IL RÉFLEXIONS
Après avoir recherché, dans les livres et dans les herbiers, d'une manière toute particulière, les espèces qui existent sur les divers continents, entre les tropiques, principalement dans l'ancien et le nouveau monde, la grande majorité de ces espèces a dù être classée dans la catégorie des plantes naturalisées par suite d'un transport (p. 766). Plusieurs de celles qui précèdent (p. 1026 à 1056) mériteraient peut-être d'y figurer aussi; ce
ESPÈCES l'A HT AGE K- ENTRE LES DEUX 11 KM! SI 'HÈRES. 1047
sont les espèces accompagnées du signe T? (transport?). En définitive, il reste une cinquantaine d'espèces, pour lesquelles un transport, par les causes actuelles, est, sinon impossible, du moins très improbable.
Dans ce nombre, il y a beaucoup de Monocotylédones, dont l'identité spécifique n'a pas été, ce me semble, assez sévèrement examinée, et d'autres espèces qui présentent de petites diversités entre les échantillons des deux pays éloignés. En revanche, il y a des espèces parfaitement claires, étudiées récemment et comparativement. Je note surtout les Sauvagesia erecta, Neptunia oleracea, Hydrocotyle asiatica, les quatre Scrophulariacées (p. 1029), Peperoniia reflexa, Manisuris granularis, Oplismenus Burmanni, qui se trouvent en Asie, Afrique et Amérique; les Dodonœa viscosa, Jussisea erecta, Osbeckia princeps, Epaltes brasiliensis, Yandellia diffusa, Lippia asperifolia, Xyris laxifolia, qui sont en Afrique et en Amérique; les Neptunia triquetra, Micropyxis pumila, Mitreola paniculata, en Asie et en Amérique; enfin, le Lubinia spathulata à Bourbon et aux lies Mariannes; le Colea ramiflora à Madagascar et à Timor; le Cirrhopetalum Thouarsii aux îles Mascareinhes et dans diverses îles du grand Océan.
En général, ces plantes, sans être précisément aquatiques, sont hygrophiles. Je remarque cependant une espèce des lieux secs (xérophile), le Manisuris granularis, et il faut peut-être ajouter l'Osbcckia princeps; mais je ne puis l'affirmer.
Les espèces disjointes sont évidemment beaucoup moins nombreuses dans les régions intertropicales que dans l'hémisphère boréal hors des tropiques. Il semble que plus les aires spécifiques sont petites, plus il est rare de trouver la môme espèce répétée en deux points éloignés. Et si, par hasard, des espèces intertropicales se répètent à distance, ce sont ordinairement des plantes à aire plus étendue que la moyenne, parmi les plantes intertropicales, par exemple, des plantes aquatiques (p. 1003, 1005) ou hygrophiles. On aperçoit dans ce rapprochement une liaison entre les deux ordres de faits ; mais la cause commune qui a influé, se dérobe dans une antiquité très reculée. Les faits du chapitre actuel ne permettent pas d'en dire davantage ; la suite, et en particulier le chapitre XXVI, jetteront quelque lumière de plus.
ARTICLE VII
ESPÈCES NON AQUATIQUES PARTAGÉES ENTRE LES RÉGIONS FROIDES OU TEMPÉRÉES DBS DEUX HÉMISPHÈRES, SANS EXISTER DANS LA ZONE INTERTROPICALE.
Plusieurs espèces se partagent entre le Chili, et la Californie ou l'Orégon, par exemple :
Fragnria chUcn.i*, Ehr. — (Voy. Cham. et Schlocht. , Linnaa, II, p. 20;
Torr. et Gray, Fl N.-Amer., 1. p. 148). L'espèce existe sur les hauteurs des îles Sandwich .' A. (iray. In. St. eipl. exped.. I, p. 500).
Bacrharl» Douglawll. DC. — % — $ — (Voy. Hook. et Arn., Bot. Beecfwys voy., suppl., p. r>2 ; Torr. et Gray, Fl. S. Amer., II, p. 250).
Jfadla saliva, Mol. — ï — Cultivée généralement au Chili, et indigène, selon les ailleurs. Certainement indigène en Californie et dans l'Orégon, d'après MM. Torrey et Gray [Fl. N.-Amir., II, p. 404).
Erltrlchiam fulvuni , iiph. DC — (ï) — Lieux humides et ombragés. Voy. Myosotis fui va, Hook. et Arn., Voy. Btêchey, p. 38 et 369; Alph. DC, Prodr., X, p. 132.
