y attend guère ; cela paraît tout d'abord un horsd'œuvre, et nous le reconnaissons. Mais nous avons inutilement essayé de trouver à ces utiles explications une place plus convenable ; si nous les avions introduites dans le chapitre premier, elles eussent mêlé la géographie. historique à la géographie politique; dans les chapitres suivants, elles eussent gâté, par l'indication anticipée de beaucoup de faits postérieurs, l'ordonnance du récit, et en eussent amoindri l'intérêt ; réparties entre toutes les époques, elles eussent perdu elles-mêmes leur valeur principale, qui est leur réunion sous un même titre. Ces inconvénients très-graves n'existent plus quand nous abordons la géographie historique de la Macédoine à l'époque romaine. Déjà nous sommes instruits et nous comprenons ce que nous disent les géographes; la vie brillante de la contrée a cessé et, avant de commencer la longue série de ses souffrances, on accepte volontiers de faire une halte. Telles sont, nous ne dirons pas les raisons, mais les excuses que nous essayons de faire valoir; aussi bien l'organisation de la Macédoine par Paul- Emile, qui suit, et sa réduction en province par Métellus, semblent substituer aux expéditions guerrières la matière de paisibles dissertations. Nous revenons aux combats avec César et Brutus, dont les campagnes sont étudiées attentivement; mais, à partirsde la bataille de Philippes, la décadence est rapide, et il est

digne de remarque que les derniers siècles de la Macédoine, comme province romaine, égalent l'époque primitive pour la rareté des témoignages et pour le petit nombre des monuments.

La vie de canton était si fortement organisée en Macédoine, et répondait si bien à la nature du pays, qu'elle s'était perpétuée sous les Macédoniens et sous les Romains, et qu'on la retrouve encore aujourd'hui dans les mêmes contrées. Ce fait évident nous indiquait notre route, et dans le cinquième chapitre, consacré à la topographie de l'ancienne Macédoine, nous avons abandonné la méthode ethnologique, qui ne répondait plus à notre but, pour suivre la méthode géographique naturelle. Nous 'avons étudié successivement, et dans le plus grand détail, tout ce que les anciens nous ont transmis sur les tribus, les villes, les bourgades, les montagnes, les fleuves, les lacs, les côtes, les îles, dans Tlllyrie grecque, la Thessalie épictète (partie située au nord du Pénée), la Macédoine proprement dite, la Chalcidice et la Thrace épictète (entre le Strymon et le Nestus) ; nous y avons trouvé, après tant d'autres plus doctes et plus habiles, une abondante moisson de détails ou de faits nouveaux, dont quelques-uns ne sont pas sans importance. Nous avons adopté, dans cette description par cantons, l'ordre le plus naturel, et en suivant rigoureusement de proche en proche cet ordre naturel dans toute la description, nous avons pu, sans obstacle, la conduire à bon terme. Nous n'avons rien avancé sans preuves,

surtout dans cette dernière partie, et nos sources sont indiquées très-exactement. Nous joignons à notre travail une carte géographique, pour laquelle nous avons mis à profit les cartes de MM. Kiepert, Viquesnel,Von Hahn, Heuzey et Leake ; nous avons aussi consulté celle de M. Lapie ; nous avons profité du texte de M. A. Boue, de M. de la Coulonche, et il n'y a également dans notre carte rien qui ne s'appuie sur quelque témoignage contemporain. Cependant nous avons été surtout préoccupé, dans sa confection, du sujet même pour lequel elle était tracée, et nous avons voulu qu'elle fût Fexpression vraie de notre pensée et de nos propres investigations.

A la fin de l'ouvrage, une rapide conclusion énumère les points de critique ou de topographie que nous croyons avoir mis en lumière, ou déterminés avec plus de précision. Pour se reconnaître parmi tant de noms propres, un index géographique était nécessaire : il aura pour effet d'abréger les recherches et de rendre notre travail plus facile à consulter.

DE

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