EL QUELLES ESPECES CULTIVÉES SONT COMIUES A L'ÉTAT SAUVAGE
D'après ce qui précède, on peut classer les espèces en sept catégories.
»" Retrouvées à l'état sauvage, bien spontanées, et sans
à l'identité
Solanum tuberosum, L.
Dioscorea pentaphylla, L.
— bulbifcra, L.
— aculeala, L.
— deltoidea, Wall.
Ipomœa mammosa, Choisy.
Brassica carapestris, L. (et B. Rapa).
— Napus, L.
Raphanus sativus, L.
Daucus Carotta, L.
Pastinaca sativa, L.
Campanula Rapunculus, L.
Allium saiivum, L.
Rubia linctorum, L.
Cannabis sativa, L. Medicago saliva, L.
Onobrychis sativa, Lam.
Trifolium pratense, L.
Brassica oleracoa, L.
Cichorium Entybus, L.
— Bndivia, L.
Kumrx Patientia, L.
aucun doute quant
Rumcx acetosus, L.
Allium Cepa, L Thea chinensis, Lour.
llex paraguariensis, 6t. Hil.
Indigofera argentea, L.
Erythroxylon (x>ea, Lam.
Morus alba, L.
— nigra, L.
Humulus Lupulus, L.
Crocus sativus, L.
Anona squamosa, L.
— muricata, L.
— reticulala, L.
Qtrne medica, Gall.
— Limonium, Gall.
Garcinia Mangoslana, L.
Mammea americana. L.
Vitis vi ni fera, L.
Anacardium occidentale, L Fragaria vesca, L.
Rubus id&'us, L.
Prunus avium, L.
Prunus Ccrasus, L.
— domestica, L.
— inBititia, L.
— armeniaca, L.
Amygdalus communis, L.
Pyrus communis, L.
— Malus, L.
Cydonia vulgaris, L.
Punira Granalum, L.
Jambosa malaccensis, Wightot Arn.
Lagcnaria vulgaris, Sot.
Cucurbita ovifera, L.
Cucumis Mclu, L.
Ribes rubrum, L.
Olea europa^a, L.
Lucuma mammosa, Ga?rln.
Sapota Achras, HUI.
Pcrsea gralissima, G«crtn.
Papaya vulgaris, DC.
Phœnix dactylifora, L.
Musa sapientum, Dr.
Bromelia Ananas, L.
Triticum vulgarc, L.
— Spelta, L.
Hordeum distichon, L.
Oryza saliva, L.
Polygonutn tataricum, L.
Lupinus albus, L.
— Termis, L,
— hirsutus, L.
Pisum arvense, L.
— salivum, L.
Lalhyrus salivus, L.
— Cirera, L.
Vicia sativa, L, Camelina sativa, Crantz Juglans regia, L.
Theobroma Cacao, L.
Cocos nucifera, L Coffea arabica, L.
liossypium punclatum, Sch. et Th.
2° Retrouvée» dans un état qui parait sauvage, tans une véritable certitude à cet égard, peut-ctre naturalisées jxir des graines sorties des cultures, en tout cas existant sous la forme des plantes cultivées.
Arum Colocasia, L.
Linum usitatissimum, L.
Morus indica, Willd.
Spinacia oleracea, L.
Indigofera linctoria, L.
Citrus Aurantium, Risso.
Citrus javanica, Blume.
Pcrsica vulgaris, Mill.
Psidium Guajava, Raddi.
Artocarpus integrifolia, L.
Avena sativa, L.
Triticum monococcum, L.
Secale céréale, L.
Polygonum Fagopyrum, L.
— emarginatum, Roth.
Faba vulgaris, Mœnch.
Ervum Lens, L.
Cicer arietinura, L.
Scsamum orientalo, L.
Papaver somniferum, L.
Gossypium herbacouni, L.
3° Retrouvées sauvages, mais sous une forme qui jwrmef des doutes quant à l'identité spécifique.
Bela vulgaris, Moq.
Lactuca Scariola sativa.
Allium Porrum, L. (sous forme d' A.
ampeloprasum).
Mangifera indica, L.
Ribes Grossularia, L. (sous forme de
R. uva crispa).
Gossypium arboreum, L.
4° Retrouvées peut-être à l'état sauvage, mais douteuses à cet égard, et aussi
quant à l'identité spécifique.
Manihot utilissima, Pohl.
— Aïpi, Pohl.
Ficus Carica, L. et Sp. affines.
Hordeum vulgarc, L Zea May s, L.
ItÊSt'LTATS DES RECHERCHES SUR LES ESPÈCES CULTIVÉES. 083
5° Inconnues encore à l'état sauvage, et admises cependant comme de bonnes espèce*.
Dioscorea alata, L.
BataUis edulis, Choisy.
Helianthus tnberosus, L. Arraeaclia esculenta, Bancrofl.
Agave americana, L.
Sacchariim oflicinarum, L.
— violaceum, Tuss.
— sinense, Hoxb.
Nicotiana Tabacum, L.
— rustica, L.
— ehinensis, Fisch.
— persiea, Lindl.
Caryophyllus aromalicus, L.
Anona Cherimolia. Lam.
Citrus vulgaris, Risso (C. Aurantium
amarus).
Citrus japonica, Thunb.
Eriobotrya japonica, Lindl.
Jambosa vulgaris, DC.
Cucurbita maxima, Duch.
Cucumis Citrullus, L.
— sativus, L.
Chrysophyllum Caïnito, L.
Solanum esculenluni, Dun.
Lycopersicum eseulentum, Mill.
Artocarpus incisa, L. f.
Tri lie ii m turgidum, L.
Hordeum hexaslichon, L.