Mlmuln» tarira», L. — % — Lieux ombragés et bord des ruisseaux. Voy. Benth., dans Prodr., X. p. 370, et ci-dessus, p. 709.
Les espèces suivautes se retrouvent dans divers points des deux hémisphères (a) :
Latfayra» marl(lmu«, Bi*. | Pi su m niaritimuni , L ). — (g — 4° Très répandu sur les cotes et quelquefois à lintérieur dans notre hémisphère ; cependant M. le docteur llooker [Fl. autant , II, p. 2«î1) observe qu'il est abondant par places seulement, et qu'il fait défaut à toute la Sibérie centrale, malgré sa présence à Arkhenge] et à Okhotsk. Les points les plus méridionaux sont du 50e au 5t* degré de latitude dans l'ouest de l'Europe, du 40* (New -York) au 4(i* degré (Orègon) en Amérique; 2" Il existe aussi, selon le docteur Hooker (/. c), en un seul point do l'hémisphère austral, savoir au cap Tres-Montes, entre le Chili et la Terre-de-Feu, sous le 47* degré de latitude sud. Cette localité n'a jamais été colonisée, elle est tout à fait inhospitalière, car les Indiens euxmêmes n'y séjournent pas. La rareté comparative dan9 cet hémisphère peut faire croiro à une introduction réconte, mais comment?
Poteatllla AaMeriaa, L. — Voy. p. 567.
Erlgcrou alplaum, Lam. — If — Le docteur llooker (Fl. antarct., II, p. 306] regarde les échantillons de l'extrémité antarctique du nouveau monde, comme identiques avec ceux de l'Amérique septentrionale, d'Europe et de Sibérie. Il a aussi trouvé dans ces régions australes de l'Amérique, l'Erigeron uniOorum, L., semblablo à celui do l'Amérique arctique et d'Europe; mais il le regarde comme une simple variété de l'Erigeron alpinum, suivant en cela I opinion de plusieurs auteurs, en particulier do DC, Prodr., V. Le docteur llooker fait remarquer la facilité avec laquelle les graines d'Erigeron se dispersent, témoin l'Erigeron canadenso: l'Erigeron alpinum est cependant le seul commun aux deux hémisphères.
Myralnc nfrirana, L. — ;t — D'après une comparaison attentive des échantillons, le vrai Myrsine africana croit au Cap et en Abyssinie (Alph. DC, Prodr., VIII, p. 93). Ces points sont déjà bien éloignés, et l'absence à Madagascar peut faire penser que I espèce manque aux régions intermédiaires, car il ne pourrait alors se trouver que sur des montagnes extrêmement élevées, telles que 1 Afrique équatoriale en offre assez peu. La variété des Açores (Myrsine retusa, Ait.) m'avait paru dans un premier travail (front, km». Soc., XVII, p. 105) une variété, non
(a) Je ne cherche pas à émimérer toutes les espèce» de t elle catégorie comme je l'ai fait ci-desus pour les espèces iutertropicales. On en verra d'autres exemples dans Hooker lit», Fl. S.-Zcaland. et ailleurs.
uno espèce. J'ai élé confirmé dans colle opinion en voyant, plus tard, les mêmes formes do feuilles dans les échantillons du Cap et d'Abyssinie (Prodr., 1. c). Ainsi la variété J3 est éparse entre trois points fort éloignés : Açores, Abyssinie, Cap. L'espèce manque à Madère, aux Canaries et aux lies du Cap Vert.
