S III. RÉGIONS D'OD PROVIENNENT LES PLANTES CULTIVÉES
S'il est quelquefois difficile de coustater l'état spontané des espèces cultivées, il est rare que l'on doute sur leur pays d'origine, surtout quand on prend le mot pays dans un sens vaste, comme l'Asie méridionale, la Sibérie, l'Europe, l'Amérique septentrionale, etc. On est forcé parfois d'hésiter sur la patrie d'une espèce, entre le Brésil ou les Antilles, entre la Chine ou l'Inde, l'Inde ou la Perse, etc. ; mais il est excessivement rare que l'on soit indécis entre le nouveau monde et l'ancien, entre l'Afrique et l'Asie.
La répartition primitive des espèces utiles à l'homme est assez curieuse. Elle est contraire à l'hypothèse qui se serait présentée à priori, si l'on avait essayé de la deviner d'après l'utilité future pour l'espèce humaine, comme on le fait souvent quand il s'agit du but de certains phénomènes naturels. Ce ne sont pas toujours les pays dans lesquels l'espèce humaine prospère qui étaient primitivement doués de végétaux fort utiles; ainsi, les Etats-Unis n'avaient primitivement pas une seule plante nutritive, ni une seule plante d'une utilité quelconque assez grande pour qu'on la répandit dans les cultures. L'Europe en avait moins que l'Asie occidentale. La Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande et le Cap n'ont pas fourni une seule espèce, quoique la population actuelle trouve dans ces pays des conditions excellentes de climat. Ces faits ressortent du tableau qui suit :