Avena orientalis, Schrob.
Phascolus vulgaris, L.
Chenopodium Quinoa, Willd.
Arachis hypogœa, L.
Gossypium barbadense.
6° Inconnues à l'éUtl sauvage, mais qui ne sont peut-être que des variétés ou des races obtenues dans les cultures.
Arum eseulentum, Forst.
Citrus decumana, Willd.
Persiea laevis, Mill. (var. ?P. vulgaris)
Allium ascalonicum, L.
Cucurbita Melopepo.
Avena nuda, L.
7° Inconnues à l'état sauvage, mais mal définies comme espèces.
Indigofera Anil, L.
Cucurbita Pepo, Duch.
Mi,iT ] diverses espèces.
Sorghum j u,>erbes TOP™<«»-
Dotichos Capsicum
diverses espèces.
Pendant longtemps, on a regardé comme impossible de découvrir l'origine de la plupart des espèces cultivées. Tantôt on les croyait obtenues, paf la culture même, de plantes spontanées à formes très différentes ; tantôt on présumait que l'habitation primitive aurait été dénaturée ou submergée; enfin, on allait jusqu'à supposer une intervention miraculeuse delà divinité pour donner directement à l'homme les premières graines des plantes les plus utiles, lesquelles manquaient cependant à plusieurs peuples et différaient totalement dans l'ancien et le nouveau monde. Rarement, on avait la sagesse d'attendre que tous les pays eussent été explorés. Si l'on veut constater l'opinion qui régnait au commencement du siècle actuel sur cette grande question, il faut noter le passage suivant de M. do Humboldt (Essai
sur la ge'ogr. des piaules , 1807, p. 28). « L'origine, la première patrie des végétaux les plus utiles à l'homme et qui le suivent depuis les époques les plus reculées, est un secret aussi impénétrable que la première demeure de tous les animaux domestiques. Nous ignorons la patrie des graminées qui fournissent la nourriture principale aux peuples de la race mongole et du Caucase; nous ne savons pas quelle région a produit spontanément les
céréales, le froment, l'orge, l'avoine et le seigle Les plantes qui
constituent la richesse naturelle de tous les habitants des tropiques, le Bananier, le Carica Papaya, le Janipha Manihol et le maïs, n'ont jamais été trouvées dans l'état sauvage.... La pomme de terre présente le même phénomène. »
Depuis l'époque où l'illustre auteur écrivait le fragment que je viens de citer, on a découvert la pomme de terre en Amérique, sans parler du Papayer que Marcgraf avait indiqué depuis longtemps comme sauvage dans les forêts du Brésil. Enfin* pendant que M. deHumboldt parcourait le nouveau monde, Olivier et Bruguière visitaient les régions de l'Asie occidentale, premier berceau de la race européenne, et y trouvaient le froment, certains Hordeum et d'autres plantes cultivées, dans un état véritablement spontané. Lorsqu'on étudie toutes les espèces une à une, sans négliger celles qui offrent moins d'intérêt que te froment ou la pomme de terre, mais en tenant compte de l'ensemble des cultures, on voit que, d'année en année, on est parvenu à des notions plus sûres et plus simples sur l'origine des espèces et sur leur état spontané. Au lieu de supposer des modifications immenses dans les formes spécifiques, ou des disparitions de continents, ou des phénomènes miraculeux, on arrive à l'idée tout ordinaire que le progrès des découvertes géographiques et botaniques permettra probablement de constater peu a peu la patrie d'origine et l'état primitif de toutes les plantes cultivées.
La vue des listes qui précèdent conduit évidemment à cette conclusion.
Sur 157 espèces choisies comme exemples, parce qu'elles sont les plus ^néralement cultivées et qu'on peut les déterminer avec assez de sécurité, il s'en trouve 85 qui ont été retrouvées certainement sauvages, dans un état identique avec celui des plantes cultivées, au moins de certaines variétés des plantes cultivées; 21 espèces doivent probablement être ajoutées à ces 85, mais on est moins sûr de leur qualité spontanée; 6 espèces ont été trouvées à l'état spontané, mais sous une forme différente des variétés cultivées, et, par conséquent, avec doute ; 5 autres espèces sont douteuses sous ce double rapport d'identité et de qualité spontanée ; 6 espèces sont inconnues à l'état sauvage, mais paraissent être des modifications obtenues par la culture ; 2 sont des espèces douteuses ; en-
fin, parmi les plantes cultivées que l'état actuel de la botanique descriptive permet de considérer avec sécurité, il ne reste que 32 espèces qui n'aient pas été retrouvées du tout à l'état sauvage. Ainsi, les espèces reconnues identiques à l'état sauvage, forment 0,54 des espèces; celles qui présentent quelques doutes, à divers égards, forment les 0,26; enfin, les espèces non retrouvées et admises cependant comme de vraies espèces, constituent seulement 0,20 des espèces. Si l'on réunit toutes les espèces reconnues à l'état sauvage d'une manière certaine ou probable, on en compte 117, soit 0,74 de la totalité des espèces énumérées. La proportion de ces plantes reconnues à l'état sauvage a beaucoup augmenté depuis cinquante ans.
Les espèces qu'on sait historiquement avoir été cultivées d'abord en Europe, se retrouvent toutes dans cette région à l'état spontané. Inversement, les espèces dont l'état spontané est encore inconnu, sont toutes des plantes dont la culture a commencé hors d'Europe, et dans des pays assez mal connus.
D'après cet ensemble de faits n'est-il pas probable qu'un jour, et même à une époque peu éloignée, on connaîtra, dans leur état spontané, l'immense majorité, peut-être la totalité des espèces cultivées?