Primula farlnoM, !.. — % — Cotte espèce ayant donné lieu à des opinions contradictoires, je m'en suis occupé avec toute l'attention possible, ainsi que M. le docteur Hooker [Ft. antarci., II, p. 337, 552, tab. J20). Je ferai remarquer d'abord qu elle a une extension très grande autour du pôle arctique. Elle existe, en effet: I" dans l'ancien monde, de 1 Ecosse (Bab., Alan., 2lédil.,p. 258, sans parler du Primula scolica, Hook., que plusieurs réunissent au farinosa) et de la Suèdo à la Sibérie orientale (Ledeb., Ft. Ross., III, p. U), au midi jusqu'aux Alpes et au Caucase (Ledeb., t. c ); 2° en Amérique, du Labrador (E. Mey., Fl., p. 37), et de Tcrre-Ncuvo (Duby, in Prodr., VIII, p. 44) aux montagnes Rocheuses (Hook., FL bor. Âm., II, p. 120). La question controversée est de savoirsi le Primula magellanica, Lehm., Pnm., n. 2 l,tab. 6, Duby, in DC, Prodr., IX, p. 45, et le Primula docipiens, Duby, /. c, p. 44. qui croissent au détroit de Magellan et aux lies Malouines, sont ou ne sont pas le Primula farinosa. Pour le Primula magellanica, je n'ai pas de doule, car dans mes échantillons d'Allemagne de Hoppe, les lobes de la corolle sont également cunéiformes et le lubeost presque aussi allongé que dans la planche de Lehmann, enfin la couleur carnée se trouvo aussi en Europe. Pour le Primula decipiens, dont j'ai deux échantillons des Malouines, et dont M. Hooker fils a publié uno bonne figure (lab. 4 20), je trouve quo par la brièveté de ses pédicelles, il concorde avec des échantillons dlrkutsk, démon herbier, échantillons quo M. Duby ua pas hésité à réunir au Primula farinosa. La fleur n'est pas plus grande que dans plusieurs échantillons d'Europe ; elle est d'un blanc sale td après la planche el les descriptions), mais on sait qu en Europe le Primula farinosa est quelquefois blanc. J'ai vérifié, comme le docteur Hooker, que notre Primula farinosa do l'hémisphère boréal varie quant à la dentelure des feuilles, la longueur dos pédicelles, la forme des lobes du calice, la longueur du tube do la corolle el la positiou des étamines qui en dépend, j'ajouterai, enfin, la couleur et le nombre des fleurs (Gaudin, Ft. Helv., II, p. 88). Si donc, je veux rendre ma pensée sous la forme précise des descriptions, je distinguerai les variétés et variations suivantes dans une seule espèce, le Primula farinosa, L. :
a. magellanica, pedicellis elongatis, tubo eorollse elongato. Ad fretum Magellanicum. Primula magellanica, Lehm., Prim., tab. 6; Duby, in /Vodr., VW, p. 45. Primula farinosa (3 (ex parte), Hook. f., Ft. antarct., 11, p. 337, 552 et tab. 120. Corolla semper carnea, lobis cunealis ut iotordum in var. seq.
(3, rw/gan.s, pedicellis olongatis, tubo corolhe calyccm superante. In hemisphôrio boroali freqoens. Variât foliis plus minus dcntatis, farina pagina; inf. nunc cvanescente , floribus majusculis vel minoribus, sœpius roseis, nunc albidis, calyce obluso vel aculo. Engl. Bol., tab. 6; Fi. Don., tab. 425.
y, decipicm, pedicellis abbreviatis, tubo corolla- calycem subaîquante. Inins. Maclovianis. Primula farinosa, Gaudich. ! \ oy. Uupeiry, p. 133; Durv. ! Fl. Mal., p. 37. Primula decipiens , Duby ! /. c. Pr. farinosa (5 (ex part*), Hook. f., /. c. Corolla albida.
o, «cotte « , pedicellis abbrevialis, tubo corolla* calycom superanle lobis calycinis obtusissimis. In sept, parle Scotiaù (Graharalj et Laponia (Fries Summaj. Pri-
mulascotica, Hook., Engl. Bol., tab. 2608. Calyx ventricosus. Corolla purpurea. Forma subsimilis ad lac. BaikaI (h. DC. !) et ad cap. Horn (Hook. f).
Centunrulus ininimui, L. — (î) — Lieux humides et inondés : 1" en Sibérie, depuis le lac BaikaI (Ledeb., Fl. Ross., III, p. 30), en Europe tempérée et aux lies Açores(Wats., Lond.journ. Bot., III, p 599), mais non à Madère (Lemann, liste msc), ni aux Canaries (Webb, Phyt. Can); 2° Brésil méridional, sur les confins de la république Argentine, près d'un poste appelé Angostura (Saint-Hil. et de Girard, Mon. des Primul. et Lenlib. du Brésil, p. 4).
Llthospermom Incrassatuni, Cdm. — ® — 4 * Région do la mer Méditerranée, d'Alger à la Dalmatie etàAlcp (Alph. DC., Prodr., X, p. 74): 2° au cap de Bonne-Espérance (id.). Dans l une et l'autre région il habite les terrains rocailleux, non les cultures. Il n'y a point de Lithospermum dans le Flora Nigriliana.
Lyclum «frum, L. — 5 — 4° Dans la région de la mer Méditerranée et aux Canaries (Dun., dans Prodr., XIII , part, i, p. 524; Reichb. f., dans Webb, Phyt. Can., sect. m, p. 285), mais non'indiqué en Àbyssinie (Rich., Tent.), aux lies du cap Vert (Schm., Fl.) et en Guinée (Fi. Nigr.); 2* au Cap (Dun. ; Reichb., /. c), où il existe môme loin dos villes (Drègo et Mey., Ztoei Pft. geog. Docum., p. 200).
T? Calyntegia Soldandla, Br. — % — Sables maritimes : 4° du midi de l'Europe et de Madère (Lemann, mss.) ; 2* du Chili (h. DC. !) ; 3» de la Californie («./); 4° de la Nouvelle-Zélande (id./) et la Nouvelle-Hollande! (C. renilbrmis, Br.). Dans mon herbier, les échantillons du Chili et delà Nouvelle-Zélande ressemblent bien à ceux d'Europe. Le docteur Hooker (Fl. Aor. Zeal., p. 4 84) est du môme avis. En admettant, si l'on veut, que les courants transportent cette espèce maritime, comment se trouve- t-elle dans la mer Pacifique et en Europe, sans être sur les côtes orientales de l'Amérique, ni sur les côtes occidentales et orientales d'Afrique?
Llnaria canadensU, Dan. Cours. — (i) — 4° Dans l'Amérique septentrionale du Canada au Texas et à l'Orégon ; 2° dans l'Amérique méridionale des régions hautes du Pérou au Chili et à Buénos-Ayres (Benth., dans DC., Prodr., X, p. 278).
Bcrophularta arguta, Soland. — ® — 4" Iles Canaries; 2° Mascate. M. Bentham (Prodr., X, p. 305) dit : o Speciroina arabica nequaquam a canariensibus distinguenda. » Il y a 70 degrés de longitude entre les deux localités. Webb (Phyt. Can., sect. m, p. 4 34) admettait aussi l'identité. M. Bentham, en 4846, avait à sa disposition les grandes collections d'Abyssinie de Schimper, et l'espèce n'y était pas. Elle n'est pas dans Richard, Tent. Fl. Abyss.
Dlehondra repena, Forst. — ^ — Lieux humides : 4 0 Asie méridionale, dans le pays des Birmans (Wall. ! n. 4339) ; 2° Manille des Philippines (h. DC. !); 3° Nouvelle-Hollande, côte méridionale, Van-Diémen et Nouvelle -Galles (Br., Prodr, p. 494 ; Sieb. ! 509) ; 4* Nouvelle-Zélande (Poster ! etc.) ; 5* montagnes des lies Maurice et Bourbon (Bojer, Hort. Maur., p. 234 ; h. DC. !) ; 6* Cap (Burch. ! 3447, etc.) ; 7' Buénos-Ayres (h. DC. I), Chili (Pœpp I Gaudich., n. 125 !), montagnes du Pérou (Dombey ! 379); 8' Jamaïque (Sw. ! in h. DC); 9° Louisiane (Dichondra repens, Nuit. !) et la Caroline (Dichondra carolinensis , Mm 1i , d'après un échantillon de mon herbier qui parait authentique). La variété soricea est à peine une variété à cause des transitions. Les Convolvulacées mari-
limes arrivent quelquefois par les courants, mais celle-ci est dans les montagnes.
MluraiiM gracllia, Br — % — Lieux humides : 4* Inde: 2° Nouvelle- Galles du Sud, Van-Diémen ; 3* Cap de Bonne- Espérance, à l'orient de la colonie. Voy. Benth., in DC, Prodr.,X, p. 369. L'espèce n'est pas indiquée dans Lehmann (Plant. Preiss.),'ni dans Bojer [H. Maurit.).
Adhatoda h7MM»pllolla, *lee«(DC, Prodr., XI, p. 392). —3 — Le Cap et l'Ile de Ténériffe. M. Nées avait sous les yeux de riches collections d'Àbyssinie et du Sénégal, où l'espèce manque. Je ne la vois pas non plus dans les Flores du Niger et des lies du Cap Vert (Scbmidt) et d'Abyssinie (Rich.).
Llppla lycioldca, Steud. — 5 — Schauer (Prodr., XI, p. 574) en avait vu des échantillons : 4° de la république Argentine, de l'Uruguay et du Brésil méridional; 2° du Mexique. Ces derniers ont les feuilles un peu plus petites, mais sont semblables d'ailleurs. L'espèce est au Chili (Gay, Fl., V. p. 29) mais elle n'est indiquée ni dans la Botanique du Voyage de Beechey, ni dans celle du Sulphur, où il y a beaucoup de plantes du Pérou, ni dans Seeman, Bot, Herald, pour l'isthme de Panama. L'espèce est apparente, d'une odeur agréable, et ne pourrait guère avoir échappé aux collecteurs qui ont parcouru la Colombie, la Guyaneetla chaîne des Andes.
Piaatago Jancoldea, Lam. — 4° Dans l'Amérique septentrionale, snrl'une et l'autre mer ; 2" à la Terre de Feu (Decsne, dans Prodr., XIII, part, i, p. 731). Hooker Gis [Fl. ont., II, p. 339) le rapportait au Plantago maritima, et dit qu'il existe aussi au Cap. Dans l'une et l'autre manière de voir, ce serait également une espèce disjointe.
T? ai h !• u v Hallmus, L. — 5 — Bord de la mer : 4° dans la région de la Méditerranée; 2° au Cap (Moq., in DC, Prodr., XIII, part, n, p. 400) ; 3* au Chili (ni.); 4° ? dans 1 Amérique septentrionale, d'après quelques auteurs; mais M. Moquin et M. AsaG'ray {Man. of Bot. N.-St., 4 848) n'en ont pas vu d'échantillons certains. D'après la station et la famille, je crains que ce ne soit une plante naturalisée au Cap et au Chili
Folygonam maritlaiBm, L. — % — 4° Sud-ouest de l'Europe etbords de la Méditerranée; 2* Canaries (Webb, Phyt. Can., sect. m, p. 220), Madère (Lemann, liste msc.) et Açores (Wats. , in Lond. Journ. Bot., III, p. 604) : 3' États- Unis ; 4" Chili méridional et Patagonie (Hook. f., FL ant , II, p 340); 5a peutêtre au Cap ? Cependant, je crois qu'on le cite seulement sur l'autorité de Thunberg. M. Meisner n'en avait pas vu d'échantillons, en 4 826. MM. Meyer et Drège (Zwei Pflans. geogr. Docum.) ne l'indiquent pas.
«lycerla Sultan», Br. (Fe*tm-a flaitaa», L ) — % — Dans les eaux et les fossés humides: 4 " de la Suède (Fries, Summa) à Madère (Lemann, liste msc.), 1 Algérie (Munby, Fl. Alg), le Caucase (Kunth, Enum., I, p. 367) et l'Oural (Ledeb., Fi Rom., IV, p. 390) ; 2" aux États-Unis (As. Gray, Bot. N.-St., p. 584); 3* au Chili (Brongn., Premier voy. Astrol., p. 39) ; 4* à la Nouvelle- Galles du Sud (Br., Prodr., I, p. 479, Gen. rem., p. 60), non cependant à la N. -Zélande (Hook. f., Fl.).
Aim flexaoaa, L. — % — 4* Hémisphère boréal, en Europe, au Caucase Enum., \, p. 290), dans l'Altaï (Ledeb., Fl. Ross., IV, p. 420), dans les États- Unis (A. Gray, Bot. N.-St., p 605). Elle manque dans les plaines au midi de l'Europe, aux Adores (Wats., dans Lond. Journ. Bot., III et VI) et à Madère Lemann, liste msc), ce qui méfait penser que, malgré l'habitation delà Virginie
et de la Caroline, admise par les auteurs, on ne la trouvera jamais sur les montagnes de l'Amérique méridionale ; 2 Hémisphère austral, aux Iles Malouines, en abondance {Gavdkh ), et en Patagonie (Hook. f., Fl. ont., IX, p. 375), mais non au Chili (C. Gav, Fl. Chil.), ni à la N. -Zélande ou la N.-Hollandc.
Trlilrum rêpcn», L- — % — I* Hémisphère boréal, en Europe, Sibérie et Amérique septentrionale (Kunlh, Emitn , 1, p 440), où il offre beaucoup de variations (Hook., Fl.bor. 4«.,U, P Je le vois indiqué vers le midi a
liledePalma (Webb, Phyt. Can., sect. ut, p 4Î0), a Alger (Munby, FL); 2 'hémisphère austral, aux lies Malouines (A. Brongn., Premier voy. Aitrot., p. 66 : Hook. f , Fl. ont., II, p 389), Palagonie (Hook f.. .6.). H varie dans cet hémisphère, comme dans l'autre, mais MM. A. Brongniart et Hooker fils, après avoir étudié séparément la question, n hésitent pas a dire l'espèce semblable. Je ne la vois pas indiquée à la Nouvelle -Hollande, à Maurice, ni au Cap. La plante de la Nouvelle-Zélando e^ différente (Hook., FI.).
Uord< «m jubaiam L. - lD - Amérique septentrionale dans les marais, de Boston à l'Orégon (Hook. f., Fl. uni., II, p. 388 ; Bock, Bot. N.-St.), mais non vers les régions arctiques, ni dans les États méridionaux de l'Union; 2° détroit de Magellan, Port-Famine Hook. f., f. c). M. Hooker fds soupçonne que I Hordeum carnosum, Presl (je suppose Hordeum comosum, Presl, par erreur lyp.) originaire du Chili (Itonke) est la môme espèce.
■elopna annulait», &>e« (Krloohloaî annulnla, Kanth) . — D après Kunth (fimim., I, p. 73), cette Graminée croit : 4B dans l'Inde ot à Manille; 2°à Montevideo. Je ne la vois pas indiquée ailleurs dans quelques ouvrages plus récents (Lehm., Pl. Prem. ; Hook. i.J'l. ant. ; Desv., Fl. Chil. ; Benth., Su/p/i.),si ce n est dans le Voyage de Bceehey,* Macao, localité voisine de la première.
Trittetuni »plca<«un, Branv. (IrOH «ubuplcata, Clair» ). ¥> ~~ Dans le vieux monde: \ Péninsule Scandinave (Fries, Summa, p. 78), Sibérie (Hook., /•"/. ont., I,p. 97). Kamtschatka et Unalaschka (Ledeb , Fl. Ross., l\, p. 41 8j : 2" Alpes ; 3" Pyrénées, sur les plus hauts sommets (Ham., Yeg. Pic du Midi, p. 60). Dans le nouveau monde : C" Amérique septentrionale, du Labrador aux montagnes Bêcheuses (Hook. f., /. .;.) et aux montagnes du Mexique (Hook. f., Fl. ont., Il, p. 378} ; 2U montagnes de la Colombie (Hook. f., I. c), du Pérou (Hook. f , Fl. «•«., I, p. 97, où il affirme l'identité) ; 3°Patagonic, îles Malouines, en abondance (id., II, p. 378) ; 4° lies Campbell, sur les montagnes (ici , 1, p. 97*. M. Hooker fils croit que 1 espèce s est transmise d'un hémisphère a l'autre par les Andes. Cependant, il remarque le fait que les vents habituels de l'hémisphère austral l'auraient éloignée de l île Campbell Si les graines se transportent si facilement, pourquoi l'espèce manque- t-olle aux îles Britanniques, Féroé et au nord de l'Allemagne?
M. J . Gay s est occupé d'une Monographie, encore inédite, du genre Spartina. Voici la communication intéressante que ce botaniste, d'une exactitude si scrupuleuse, a bien voulu me faire en 4 846 :
f Le Spartina strlria croît : 4 ' au fond du golfe de Venise ; 2° sur les côtes occidentales de 1 Océan, de l'Angleterre à Mogador ; 3* au Cap de Bonne-Espérance; V sur toute la côte orientalodes Etats-Unis ; 5° dans le port de Cayenne.
» Le fiparlina alfrrniflorn, Loi» (Trachynotla allernlflorn, DC.) croit : 4 " a l'embouchure de lAdour, et là seulement en France ; 2" à Southampton, et là seulement en Angleterre (Bab., Mon., 2' édit., 4847, lo confirme);
3« sur la côte orientale des États-Unis ; 4° dans le port de Cayenne, à côté de l'espèce précédente. »
» Le Mpartlna jnncca, 1%'llld., croit : 4° dans les États méridionaux de l'Union, notamment en Géorgie (et aussi dans les Étals du nord-est, d'après A. Gray, Bot. X.-St., 1848, p. 586) ; 2° à Fréjus, département du Var, seule localité connue pour l'ancien monde ! Il est très abondant sur un certain coin de la plage, et je l'y crois tout à fait spontané : 4" parce qu'il n'y a là aucun port où le lest des navires américains ait pu être déposé ; 2" parce que les Spartina, semblables à d'autres Graminées puissantes par leurs racines (Arundo Phragmites, Donax, etc.), ne mûrissent que rarement, ou partiellement, ou peutêtre jamais leurs fruits; 3* parce qu'il est certain que plusieurs autres espèces du genre sont sporadiquos, et ont eu, dès l'origine, plusieurs centres de création, très différents, très éloignés les uns des autres. »
Aucun Spartina n'est indiqué aux Açores (Wats , dans Hook., Lond. Jouvn. of Bot., III et VI), à Madère (Lemann, cat. DISC.), ou dans les Canaries (Webb, Pkyt.).
Ces faits sont assurément remarquables. Une circonstance, toutefois, en diminue un peu la valeur, c'est quo les Spartina sont des plantes qui habitent dans la vase et dans les sables humides au bord de Ta mer, ou près de 1 embouchure des fleuves, de sorte qu'un courant marin venant à transporter leurs graines, elles peuvent germer là précisément où elles sont déposées. Le docteur BromGeld [Phytol., 4 850, p. 4095) qui avait vu la plante aux États-Unis et près de Southampton, suppose une introduction en Angleterre. D'abord plusieurs personnes lui ont dit qu'ello n'existait pas dans leur jeunesse à Southampton, et un setd individu lui a affirmé l'avoir vue et employée comme roseau vingt ans avant que les botanistes l'eussent découverte. Il ajoute : « Quelques racines rampantes de cette espèce emportées accidentellement par un vaisseau avec du lest ou des marchandises, conserveraient leur vitalité d Amérique en Europe, et jetées dans la vnse de l ichen (petite rivière où elle se trouve près de Southampton^ propageraient la plante. » On peut dire d'un autre côté quo la rareté do ces deux espèces sur les cotes d'Europe, rend peu probable qu'elles se répandent par le moyen des courants et des vaisseaux. Sans cela, de Venise, de Fréjus, du fond du golfe de Gascogne, où elles sont isolées, elles auraient gagné les côtes adjacentes. En particulier, en Provence et en Gascogne, des couronts longent le littoral, et le cabotage est très actif. Le transport de Cayenne à ces localités peu commerçantes de l'Europe ou vice versa, est infiniment peu probable. Je doute que jamais un vaisseau ait chargé directement du petit port de Saint-Raphael, près de Fréjus, que je connais bien, pour Cayenne ou pour les États-Unis De Bayonnc, il part assez peu de vaisseaux pour l'Amérique, et d'ailleurs l'espèce n'est pas commune près deBayonne. D'après la carte des courants de l'Atlantique (Berghaus, Phyx. Atlas), il n'en existe aucun venant do Cayenne en Europe, et le Gulf-stream porte sur les Iles Açores où les Spartina manquent, plutôt que sur la Gascogne. La position d'une des espèces au Cap, et d une autre à Fréjus et à Venise, est en dehors de toute influence de cette nature. Le seul transport qui n'est pas tout à fait impossible, est celui de vaisseaux partant des États-Unis, où habitent les trois espèces indiquées, et allant jeter du lest ou des marchandises à Cayenne, à Southampton, à Bayonno, à Fréjus, à Venise, au cap de Bonne-Espérance, mais c'est bien improblable pour plusieurs de ces localités. D'ailleurs, si les Spartina se transportent et
se naturalisent ainsi par les vaisseaux, pourquoi n'ont-ils pas rayonné sur toutes lus côtes d'Europe et d'Amérique à la suite du cabotage, pourquoi seraient-ils restés cantonnés dans quatre localités seulement de l'Europe, dont deux sont en dehors du grand mouvement commercial?
ARTICLE VIII
ESPÈCBS NON AQUATIQUES, PARTAGÉES ENTRE PAYS DE l'BÉMISPHÈRE AUSTRAL TROP ÉLOIGNÉS POUR QUE DES TRANSPORTS DE GRAINES SOIENT ADMISSIBLES.
Mjosurus arlstatas, Benth. — Nouvelle-Zélande, hauteurs du Chili el Californie, d'après Hooker fils (F/. N. Zeal., p. 8).
Corlarla ru -ci loi la. L., et Corlnrla Cbymlfolla, Thanb. — Ces deux arbustes sont à la fois dans la Nouvelle-Zélande et en Amérique, savoir le premier au Chili, le second du Mexique au Pérou, à une grande élévation, d'après le docteur Hooker (Fl. S. Zeal., p. 44).
Edwardsla grandlflora, Salis». — 5 — Identique à la Nouvelle-Zélande et au Chili, d'après M. Bentham (Hook. f., fl, N. Zeal., p. 52).
Haloragls alata, Jacq. — b — Nouvelle-Zélande et Juan Fernandez (Hook. f., X~Z., p. 62).
MCfftom drprrsaa, Banks. — % — 1° Ile de Tristan d'Acunba (Dup.-Th.; Cannich., Trans. Linn. Soc., XII); 2° lle3 Auckland (Hook. f., Fl. antarct., I, p. 23) et Nouvelle-Zélande (Hook. f., Fl., p. 112); 3° Iles Malouines (Gaudich., Hook. f., etc.) ; Chili méridional (Hook. f., Fl. antarct., II, p. 303), chaîne des Andes (Ruiz. et Pav.), jusqu'en Colombie ? (Jameson ex Hook. f., /. c), et môme jusquà la Silla de Caracas, à 800 toises seulement (Kunth, H. et B., .\ov. yen., III, p 379). On l'indique encore à Madagascar (A. Rich., Mém. Soc. h. liai. Par., V, p. 220), et à Java (DC, Prodr., IV, p. 451, je ne sais sur quelle autorité), mais ce sont peut-être des plantes différentes.
Cryptoatcmma ealendulaceum , Br. — 0 — Cap (tOUS les auteurs), et sud-ouest de la Nouvelle-Hollande (Steetz, dans Lehm., Pl. Prciss., I, p. 487). Il faut remarquer combien les établissements sur cette côte sont récents.
Lobella anceps. Thunb. (L. alata, Br ). — % — Lieux humides et littoral, entre le tropique et les 40* à 42* degré do latitude sud environ : 1" au Cap (Drège, etc.) ; 2° à Van-Diémen et sur les côtes méridionale et orientale de la Nouvelle-Hollande (Br., Prodr. N.-H.\ Alph. DC, Prodr., VII, p. 2, 375); 3° à l tlo de Norfolk (Endl., Fl. .Xorf.) et à la Nouvelle-Zélande (Alph. DC., f. c); 4° à Juan-Fernandez (Alph. DC, I. c); 5° au ChiU méridional (ibid). M. Hooker fils ne l'a pas trouvé en Patagonîe, aux îles Auckland, etc.
Veroatca elllptlca, Forst. («Mr. y deeussata, Soland.) — 5 — 4* Iles Malouines, détroit de Magellan; 2- lies Auckland, Campbell et la Nouvelle- Zélande (Benth , in DC, Prodr. , X, p. 461 ; Hook. f., Fl. antarct., I, p. 58; II, p. 334, et Fl. AT. Zel.). L'espèce crott au bord de la mer; cependant un transport do graines esl difficile à supposer lorsque la distance est deux fois et demie plus grande que celle entre l'Afrique et l'Amérique méridionale.
TT Hochla pubescens. Moq. — $ — Plante maritime qui existe d'après des échantillons comparés par M. Moquin (Prodr., XIII, part, n, p. 131): I" au Cap; 2° à la Nouvelle-Hollande. D'autres Kochia sont propres à chacune de ces deux régions.
T T Chenopodium graveolena, U'illd. — ® — En Patagonie et au Cap, d'après des échantillons comparés par II. Moquin (Prodr., XIII, part, u, p. 74). D'autres localités, citées d'après des jardins, sont douteuses.
Carrx trlfldn , (C. arlutata, Darv.) — % — Selon le docteur
Hooker, qui a constaté avec beaucoup de soin l'identité spécifique [FI. antarct., I, p. 89; II , p. 368). ce Carex habite : 1* à la Nouvelle-Zélande et aux Iles Auckland et Campbell; 2° au cap Tres-Montes, côte occidentale de la Fatagonie, sous le 46« degré de latitude sud (mais non à la Torre-de-Feu, ni au détroit de Magellan) ; 3° aux îles Malouines, et là il est abondant, car tous les voyageurs l'en ont rapporté.
Alra nntnrrtiea, Hook. — © — Dispersée dans les terres antarctiques les plus reculées du côté du pôle, jusqu'au point où les espèces phanérogames ne peuvent plus vivre, et quel que soit l'isolement des localités. Ainsi, d'après M . Hooker fils (FI. antarcl., II, p. 377), elle existe: 1" aux lies Malouines ; 2* au cap Horn et à l'Ile Hermite; 3° aux lies Sheiland du sud, qui sont au midi de i'tle Hermite, à une distance égale à la largeur de la mer Méditerranée ; 4' à l'Ile de Kerguelen, qui est à une distance immense des autres terres où existo l'espèce.
J'aurais pu grossir cette liste, car M. Hooker fils (iV. Zeal., p. xxxn) compte environ 17 phanérogames qui existent en Australie, à la Nouvelle- Zélande et à l'extrémité australe de l'Amérique, sans être des plantes européennes, et il en menlionne d'autres qui sont partagées entre les montagnes de Van-Diémen et de la Nouvelle-Zélande.
ARTICLE IX